212 postes épargnés chez Alcatel-Lucent grâce à la préférence nationale

Dans le cadre du CCE du 15 janvier, le PDG d’Alcatel-Lucent a annoncé qu’il ne supprimerait plus que 669 postes en France, contre les 881 prévus. Des fonctions support et commercial selon les syndicats, et non de R&D. De plus, 170 chercheurs du site d’Orvault seront transférés chez Altran.

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212 postes épargnés chez Alcatel-Lucent grâce à la préférence nationale

Dans un entretien accordé au quotidien Le Monde, Michel Combes, PDG d’Alcatel-Lucent, a précisé que le plan de restructuration annoncé en octobre 2013 ne concernait plus que 669 suppressions de postes en France contre 881 annoncées alors. A l’occasion du CCE qui s’est tenu ce mercredi 15 janvier, le patron de l’équipementier a aussi précisé que, dans le cadre des reclassements prévus par le plan, 170 chercheurs sur les 483 salariés du site d’Orvault (loire Atlantique) seraient transférés au sein de la société de conseil en ingénierie Altran. Celle-ci devrait créer une structure spécialisée dans les télécoms.

Des fonctions support et commerciales sauvées

A l’annonce du plan de restructuration à l’automne, les relations entre les syndicats et la direction d’Alcatel-Lucent s’étaient dégradées face à l’ampleur de l’impact social et au refus des dirigeants de l’entreprise de transiger. Dans l’article du Monde, Michel Combes fait pourtant cette fois directement référence aux commentaires des élus des salariés pour justifier la réduction du plan.

Pour Hervé Lassalle, coordinateur CFDT groupe Alcatel-Lucent et délégué syndical central Alcatel-Lucent France, l’annonce est effectivement positive, mais loin de répondre aux propositions des syndicats. "Michel Combes fait plutôt le pari que le plan shift a déjà un effet chez les clients d’Alcatel-Lucent, explique-t-il. C’est pour cette raison que l’on peut donc conserver des fonctions liées aux activités clients, qu’il s’agisse de forces commerciales ou de support - intégration, test, etc -. Pas de R&D. Nous avions aussi fait des propositions technologiques."

Les opérateurs télécoms français solidaires

Michel Combes a en effet confirmé que l’appel à la solidarité des opérateurs d’Arnaud Montebourg dans le dossier Alcatel-Lucent a porté ses fruits. Après un partenariat avec Orange dans les small cells annoncé l’an dernier et l’officialisation cette semaine d’un contrat avec SFR portant sur la fourniture d’équipements optiques et de services dans le cadre du passage à l’IP de son réseau. "Les discussions ne sont d'ailleurs pas finies, nous pourrions annoncer de nouveaux contrats bientôt avec SFR. Nous sommes aussi en pourparlers avec Bouygues Telecom, Numericable et Outremer Telecom pour la signature de contrats dans le mobile et le fixe. Nous n'avons pas encore trouvé de partenariat avec Iliad mais je n'exclus pas qu'on y arrive!" détaille Michel Combes dans son entretien au Monde. De quoi donner de meilleures perspectives au groupe, après la signature l’an dernier d’autres contrats avec des acteurs étrangers comme Telefonica par exemple. Une première pour Alcatel-Lucent chez l’opérateur espagnol.

Les syndicats s’interrogent sur le reclassement chez Altran

Enfin, les syndicats restent encore méfiants face aux reclassements chez Altran. Hervé Lassalle estime que ce transfert pose pour l’instant beaucoup de questions. "C’est une SSII. On ne sait pas ce qu’ils font dans la 4G. Cela pose des questions de pérennité de ces emplois transférés. Et cela tord le cou au discours précédent de la direction qui souhaitait regrouper l’activité 4G sur deux sites. Néanmoins, cela permettrait aux salariés de rester dans leur région."

Le prochain rendez-vous entre les syndicats et la direction, le CCE de début de procédure pour le plan de restructuration, devrait se tenir les 29 et 30 janvier prochain.

Emmanuelle Delsol

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