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2016, l’année de tous les dangers pour Qualcomm

Analyse Après une mauvaise année 2015,  le géant américain des puces pour mobiles Qualcomm pourrait s’enfoncer dans la crise en 2016. Et ses problèmes avec les autorités de la concurrence dans de nombreux pays devraient lui coûter très cher.
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2016, l’année de tous les dangers pour Qualcomm
2016, l’année de tous les dangers pour Qualcomm © @Stekaba - Flickr c.c.

Qualcomm a terminé l’année 2015 avec des résultats exécrables, les pires de toute son histoire. Selon les chiffres préliminaires d’IC Insights, son chiffre d’affaires dans les puces électroniques a plongé de 20% à 16 milliards de dollars. Et ses revenus de licences de brevets ont entamé, pour la pour la première fois, leur repli, au troisième trimestre 2015.

 

Mais le pire reste à venir. L’année 2016 s’annonce à hauts risques, même si le groupe a sauvé son unité en se prononçant contre la scission en deux : d’un coté, l’activité de puces électroniques ; de l’autre, celle de la valorisation de ses brevets.

 

Le SnapDragon 820 devra faire ses preuves

Le géant américain des circuits pour mobiles se prépare à commercialiser sa puce SnapDragon 820 en technologie FinFET 14 nm (transistors 3D en gravure de 14 nanomètres chez Samsung). Il doit à tout prix éviter le fiasco de sa génération précédente SnapDragon 810 (gravée en 20 nanomètres chez TSMC), boudée par Samsung pour ses Galaxy S6 et Note 5 au profit de sa propre puce Exynos.

 

Par sûr qu’il y parvienne. Car à l’instar d’Apple, les constructeurs de mobiles sont de plus en plus nombreux à développer leurs propres puces. C’est déjà le cas de Samsung, Huawei et LG. Mais c’est aussi le projet des chinois Xiaomi et ZTE.

 

D’ailleurs, les prévisions sont très mauvaises. Selon Thomson Reuters, le chiffre d’affaires de Qualcomm devrait sur l’exercice fiscal à clôturer en septembre 2016 accuser une baisse de 8% à 23,2 milliards de dollars. C’est pire que la chute de 5% enregistrée sur l’exercice précédent.

 

De multiples actions en justice en cours

Mais le plus grand danger vient des actions des autorités de la concurrence menée à l’encontre du groupe américain. En 2015, Qualcomm a été condamné en Chine pour ses pratiques jugées anticoncurrentielles à une amende de 975 millions de dollars et à la baisse d’un tiers de ses tarifs de licences de ses brevets. Dans la foulée, des actions similaires se sont enchainées en Corée du Sud, au Japon, en Europe ou encore à Taïwan, sans compter l'action déjà en cours aux Etats-Unis.

 

La Commission européenne accuse Qualcomm d’abus de position dominante dans les processeurs bande de base, ces modems qui assurent l’interface radio entre le terminal et le réseau mobile. L’accusation porte sur deux dossiers distincts, ce qui risque de se terminer par une amende équivalente à deux fois 10% du chiffre d’affaires du groupe. Le verdict de Bruxelles est attendu au deuxième trimestre 2016.

 

Le contrat avec Apple en question

L’une des deux accusations reproche à Qualcomm de payer un client important (en l’occurrence Apple) pour rester son fournisseur exclusif en processeurs bande de base et ce depuis le remplacement d’Infineon Technologies en 2011. Si elle se confirme, le groupe serait contraint de mettre un terme à ce contrat au risque de perdre Apple, aujourd’hui son premier client, au profit d’un fournisseur plus compétitif comme Intel ou MediaTek.

 

Dans les autres pays, en plus d’une amende, Qualcomm devrait être contraint à revoir à la baisse ses tarifs de licences de ses brevets à l’instar de ce qu’il a fait Chine. Avec pour conséquence de dégrader ses revenus de valorisation de ses brevets (8,2 milliards de dollars sur l’exercice clos en septembre 2015), qui lui rapportent aujourd’hui le gros de ses bénéfices.

 

Qualcomm semble empêtré dans un amas de problèmes inextricables. Il paie le prix de sa domination dans les puces pour mobiles et de son rôle majeur dans le développement des technologies à la base des réseaux mobiles 3G et 4G. Selon Strategy Analytics, il monopolise 66% du marché mondial, loin devant le numéro deux mondial, le taïwanais MediaTek (15%).

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