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5 conseils aux constructeurs automobiles pour ne pas se faire dévorer par Google

Avec l'arrivée imminente des premiers modèles de voitures équipées du système embarqué Android Auto et le programme de véhicule autonome le plus avancé au monde, Google s'impose déjà comme un concurrent de poids pour les constructeurs automobiles. Dans son livre "Stop Google", Franck Cazenave, directeur marketing et business développement chez l'équipementier allemand Bosch, revient sur les objectifs de la firme de Mountain View dans ce secteur. Pour lui, cette offensive de Google dans l'automobile n'est qu'une composante d'une stratégie globale visant à s'imposer dans la vie de ses utilisateurs, aux côtés d'Android sur les supports mobiles et Nest dans la maison connectée. L'Usine Digitale vous propose une synthèse des 5 conseils que donne l'auteur aux grandes marques automobiles pour ne pas se faire dévorer par le géant du web.
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5 conseils aux constructeurs automobiles pour ne pas se faire dévorer par Google
5 conseils aux constructeurs automobiles pour ne pas se faire dévorer par Google © Pearson

1 - L'union fait la force

Le constat peut sembler terrible mais, pour Franck Cazenave, il est inconcevable pour un acteur de l'automobile, aussi important soit il, de pouvoir rattraper l'avance de Google en termes de cartographie numérisée et accessible en ligne. Lancé en 2004, Google Maps représente dix ans plus tard un total de 10 millions de kilomètres de routes digitalisées, soit un tiers des routes asphaltées dans le monde. Or, "la cartographie 3D est un élément clé dans la technologie du véhicule autonome", souligne Franck Cazenave. Pour lui, afin de faire émerger une alternative crédible à Google Maps, les grandes marques automobiles devraient unir leurs forces pour investir dans les services proposés par les outsiders Nokia Here et TomTom par exemple.

Si les constructeurs veulent vraiment s'imposer dans le véhicule autonome, il y a urgence : grâce à son avance dans la cartographie, les prototypes de voitures autonomes de Google avaient déjà parcouru fin 2013 plus d'un million de kilomètres, une expérience essentielle pour collecter des données et perfectionner ces modèles qui devraient apparaître sur le marché avant 2020. Avec 25 véhicules de tests autorisés à circuler depuis septembre 2014, Google dispose d'un potentiel de 3 à 5 millions de kilomètres de tests par an. De quoi largement conforter son avance...

2 - Couper les ponts avec Google

Franck Cazenave en est persuadé : à l'instar d'Android dans les smartphones, Android Auto sera le cheval de Troie de Google dans l'automobile. Dans ces conditions, il estime par exemple que la position de Renault ne tient pas la route. Son patron, Carlos Ghosn, ne peut pas déclarer qu'il ne veut pas devenir un simple "fournisseur de carrosserie" pour Google et, dans le même temps, que son groupe accueille à bras ouverts le système embarqué de son futur concurrent.

Car pour Renault (et les autres constructeurs membres de l'Open Automotive Alliance rassemblant les partenaires d'Android Auto), le risque est tout simplement de perdre la main sur les données générées par les véhicules. Un arbitrage entre intérêt à court et moyen/long terme en résumé : à l'heure actuelle, difficille de résister à une étiquette "Android Auto" - ou CarPlay côté Apple - qui fera forcément vendre, ces solutions ayant déjà démontré leur succès auprès du grand public. Mais, à plus long terme et avec la généralisation et la multiplication des services proposés aux occupants d'un véhicule, les constructeurs se priveraient d'une importante source de revenus liées à la monétisation des données. Sur le marché du smartphone, Samsung l'a bien compris et, après avoir utilisé Android, le géant coréen se tourne désormais vers son OS maison Tizen pour ses futurs modèles de téléphones.

3 - Proposer des services innovants

Il n'y a pas de secret, si Google séduit c'est avant tout parce que ses applications et services se révèlent pratiques, fonctionnels et fiables en répondant efficacement à des besoins clairement identifiés. Dans ce cas, pourquoi ne pas combattre cet adversaire avec ses propres armes ? En ayant accès aux données de leurs clients et des voitures qu'ils conduisent, les constructeurs automobiles sont en mesure de proposer de nombreux services innovants.

Comme dans la cartographie, Franck Cazenave recommande aux constructeurs de se serrer les coudes. "Pour diminuer les coûts et devenir attractifs aux yeux des développeurs, il devraient s'unir pour créer une plate-forme commune de connectivité et de navigation", écrit-il. Cela permettra aux grandes marques automobiles de rester en contact avec leurs clients et de cultiver leur image de marque plutôt que de laisser Google capter leur attention à travers l'interface connectée du véhicule.

 

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4 - Exploiter les données pour servir son propre business

En analysant les données générées par les utilisateurs de leurs véhicules, les constructeurs automobiles pourraient proposer l'achat d'un autre modèle plus adapté au style de conduite du principal conducteur et à son type de déplacement. Une manière de prolonger la relation avec le client souvent interrompue après l'acte d'achat. La voiture connectée permettrait ainsi aux constructeurs de renforcer la fidélité de leurs clients ou de proposer de nouveaux services liés au marché de l'occasion ou à la gestion des flottes automobiles.

Renault pourrait pousser plus loin son service Devis en ligne qui lui a déjà permis de reconquérir une grande partie de ses clients partis dans des garages concurrents. En associant un mécanisme de maintenance prédictive (comme celui déjà proposé par Tesla avec son détecteur de problèmes techniques), la voiture pourrait par exemple suggérer à son propriétaire de changer une pièce en lui indiquant le garage affilié le plus proche.

5 - S'inspirer du smarphone pour que l'automobile (re)fasse rêver

Avec des formes épurées, un accès rapide à des fonctionnalités simples d'utilisation et un haut degré de personnalisation, le smartphone s'impose de plus en plus comme une référence pour les designers du monde automobile. On retrouve ainsi des codes de la "sobriété luxueuse" de l'iPhone d'Apple dans de nombreux modèles : Citroën s'en est par exemple inspiré pour son C4 Cactus, premier véhicule de la nouvelle identité de la marque aux chevrons, tout comme Hyundai.

Comme sur les téléphones, l'écran tactile s'impose comme une interface intuitive pour accéder à l'ensemble des réglages et services proposés. Sur ce point, Tesla a carrément remplacé l'ensemble des éléments de la console centrale par un grand écran de 17 pouces.

Pour Franck Cazenave, les constructeurs doivent également aller plus loin dans les options de personnalisation du véhicule en suivant, ici encore, le modèle du smartphone avec ses coques interchangeables et le fond d'écran que l'on peut agrémenter selon ses goûts. Dans cette idée, PSA avait présenté lors de ses "innovations days" d'avril dernier sa vision de l'intérieur du véhicule de demain avec de nombreuses options personnalisables visant à renforcer le sentiment de bien-être du conducteur.

Julien Bonnet

Le livre "Stop Google" de Franck Cazenave est à paraître le 3 octobre 2014 aux éditions Pearson

 

 
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