Recevez chaque jour toute l'actualité du numérique

x

400 agences de la Société Générale victimes collatérales du digital

ACTUALISE - C'est désormais confirmé, la Société Générale va fermer 400 agences sur le sol français d'ici 2020, soit 20% de son réseau. En cause : l'évolution des comportements des clients qui se tournent de plus en plus vers une interface web ou un mobile et de moins en moins vers les guichets.
mis à jour le 05 novembre 2015 à 09H41
Twitter Facebook Linkedin Flipboard Email
×

400 agences de la Société Générale victimes collatérales du digital
400 agences de la Société Générale victimes collatérales du digital © Mohamed Yahya - Flickr - Creative Commons

Acteualisation - La Société Générale va bel et bien fermer 20% de ses agences tricolores d'ici 2020 (environ 400). Le groupe avait déjà évoqué le projet en septembre, sans donner de chiffres. Il avait alors affirmé dans un courriel qu'il allait accélérer le "rythme d’optimisation [de son] réseau, pour s’adapter à l’évolution rapide des comportements des clients", poussés par le boom du mobile et l'apparition de nouveaux moyens de paiement, comme le sans contact.

 

"La part de nos clients de la BDDF [banque de détail en France] déclarant se rendre en agence au moins une fois par mois a baissé de 57% en 2007 à 42% en 2015, en ligne avec les tendances du marché français", avait souligné l'entreprise.

 

trois formats d'agences

 

Les fermetures ont déjà commencé dans le réseau Société Générale, mais à un rythme moins soutenu : 40 agences ont fermé en 2015, précise la banque. L'accélération d'ici 2020 que craignent les syndicats va de pair avec le basculement du groupe vers le digital. Dans le cadre de cette nouvelle stratégie, la banque veut mettre à la disposition de ses clients trois formats d'agences : Des "pôles d'expertise" regroupant des conseillers généralistes et des spécialistes, des agences moyennes (avec des conseillers généralistes) et des "espaces libre-service automatisés".

 

Ces derniers répondent à une logique de coût : "les banques veulent diminuer au maximum les opérations à faible valeur ajoutée réalisées au comptoir", souligne Olivier Mucci, directeur général associé de CSA Consulting, un cabinet de conseil spécialisé dans la banque et l'assurance. D'où la multiplication des guichets automatiques permettant de déposer des chèques, des espèces, d'obtenir un relevé de compte...

 

Le métier se transforme

 

Avec la mutation digitale des acteurs bancaires, le rôle même des agents évolue. "La dimension ressources humaines est primordiale, la banque va accompagner ses conseillers dont le métier se transforme, leur offrir des formations...", prévoit Olivier Mucci. La personne qui accueille les clients au guichet devra avoir une vision globale de leur parcours multicanal, connaître leurs interactions avec la banque en agence, mais aussi en ligne ou via une application mobile dédiée. "Les conseillers vont devoir se spécialiser pour offrir à la clientèle une véritable expertise", prévoit le consulant.

 

Difficile de prévoir l'évolution des comportements des clients plusieurs années à l'avance. Pour minimiser les risques, les banques essayent de développer tous les points de contacts possibles avec leur clientèle, pour lui laisser le choix. Elles maintiennent donc des agences physiques, mais développent aussi des services 100% en ligne.

 

La Société Générale a ainsi déboursé 218 millions d'euros en juin 2015 pour devenir l'unique propriétaire de sa filiale Boursorama (dont l'espagnol CaixaBank était jusque là actionnaire minoritaire, à hauteur de 20,5%). Le groupe n'est pas le seul à faire le pari de la banque en ligne : en 2013, BNP Paribas a aussi lancé son propre pure player, Hello Bank, pour conquérir des clients de plus en plus connectés.

Réagir

* Les commentaires postés sur L’Usine Digitale font l’objet d’une modération par l’équipe éditoriale.

 
media