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"90% des produits de Delta Dore sont connectés ou connectables"

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Entretien La société bretonne Delta Dore se situe à l’avant-garde de la maison et du bâtiment connectés. Son président du directoire Marcel Torrents est également président de Cofluens, une coentreprise créée en 2013 avec Schneider Electric, Somfy, Legrand, Hager et CDVI pour favoriser l’interopérabilité entre les produits connectés à l'intérieur du bâtiment. Il répond aux questions de L'Usine Digitale.

90% des produits de Delta Dore sont connectés ou connectables
"90% des produits de Delta Dore sont connectés ou connectables"

L’Usine Digitale : L’Internet des objets débarque dans le bâtiment. Le vieux rêve de la domotique va-t-il devenir enfin réalité ?  

Marcel Torrents : Absolument. Cette révolution apporte le maillon manquant au décollage de la domotique et du bâtiment intelligent : la connectivité extérieure. Auparavant, la connectivité se cantonnait à l’intérieur du bâtiment ou de la maison. Elle existe depuis 25 ans. Notre première commande du chauffage remonte à 1987 mais utilise le réseau téléphonique fixe. Elle fonctionne encore aujourd’hui. Ce qui est nouveau, c’est le smartphone qui offre une puissance extraordinaire pour communiquer avec n’importe qui, n’importe où et n’importe quand. La mobilité est en train de régénérer nos métiers et de redynamiser le marché. Bien sûr, nous avons aussi réduit les couts, simplifié les usages et développé des technologies plus adaptées.

 

Est-ce que tous objets dans le bâtiment ont vocation à être connectés ?

Aucun doute. Dans 5 ans, on ne parlera plus d’objets connectés dans le logement et le bâtiment. On parlera d’objets tout court, car ils seront tous connectés ou connectables. C’est déjà le cas des téléviseurs. Plus personne ne parle de télés connectés, car ils le sont tous. Les produits qui ne le seront pas seront exclus du marché. Et les équipementiers qui n’auront pas effectué cette transition seront out.

 

Est-ce que tous les ingrédients sont là pour que le marché décolle vraiment ?

Le bâtiment intelligent décollera si les usages se développent. Le problème ne tient pas à l’offre. Toutes les briques nécessaires existent déjà. La vraie difficulté est de convaincre les usagers. Si on répond aux besoins des gens et si on est capable de trouver des solutions à leurs problèmes, le marché se développera. Sinon on risque de rester sur un marché de geeks. Chez moi, j’ai 100 objets connectés. Car je suis dans le métier et je veux tout tester. Ce n’est pas le cas de tout le monde.

 

L’un des obstacles tient au manque de standardisation. Est-ce que ce problème est résolu aujourd’hui ?

Le problème est plus facile à résoudre aujourd’hui avec l’Internet des objets. Pas besoin de changer tous les équipements pour rendre le bâtiment intelligent. C’est possible grâce à la solution d’interopérabilité de Confluens. Elle permet de faire parler les équipements électriques en provenance de différents constructeurs à l'intérieur de la maison ou du bâtiment. Sur les nouveaux équipements, on utilise le protocole IP de communication d’Internet comme standard d’interopérabilité. Notre box domotique combine douze protocoles de communication différents. C’est transparent pour l’usager. Il n’a pas à savoir par quel réseau la communication transite. Nous nous sommes arrangés pour lui faire oublier ce problème. Je ne crois pas à un standard universel dans un délai de 10 à 15 ans. On est dans un écosystème. Il faut s’arranger pour communiquer avec les autres. La difficulté est aujourd’hui surmontable.

 

L’Internet des objets est une opportunité pour les équipementiers du bâtiment. Est-ce qu’il suffit d'offrir la connectivité pour en profiter?

Non. Il faut faire plus, aller au-delà des produits, se pencher sur les usages, traiter les problèmes des usagers. Il faut leur proposer des services qui améliorent leur confort et des solutions qui leur permettent de piloter portes, volets ou alarmes comme ils veulent. Activer et désactiver l’alarme, fermer et ouvrir la porte… Tout cela doit pouvoir se faire à distance. Votre femme de ménage oublie sa clé. Vous devez pouvoir lui ouvrir la porte sans être sur place. Il faut se placer dans une logique de simplification de la vie et des usages. On peut maintenant le faire pour pas cher et sans travaux.

 

Avez-vous besoin de vous allier à des acteurs du digital comme Microsoft ou IBM?

Peut-être. Aujourd’hui, ça ne se fait pas. On est encore sur un marché de niche. Mais on va vers un monde où on sera tous liés les uns aux autres. Digital, banque, assurance, électricité, gaz, eau… Tous ceux qui facturent pour le bâtiment ont la capacité d’apporter des services.

L’entreprise Delta Dore

Entreprise familiale spécialisée dans les solutions de pilotage du chauffage, de l’éclairage, des ouvrants ou des alarmes

Création en 1970

Siège social à Bonnemain, en Ille-et-Vilaine (35)

820 personnes

Chiffre d’affaires : 136 millions d’euros sur l’exercice 2014/2015

100% de la fabrication en France

2 usines en Ille-et-Vilaine : Bonnemain et Etrelles

4,5 millions de produits fabriqués par an

Bureau d’études et R&D : 150 personnes et 10% du chiffres d’affaires

 

 

Craignez-vous la mainmise des géants du digital comme Google?

Face à nous, il y a déjà des gros acteurs comme Schneider, ABB ou Siemens. Il y aura aussi des gros acteurs ailleurs comme dans le digital. On a une place de spécialiste qui maitrise son métier. On pense être en mesure de résister à la concurrence des gros et renforcer notre position. Chaque maison est différente, et chaque pays est particulier. La prise électrique française n’est pas la prise anglaise. On n’est pas sur un marché global comme le pense Google. On est sur un marché très fragmenté. Je ne crois pas qu’un acteur, fut-il aussi puissant et ambitieux que Google, puisse tout faire.

 

Où en est Delta Dore dans le virage de l’Internet des objets?

On a pris le virage, il y a 2 ans, et créé un conseil stratégique avec des experts dans le numérique, la finance, etc. qu’on consulte quatre fois par an. On a équipé nos 820 salariés pour qu’ils testent nos solutions et voient le changement. On a aussi transformé notre mode d’accès au marché, notre site Web, notre communication. Aujourd’hui, 90% de nos produits sont connectés ou connectables, y compris ceux existant depuis 12 ans. Pour les nouveaux produits, on utilise la technologie SigFox ou LoRa. Dommage qu’il y ait deux standards différents. Il faudra demain s’accorder sur un seul.

 

Comment comptez-vous exploiter les données générées par vos produits ?

Les données, c’est une opportunité de nouveaux services. Mais il faut rester prudent car elles appartiennent au client. Pour les exploiter, il faut avoir son accord. Les services sont du ressort des partenaires. Je ne me vois pas faire tous les services de la terre. C’est aux gens les plus compétents de le faire. On veut être facilitateur rémunéré sur l’infrastructure qu’on met à leur disposition. C’est dans la logique de ce qu’on fait déjà avec des spécialistes de fenêtres, volets ou serrures. Je ne dis pas qu’on ne fera pas des services. On en fera mais l’essentiel viendra de partenaires. C’est aussi une question de taille. Si j’étais un gros acteur, j’aurai peut-être la volonté de tout faire.

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