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À Alès, les formations numériques se renforcent et la fibre est très attendue

Formations numériques, accès au très haut débit, mais aussi "souveraineté numérique" étaient au rendez-vous de la visite du secrétaire d’État chargé de la Transition numérique et des Communications électroniques Cédric O jeudi 20 août à Alès, capitale des Cévennes.
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À Alès, les formations numériques se renforcent et la fibre est très attendue
La start-up Agarta, basée à Digit'Alès, fait la démonstration d'une expérience de réalité augmentée à Cédric O, accompagné du maire d'Alès Max Roustan et du président de l'agglomération d'Alès, Christophe Rivend. Covid-19 oblige, le port du masque est respecté ! © Sylvie Brouillet

"Il n’y a pas de secteur en France qui crée plus d’emplois que le numérique", a insisté Cédric O devant ses interlocuteurs alésiens le 20 août. En congés dans la région cévenole, le secrétaire d’Etat chargé de la Transition numérique et des Communications électroniques a visité jeudi 20 août des formations numériques à l’école d’ingénieurs IMT Mines Alès et sur le campus Digit’Alès. Au menu gardois aussi : l’avancée du déploiement de la fibre dans le cadre du Plan France Très Haut Débit, avec la visite à La Grand’Combe d’un nœud de raccordement du Réseau d’Initiative Public "WiGard Fibre".

POUSSÉE DES FORMATIONS NUMÉRIQUES
"Le numérique crée de l’emploi partout en France à tous les niveaux, c’est pourquoi la formation est indispensable", martèle Cédric O. Il a indiqué le lancement d’un nouvel appel à labellisation Grande École du Numérique "dès la rentrée, au lieu de décembre, pour que les formations démarrent en janvier."

À Alès se déploie déjà une palette de formations de tous niveaux. En première ligne, IMT Mines Alès affiche notamment son département "intelligence artificielle" (60 jeunes par an) lancé à la rentrée 2018, ses laboratoires de pointe Prism et LGI2P ou la création début 2021 d’une unité mixte de recherche "Digital Health in Motion" avec EuroMov de l’université de Montpellier. Face au Covid, IMT Mines Alès a aussi accéléré son projet "pédagogie numérique". Il implique encore l’achat de 200 ordinateurs portables, la dotation complète des étudiants en tablettes numériques et de multiplier par 10 la capacité de stockage de données. "D’ici un an, nous serons à plein régime sur la pédagogie numérique", assure le directeur des études Michel Ferlut.

De son côté, l’agence de développement économique de l’agglomération Alès Myriapolis a mis sur pied le Campus numérique Digit’Alès pour regrouper formations et start-ups. Il héberge depuis avril 2019 un tiers-lieu "e-formation Occitanie" (15 postes informatiques pour former des demandeurs d’emploi), un espace de coworking, un amphi de 180 places et l’École régionale du numérique Coda Alès de Simplon. "Nous lancerons la 5e promotion en octobre", indique le directeur régional de Simplon en Occitanie Jean-François Kappes.

50 personnes ont déjà été formées et 12 achèvent un cursus de développeur web et web mobile (titre professionnel Bac+2). Nouveauté de septembre : le programme de 6 semaines #Hackeuses - Culture et techniques du numérique vise à 100% des femmes. Présent aussi à Digit’Alès, le Cnam Occitanie dispense une licence Informatique STS, avec certificat d’analyste en cybersécurité. L’opportunité d’un master est étudiée. Au dernier étage, des start-up (Agarta, Clean Bill, Artefakt, Hurricane, Cévennes by Oraterra) s’activent dans la réalité augmentée, l’intelligence artificielle ou le développement web.

LE TRÈS HAUT DÉBIT TRÈS ATTENDU 
L’accès à Internet reste problématique dans les Cévennes. Devant Cédric O, le président d’Alès Agglomération (plus de 130 000 habitants, 72 communes) a insisté : "Il nous manque essentiellement un désenclavement numérique". Christophe Rivenq a même lancé l’idée d’une candidature alésienne à une expérimentation de l’accès à la 5G. Dans son sillage, le maire du village cévenol du Martinet a interpellé le secrétaire d’Etat sur la fracture numérique, comme le président du club d’entreprises Leader Alès. Cédric O a appelé à la patience : "Jamais l’ensemble du territoire ne sera couvert par la 4G. Mais 5 000 nouveaux sites doivent être déployés en France. En accord avec les élus, une vingtaine de raccordements sont actés dans le Gard, mais de l’arrêt ministériel à la mise en place, cela prend deux ans."

Cédric O s’est rendu ensuite sur un nœud de raccordement de WiGard Fibre, le Réseau d’Initiative Public du conseil départemental, réalisé en délégation de service public par SFR FTTH (Altice). Le secrétaire d’Etat a au passage relayé les besoins en personnels qualifiés - près de 200 - des entreprises faisant les travaux. Dans le Gard, SFR FTTH a investi 210 milliions d'euros en 4 ans et déployé 2 500 km de câbles optiques, sur les 10 000 d’un programme qui prévoit 257 000 prises FTTH d’ici à 2022. Environ 50 communes gardoises devraient être ouvertes à la commercialisation de la fibre d’ici fin 2020. 3 500 demandes de raccordements ont été faites depuis mai 2020 et 1 500 clients raccordés.

CRAINTES SUR LA SOUVERAINETÉ NUMÉRIQUE
Questionné par des élèves de l’IMT Mines Alès sur la souveraineté numérique face à des solutions informatiques largement d’origine anglo-saxonnes, le secrétaire d'État a répondu : "Le sujet du cloud est celui qui me préoccupe le plus. Toute une partie de l’industrie française fonctionne sur du cloud américain. Il est vrai que les entreprises américaines investissent 40 milliards d’euros dans le cloud, à comparer à 1 milliard d’euros tout mouillé pour les européennes. Il faut recréer une base industrielle, mais c’est une politique de long terme. La question de la 5G est aussi une question d’indépendance française."

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