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4 conseils pour aller jusqu’au bout de son Mooc

Beaucoup d’inscrits, peu de diplômés… Les Moocs attirent du monde, mais nombreux sont les apprenants qui abandonnent avant la fin. Avant de vous lancer dans un Mooc, quelques conseils pour tenir jusqu’au bout.
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4 conseils pour aller jusqu’au bout de son Mooc
4 conseils pour aller jusqu’au bout de son Mooc © sudden inspiration - Flickr - C.C.

Tout ce savoir à portée de clic, quelle tentation ! D’autant que contrairement aux pages de Wikipédia, les Moocs (cours en ligne gratuits et massifs) ont souvent pour vecteur des enseignants professionnels, talentueux, venus d’institutions universitaires reconnues.

Alors des milliers de personnes s’inscrivent à tour de bras. Et si quasiment tous démarrent les cours, beaucoup abandonnent en route. "Les gens qui suivent un Mooc jusqu’au bout ont du mérite, ce sont des bosseurs, en avance de phase, ils doivent être reconnus par le monde professionnel", estime Rémi Bachelet, professeur à l’Ecole centrale de Lille, précurseur avec son Mooc consacré à la gestion de projet, démarré en mars 2013. Si l’aventure vous tente, voici quatre conseils pour vous donner toutes les chances d’aller jusqu’au bout.

1/ Savoir pourquoi vous vous inscrivez

Il est tentant de feuilleter les plates-formes de Mooc en se demandant quel cours peut nous intéresser… Le choix est pléthorique. Le risque de s’inscrire sans être vraiment motivé est grand. Ce qui mènerait droit à l’échec : l'abandon dans les premiers jours du cours.

"On ne bosse pas si on ne sait pas pourquoi…", rappelle Rémi Bachelet, par ailleurs chercheur en pédagogie.

Pour les pro, les motivations possibles sont nombreuses : mettre à jour ses connaissances métier (cours sur le photovoltaïque pour un ingénieur, ou sur le big data pour un informaticien) ou au contraire élargir ses connaissances à un métier qui n’est pas le sien (initiation au financement des entreprises pour un ingénieur, au développement durable pour un commercial) ou encore se pencher sur des sujets généralistes, utiles à de nombreux métiers, comme la gestion de projet ou les institutions européennes. Mais il faut en avoir une.

Reste l’envie de se former pour soi, pour enrichir sa culture personnelle sur l’histoire des religions ou les Beatles, ou pour parfaire une langue étrangère. Là, c'est le poids de cette envie qui vous fera tenir jusqu'au bout. Un Mooc on l'aime ou on le quitte.

2/ Anticiper le temps nécessaire et se libérer

Les Moocs ne sont pas - ou sont rarement - des cours mis à disposition des internautes en permanence. Ils débutent un jour donné et se terminent quatre, huit, onze semaines plus tard. La durée est toujours indiquée, la date limite d’inscription aussi. Il est possible de démarrer en retard, mais les enseignants donnent des devoirs, les participants échangent sur un cours ou les travaux à faire, s’entraident en ligne, questionnent les profs. Tout est fait pour éviter le décalage. Donc mieux vaut intégrer cette activité dans son planning sur la durée de la formation.

Le temps à consacrer chaque semaine au cours est toujours indiqué, mais dépend généralement de votre niveau de départ. Pour pouvoir suivre, certains doivent y consacrer quatre heures par semaine, d’autres deux fois moins. "Toutes les enquêtes montrent que le manque de temps est la raison principale de l’abandon d’un Mooc", indique Rémi Bachelet. Il conseille de consacrer 15 minutes tous les soirs à un cours, et de ne pas attendre la fin de semaine pour tout faire en une fois. Beaucoup de cadres en déplacement occupent ainsi leurs soirées.

3/ S’impliquer dans les échanges

La recherche l’a prouvé depuis longtemps : plus l'on s'implique, mieux l'on apprend. Pendant qu'on suit un Moocs, il faut aller sur les forums, poser des questions, répondre à celles des autres stagiaires. Cela donne envie de revenir voir ce que les autres en disent. Les enseignants des Moocs le savent, et incitent fortement leurs étudiants à répondre à une question qu’ils leur posent en fin de cours. Il y a aussi des "devoirs" à rendre : parfois de simples quizz pour vérifier qu’un cours a été suivi, parfois de vraies analyses demandant des compléments de recherche et une lecture des ressources documentaires fournies. Certains Moocs vont encore plus loin, et demandent aux apprenants de corriger mutuellement leurs devoirs. Quand on se lance dans un Mooc, on en devient un acteur !

4/ S’inscrire à l’examen dès le début

Ca y est, les Moocs font leur apparition sur les CV, ou sur les réseaux sociaux comme LinkedIn ou Viadeo – où les anciens auditeurs d’un cours se retrouvent dans des groupes. Un certificat de suivi du cours, ou mieux, un document validant la réussite d’un examen (surveillé par webcam, par exemple) est toujours gratifiant. Ce passage d’examen est souvent payant. S’inscrire dès le début, surtout quand c’est payant, représente une motivation comme une autre pour ne pas abandonner à quelques séances de la fin.

Quelques Moocs assurés par des établissements de l’enseignement supérieur donnent même droit, à certaines conditions, à un ou deux crédits universitaires européens (ECTS). C’est le cas de celui de Rémi Bachelet et de certains cours de l’Institut Mines-Télécoms 

Et si malgré ces conseils vous craquez avant la fin, tant pis, vous aurez tout de même appris beaucoup de choses ! "Parmi les motivations des inscrits, il y a l’envie de picorer du savoir, d’aller voir, remarque Rémi Bachelet. Certains ne passent aucun quizz, ne rendent aucun devoir, mais suivent les cours jusqu’à la fin. C’est le principe même des cours massifs en ligne : une grande liberté d’usage."

Cécile Maillard

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* Les commentaires postés sur L’Usine Digitale font l’objet d’une modération par l’équipe éditoriale.

3 commentaires

Vinciane MC
08/08/2014 11h50 - Vinciane MC

La motivation des apprenants n'est pas forcément le certificat, et c'est justement cette liberté d'usage qui est motivante pour moi. En création d'entreprise, je complète mes connaissances et compétences grâce aux MOOC, et j'en ai déjà suivi plusieurs sur des thématiques très différentes, dont celui créé par Rémi Bachelet. C'est mon programme de formation tout au long de la vie, et j'avoue que certains MOOC m'ont permis simplement de valider que j'avais déjà ces compétences, de me rassurer. Mon objectif étant d'apprendre, je suis les cours et fais les tests d'évaluation pour contrôler que j'ai bien intégré le contenu. En totale autonomie. Mais une semaine c'est très court, et comme effectivement le temps me manque parfois, je fais une pause. J'apprécie ensuite de pouvoir reprendre les cours où je les ai laissés. Mais je finis toujours les cours (sauf lorsqu'ils ne me plaisent pas...). Si une étude de cas est proposée, je zappe et choisis de rester concentrée sur ma propre étude de cas que représente ma création d'entreprise. Je priorise. Quant à la différence entre MOOC et wikipédia, c'est comme celle entre un dictionnaire et un prof : le premier est consultable en permanence sur des points précis ; le second a une démarche pédagogique globale qui m'amène d'un niveau de connaissance à un autre. Pour moi les deux sont indispensables. Je suggère que les MOOC soient proposés avec plusieurs niveaux avec ou sans travaux collectifs, avec ou sans certificat.

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SMART BYC
07/08/2014 19h27 - SMART BYC

Un point n'est pas évoqué dans cet article, la qualité des MOOC. Si j'ai suivi celui de Monsieur Bachelet que vous citez, d'autres sont tout simplement une perte de temps car généralement trop basiques et mal conçus. Je ne parle pas des MOOC collaboratifs qui sont un joyeux foutoir. La vulgarisation, c'est un peu comme une échelle. Si l'on ne met des barreaux qu'en bas ou qu'en haut, on n'augmentera pas les connaissance des apprenants. Il y a aussi la question de la validation. Obtenir un certificat qui n'apporte aucune reconnaissance sur le marché du travail. Bien sûr, cela est un travers français, les mentalités étant plus ouvertes dans d'autres pays qui proposent de plus des vérifications d'identité pour passer les épreuves. Je ne suis pas d'accord sur votre analyse de Wikipedia. Il y a de grand noms qui collaborent et la qualité des articles est souvent aussi bonne, votre meilleure sur les sujets polémiques que dans des encyclopédies traditionnelles. Une comparaison entre Wikipedia et MOOC pourrait être intéressante... À suivre

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Macaron
07/08/2014 10h07 - Macaron

Les problèmes informatiques peuvent aussi décourager quand on ne peut pas télécharger les vidéos pour les visionner hors ligne en raison des autorisations et des droit de la propriété, et qu'il faut attendre et ré-essayer avant de pouvoir regarder la vidéo correctement, ce qui n'est pas toujours facile quand on a dégagé un créneau horaire (sur des journées déjà bien chargées) pour son cours. Mais ce n'est pas le cas de tous les MOOCs.

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