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5 start-up de la French Tech à la conquête de la Chine

Pas simple de s’implanter en Chine, surtout en tant que start-up. Pour les aider, Business France et Bpifrance Iancent Impact China,  premier programme d’accélération des jeunes pousses de la French Tech sur le marché chinois. Cinq pépites high-tech ont été rigoureusement sélectionnées. Détail et objectif de ce programme plutôt ambitieux.

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5 start-up françaises high-tech à la conquête de la Chine
5 start-up de la French Tech à la conquête de la Chine © Ryo/Flickr

Elles sont cinq et se sont réunies ces 14 et 15 novembre 2016 pour un bootcamp de deux jours destiné à les préparer au marché chinois.  A2IA, Antidot, APIX Analytics, Open Airlines et Ubudu ont été sélectionnées par un jury franco-chinois pour intégrer Impact China 2016-2017, le premier programme  de Business France et Bpifrance destiné à accélérer leur déploiement sur le marché chinois. "Notre objectif est d’amener les start-up qui ont une vraie technologie en Chine pour qu’elles puissent s’y installer", indique Thomas Vial, Directeur du département Tech et Services de Business France Chine.

 

Une sélection rigoureuse

Mais pour cela, mieux vaut être bien préparé… et avoir les reins relativement solides. Déjà assez matures, les cinq lauréates ont été sélectionnées sur 11 critères, parmi lesquels le business model, le niveau de chiffre d’affaires, la structure RH, le time to market et le potentiel à l’export. Mais aussi, et c’est là que sont les principales attentes du marché chinois, "toutes ont un cœur high-tech, numérique et B to B", précise Thomas Vial. "Elles sont soit éditeur de solution soit fabricant de hardware, et ont bien sûr une vraie motivation à s’implanter en Chine."

 

Coaching et entraînement intensif

Côté préparation, les deux jours de bootcamp leur ont permis de mieux cerner les aspects administratifs, juridiques et réglementaires, la structure de l’entreprise, les charges et taxes propres à la Chine, la protection de la propriété intellectuelle, le dépôt de marque… Sans oublier les us et coutumes chinois d’un point du vue social et culturel. D’ailleurs, "le plus gros gap est culturel. Cela ne s’apprend pas comme ça, il faut vraiment être préparé", selon Fabrice Lacroix, fondateur et président d’Antidot, éditeur de logiciels qui fournit à ses clients des solutions pour valoriser leurs données et améliorer leur performance
 

Après une première matinée dédiée à la présentation du programme et des quatre grands écosystèmes tech de la Chine (Hong Kong, Shenzhen, Shanghai et Pékin), des experts se sont succédé pour des séances de coaching interculturel et personnalisées selon le projet de chacune de ces startups. "Je suis très impressionné par le professionnalisme et la préparation. Cela nous conforte dans l’idée que nous avons bien fait de candidater", assure Alexandre Feray, Directeur d’OpenAirlines, entreprise numérqiue qui optimise les opérations des compagnies aériennes et réduit leurs coûts.

 

5 semaines pour réussir son implantation en Chine

Le programme est réparti en 5 semaines, dont une première mission du 8 au 17 mars 2017 visant à rencontrer les potentiels investisseurs et les villes d’implantation de manière personnalisées pour chaque start-up ; une seconde du 8 au 19 mai 2017 pour revoir les interlocuteurs, valider le niveau commercial, la zone d’implantation, la structure managériale ; et un dernier voyage, en juin, pour affiner et valider les partenariats. Le ticket ? 9000 euros par start-up pour 5 semaines, auxquels il faut rajouter les frais de transports et d’hébergement sur place. Le reste est financé par Bpifrance.
 

"Nous attendons deux choses de ce programme : la compréhension du marché et de la culture chinoises, et notamment les enjeux locaux pour adapter nos produits, mais aussi les mises en relation avec, nous concernant, les leaders du gaz naturel et de la pétrochimie, soit des groupes publics ou semi-publics, soir leur fournisseurs qui pourraient être distributeurs de nos produits", explique Ludovic Debusschere, CEO de APIX Analytics qui développe et commercialise des systèmes miniaturisés d’analyse multi-gaz basés sur l’intégration sur silicium. L'entreprise vise ainsi davantage Pékin et Shangaï.
 

D’ici là, pas question de se reposer sur ses lauriers ! Définition du pitch adapté à la culture chinoise, traduction et d’adaptation des outils de communication en chinois, affinage de la stratégie, ciblage des contacts… Les participants au programme doivent mettre tous les atouts de leurs côtés pour émettre des signaux positifs aux investisseurs chinois.

 

La Chine, nouveau marché à potentiel

Pourquoi lancer un tel programme maintenant, alors que des programmes de ce type existent déjà depuis plusieurs années aux Etats-Unis ? Pour des questions de marché, d’une part, mais aussi pour une confiance accrue dans les pratiques chinoises, en termes de qualité comme de propriété intellectuelle : "La Chine se digitalise et le processus industriel est en train de se moderniser. Nos amis chinois ont désormais les ressources et les financements. Ils sont aussi conscients des atouts de nos start-up françaises en matière de technologies", affirme Thomas Vial, qui connaît bien le pays pour y avoir vécu 2 ans.
 

Le 13e plan quinquennal du pays est également un atout supplémentaire pour les start-up sélectionnées. Cette nouvelle feuille de route économique et sociale du pays pour la période 2016-2020 vise l’accès à Internet pour tous, le secteur des services et les industries stratégiques. Au programme, 10 objectifs parmi lesquels la réduction de la consommation d'énergie et des émissions de dioxyde de carbone, l’amélioration de la qualité de l'air, la construction d'au moins 50 nouveaux aéroports civils, l’extension du réseau d’autoroutes…  Autant de signes rassurants pour les cinq lauréats. "Mais c'est maintenant qu'il faut y aller, on ne veut pas louper le wagon", formule Ludovic Debusschere.


Pour autant, pas question de prendre les choses à la légère. Et le pari est assez ambitieux pour Business France et Bpifrance : "Avec Bpifrance, le réseau local de Business Frances et ses partenaires IT et RH, on peut se dire qu’on ne va pas se tromper, mais on parie sur la technologie et la capacité de ces entreprises à mobiliser les ressources pour s’implanter en Chine", tempère Thomas Vial.

 

Qui sont ces 5 start-up sélectionnées pour Impact China 2016-2017 ?
 

A2IA

A2iA, pour Analyse d’Image et Intelligence Artificielle, développe des logiciels de reconnaissance d’écriture manuscrite et imprimée, d’extraction de contenu et de classification intelligente de documents pour mobile et desktop.
 

Antidot

La société lance en Chine son nouveau produit, Fluid Topics, une solution software qui permet de consolider et d’intégrer plus facilement différentes sources d’information.  capture les lectures et les comportements des clients pour alimenter une plateforme analytique et développer des fonctions prédictives.
 

APIX Analytics

APIX Analytics conçoit, développe et commercialise une nouvelle génération d’analyseurs multigaz miniaturisés grâce aux micro/nanotechnologies sur silicium (boîtier de 900g, de 10x30 cm), permettant de sortir les analyseurs des laboratoires pour effectuer les mesures directement sur les sites d’intérêt, en ligne et en temps réel.
 

OpenAirlines

OpenAirlines est un éditeur de logiciels qui répond aux besoins des compagnies aériennes d’optimisation de la gestion de leurs opérations et de la réduction de leurs coûts. Elle développe des logiciels innovants de gestion du carburant (SkyBreathe), des équipages (CrewIntelligence et CrewPad) et de la flotte (OptiFleet).
 

Ubudu

Ubudu est un fournisseur de logiciel et matériel leader dans la gestion des expériences utilisateurs via des services d’interaction de proximité (messages ciblés, orientation d’intérieur, détection de clients, analyse du trafic...) Ses clients sont des entreprises qui opèrent des lieux physiques (aéroports, centres commerciaux, hôtels, musées, etc.) en fournissant des services B2C pour le retail, l’hôtellerie, les transports, le divertissement et l’évènementiel.

 
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