60% des influenceurs ne respectent pas les règles sur la publicité, d’après la DGCCRF

La direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes a observé les pratiques d’une soixantaine d’agences et d’influenceurs depuis 2021. Elle reproche à certains d'entre eux d’avoir "trompé les consommateurs sur les propriétés des produits vendus", promu "des produits ou services risqués" et même détourné de l’argent du CPF.

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60% des influenceurs ne respectent pas les règles sur la publicité, d’après la DGCCRF
Aucun des influenceurs épinglés n’a respecté l’obligation qui lui était faite d’indiquer à ses followers le caractère commercial de ses publications.

Les influenceurs dans le viseur de la DGCCRF. 60% de ceux étudiés par la direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes sont hors des clous concernant les règles sur la publicité. Plusieurs procédures ont été ouvertes à leur encontre. Depuis 2021, la DGCCRF surveillait une soixantaine d’agences et d’influenceurs actifs dans la promotion de cosmétiques, de compléments alimentaires, de programmes "minceur" ou dans les services de trading et de paris en ligne. Un rapport sur le sujet vient d’être publié par l’organisme public le 23 janvier.

Publicité déguisée ou mensongère, produits risqués, fraude...

Aucun des influenceurs épinglés n’a respecté l’obligation qui lui était faite d’indiquer à ses followers le caractère commercial de ses publications. Parmi ces influenceurs, la DGCCRF reproche à certains d’avoir "trompé les consommateurs sur les propriétés des produits vendus", comme de fausses allégations anti-Covid ou des produits bio qui ne l’étaient pas. D’autres ont promu "des produits ou services risqués, notamment dans le domaine des paris sportifs", sans respecter les règles afférentes, tandis que d’autres encore se sont adonnés au "dropshipping" sans vérifier que les produits qu'ils avaient vendus sur internet, via une tierce plateforme, avaient bien été reçus.

"Dans les cas les plus graves", certains influenceurs ont promu le Compte personnel formation (CPF) comme moyen d’obtenir des cadeaux ou des espèces, et donc détourné "de l’argent dédié à la formation", souligne dans un communiqué la direction rattachée au ministère de l’économie et des finances. Ont aussi été mises en avant des "injections à visée esthétique par des esthéticiens et des non professionnels de santé, pratique qui n’est pas dénuée de risque pour la santé".

Jusqu’à deux ans de prison et 300 000 euros d’amende

"Suivant le degré de gravité, les suites données aux enquêtes iront de l’avertissement à la transmission d’un procès-verbal d’infraction au procureur de la République", indique l’administration. Les pratiques commerciales trompeuses peuvent être punies de deux ans d’emprisonnement et jusqu’à 300 000 euros d’amende. Les influenceurs n’ayant pas respecté leur injonction en cessation pourront également être poursuivis. "Ces suites peuvent enfin être assorties de mesures de publicité informant le grand public des faits constatés et des suites données."

Ce rapport de la DGCCRF vient conclure une série de réunions avec une cinquantaine d’acteurs du secteur menées au ministère de l’Economie, suite à plusieurs scandales sur les réseaux sociaux. Une consultation publique sur le sujet demeure ouverte jusqu’au 31 janvier. Le ministre de l’économie Bruno Le Maire dira début mars s’il compte prendre des mesures spécifiques.

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