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2015, l’année où HP s’est scindé en deux

En 2015, HP s’est scindé en deux : d’un coté, Hewlett Packard Entreprise dans les équipements d’infrastructure, logiciels et services pour entreprises ; de l’autre, HP Inc dans les terminaux et solutions d’impression. Une opération audacieuse mais risquée.
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2015, l’année où HP s’est scindé en deux
Meg Whitman, PDG de HPE © tracie 7779 - Flickr - C.C
En 2015, HP, alors numéro un mondial de l’informatique, s’est scindé en deux entreprises distinctes. D’un coté, Hewlett Packard Entreprise (HPE) en charge des équipements d’infrastructure (serveurs, stockage et réseaux), logiciels et services pour entreprises. De l’autre, HP Inc (HPI) en charge des terminaux (PC, tablettes, clients légers…) et solutions d’impression. La scission, effective au courant de l’été, a été officialisée par le coup d’envoi de la cotation séparée des deux entités en bourse le 2 novembre 2015.
 
 
Dell en embuscade
Après la suppression de 55 000 emplois dans le monde sur un total de 325 000, la transformation du groupe américain entamée en 2011 par son PDG Meg Whitman prend ainsi un tour radical. L’objectif étant de donner aux deux entités davantage de souplesse pour s’adapter plus vite aux mutations de deux marchés aux cycles différents. Certains concurrents voient cette opération comme une réponse financière aux difficultés de HP. Dell se met en embuscade pour en profiter. D’autres la voient comme une solution par défaut après l’échec de la tentative de fusion avec le leader mondial du stockage données EMC, tombé finalement dans l’escarcelle de Michael Dell.
 
 
BIg is not beautifull anymore
Meg Whitman, qui prend la direction de HPE tout en présidant le conseil d’administration de HPI, met le cap sur IBM, le leader actuel des équipements, logiciels et services pour entreprises. Avec environ 225 000 personnes dans le monde et un chiffre d’affaires de 52,7 milliards de dollars en 2014, son entreprise reste presque deux fois plus petite que Big Blue. Une position de challenger qui, au contraire, motive les équipes de direction. "Être le numéro un en taille ne signifie plus rien. Le fait d’être plus petit et plus concentré nous donne la capacité d’être plus agile et plus véloce pour influencer le mouvement de transformation digitale et capter les opportunités marché", affirme Gerald Karsenti, PDG de HPE France.
 
 
1 milliard de synergies perdues
Le pari de Meg Whitman est audacieux. L’exemple de HP a fait des émules chez Yahoo!, Ebay ou encore Symantec. Le dernier à l’avoir suivi en 2015 est le groupe américain de services numériques CSC qui a officialisé sa scission le 30 novembre 2015. Mais rien ne garantit le succès escompté. L’opération de HP est même risquée. La scission va faire perdre aux deux entités des synergies estimées à 1 milliard de dollars. Elle devrait en plus leur coûter entre 2 et 3 milliards de dollars d’ici 2016 en taxes, impôts et réorganisation. Elle prive HPE de la possibilité d’offrir aux entreprises des solutions de bout en bout, depuis les terminaux jusqu’à l’infrastructure, même si elle prévoit de garder des liens étroits avec HPI pour adresser ensemble certains marchés. 
 
 
La cure n'est pas finie
La scission ne met pas fin aux efforts d’amaigrissement. Le plan annoncé en septembre prévoit la suppression de 25 000 à 30 000 postes d’ici 3 ans dans HPE et de 3 000 à 5 000 postes dans HPI. Gerald Karsenti espère en limiter l’impact sur HPE France en faisant preuvre d’innovation sociale comme il a su le faire dans le passé.
 
HPE et HPI abordent une ère nouvelle avec à la fois des espoirs et des interrogations. Seul l’avenir dira si Meg Whitman a eu raison de les séparer.

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