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[Paris Retail Week] IA, AR/VR... Focus sur 3 start-up innovantes qui digitalisent l'expérience client des grandes enseignes

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Le Picom (Pôle de compétitivité des industries du commerce) a profité de la Paris Retail Week 2018, qui se tient du 10 au 12 septembre aux Parc des Expositions de Paris-Porte de Versailles, pour présenter 14 projets de start-up répondant à des cas d'usages précis adressés par de grandes enseignes de la distribution. Nous en avons sélectionné trois. 

IA, AR/VR... Focus sur 3 start-up innovantes qui digitalisent l'expérience client des grandes enseignes
La solution de réalité virtuelle développée par MCQ-Scan doit permettre aux clients de Leroy Merlin de faire leur achats sans bouger de chez eux.

Imaginer une solution technologique capable de répondre à une problématique bien précise posée par une enseigne de distribution. C’est le défi relevé par 14 entreprises du Picom, venues présenter leurs projets lors de la Paris Retail week qui se tient au Parc des Expositions de Paris-Porte de Versailles, du 10 au 12 septembre 2018. Voici quelques-uns de ces cas d’usages développés dans le cadre du programme “New shopping experience”, porté par le Picom.


Cadre de vie aide les clients de Leroy Merlin à penser leur nouvelle cuisine

Cadre de vie est une start-up qui fournit aux enseignes des solutions leur permettant d’anticiper les changements de logement de leurs clients. Ainsi, elles peuvent leur proposer des offres adaptées. Baptisée "IA Devis cuisine", son application, toujours en test, doit permettre à Leroy Merlin de se positionner en amont d’un projet de changement de cuisine. "La cuisine est l’une des pièces pour laquelle il est très difficile de se projeter et pour laquelle le client n’a pas une grande expérience d’achat. Car on ne change pas de cuisine tous les mois", explique Stéphane Vié, fondateur de Cadre de vie.


Cette application, disponible sur smartphone, est conçue pour aiguiller les clients dans leurs choix. Une fois l’application téléchargée, le client est invité à prendre une photo de sa cuisine. Une technologie poussée de reconnaissance d’objets s’appuyant sur une base de 200.000 images permet de repérer la configuration des lieux et de proposer ensuite au client la fiche d’identité de la pièce ainsi "scannée". On trouve indiqués, sur celle-ci, la forme de la pièce (en L, carrée…), le nombre d’ouvertures (cuisine fermées avec 4 murs, ouverte avec deux murs….), ou encore les équipements dont la cuisine actuelle est dotée. Au client ensuite de valider ou de rectifier le formulaire en cas d’erreur. Une fois la fiche de renseignement validée, des algorithmes de deep learning détectent, dans le catalogue proposé par Leroy Merlin, les modèles de cuisine qui pourraient convenir au client.


On limite les propositions à deux ou trois pour ne pas perdre le consommateur, note Stéphane Vié. Une fois qu’il a fait son choix, il peut prendre rendez-vous avec un vendeur directement via l’application ou préférer être rappelé. Un devis détaillé peut également lui être envoyé". Cependant,  “le but n’est pas d’acheter sa cuisine en ligne, mais d’éduquer le consommateur”, précise le fondateur. Le client peut encore changer d’avis en magasin. Mais cette première phase de profilage permet au vendeur de ne pas perdre trop de temps lors de la phase de découverte, les renseignements collectés étant versés numériquement dans le dossier du client.


L’appli VR de MCQ-Scan au service de Leroy Merlin et d’Eram

Avec sa solution de réalité virtuelle, la start-up MCQ-Scan, spécialisée dans la vision par ordinateur, entend répondre à deux cas d’usage. Côté pile, son premier projet, baptisé “E-merch 360” et développé pour l’enseigne de chaussures Eram, doit permettre aux responsables merchandising de l’enseigne de valider le respect des plans de merchandising et la mise en scène des produits de leur bureau. Un casque de VR sur les yeux et un contrôleur en main, l’équipe peut visiter à distance la mise en place de ses préconisations dans les boutiques équipées de cette technologie. Il suffit aux responsables de cliquer sur les flèches au sol pour inspecter les rayons. Ils peuvent également en changer la disposition et mener des essais en saisissant avec le contrôleur les différents produits et en les assemblant autrement. Pour accéder aux fiches produit, il suffit d’un clic aussi : les responsables ont alors accès au nombre d’articles en stock et au chiffre d’affaires réalisé pour chaque produit. Un sérieux indicateur pour décider de leur emplacement.

Côté face, le projet développé pour Leroy Merlin s’adresse, cette fois, au client de l'enseigne. Equipé de son casque de réalité virtuelle, celui-ci peut faire ses achats ou simplement se renseigner sur les produits sans bouger de son canapé. Muni du contrôleur, il lui suffit de cliquer sur les flèches au sol pour se déplacer et sur un produit pour que s’affichent son prix, ses caractéristiques et sa disponibilité. Afin de se faire une idée plus précise de la taille ou l’ergonomie de l’objet, la start-up a développé une fonctionnalité 3D permettant de saisir les objets en rayon et de les observer sous toutes les coutures. Des pictogrammes d’information, le long des allées virtuelles, renseignent également sur les promotions en cours. Une fois leur panier rempli, les clients pourront régler leur achat.

Si le concept est sensiblement le même pour les deux enseignes, les technologies employées pour collecter les images diffèrent. "Avec Leroy Merlin, on travaille sur un robot modulable qui permet notamment de réaliser un mapping du magasin. Il est équipé d’un mât auquel sont arrimées, de bas en haut, 5 caméras. De quoi couvrir toute la hauteur d’un rayon”, explique le directeur de MCQ-Scan. Le robot, d’une cinquantaine de kilos, arpente les rayons chaque jour pour mettre à jour le plan du magasin et l’état des stocks. "Pour Eram, un tel robot représentait un investissement trop élevé. Nous avons donc misé sur un système de caméras fixes. C’est pour cette raison que le déplacement dans le magasin se fait par saut, et non linéairement comme chez Leroy Merlin", détaille le responsable.

Aujourd’hui, chez Eram comme Leroy Merlin, la solution couvre seulement une zone des magasins en test, comprenant environ 300 produits chacun. La solution est pensée pour la réalité virtuelle mais, en attendant que l'usage de cette technologie se démocratise, clients et managers pourront y avoir accès depuis leur ordinateur. Seul hic : “la fonctionnalité 3D ne pourra fonctionner. L’objet sera donc représenté en 2D”, concède le directeur.


les services d'Oney  disponibles par commande Vocale avec la Mobilery

L’agence lilloise La Mobilery et Oney, la filiale bancaire du groupe Auchan qui offre des solutions de paiement en ligne aux clients de ses 300 partenaires commerçants, testent la solution "Easy ID, easy payment". Celle-ci doit permettre aux clients de remplir leurs formulaire de demande de financement en plusieurs fois directement avec la voix. "Nos enseignes partenaires s’intéressent au vocal. Certaines proposent déjà à leurs clients de réaliser leurs listes de courses par ce canal. Il faut se positionner dès maintenant sur cette technologie pour anticiper l’acte d’achat", explique Fanny Di Fant, responsable innovation client chez Oney.


Développée par La Mobilery, la solution s’appuie sur Google Assistant, disponible sur les smartphones Androïd. “Il suffit au consommateur de répondre oralement aux questions que lui pose par écrit l’assistant (noms, adresse…). Les réponses sont enregistrées au fur et à mesure dans un formulaire qui est ensuite envoyé au client par mail afin qu’il le valide via une signature électronique”, explique Nicolas Delcourt, CEO de la start-up. Afin de respecter la confidentialité de certaines réponses, la solution combine vocal et textuel. "On devra par exemple rentrer son code bancaire manuellement via l’interface de son téléphone”, précise Nicolas Delcourt. Plus généralement, “il y a aura toujours possibilité de switcher entre le mode vocal et textuel, ne serait-ce que pour favoriser l’acceptabilité de la technologie vocale. Les gens n’y sont pas encore habitués", ajoute Fanny Di Fant.


Aujourd’hui, la technologie, encore en phase de test, permet de remplir son formulaire en 30 secondes et en situation de mobilité. “Il ne s’agit pas de faire de la voix le seul canal privilégié. Il faut bien voir dans quel cadre celle-ci peut être plus pertinente que l’écrit”, détaille Fanny Di Fant. Pour compléter la solution et autoriser le paiement, La Mobilery travaille également sur un volet complémentaire de reconnaissance faciale. Le projet entier devrait voir le jour en 2019, à la fin du programme de R&D.

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