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A Arras, les cyber-gendarmes traquent les criminels du Net

Alors que s’ouvre, ce 21 janvier, à Lille, le salon FIC (Forum international de la cybersécurité), L’Usine Nouvelle s’est rendue dans la préfecture du Pas-de-Calais, où les gendarmes peuvent faire parler les disques durs, les smartphones, les GPS…et suivre la délinquance sur les réseaux sociaux.
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A Arras, les cyber-gendarmes traquent les criminels du Net
A Arras, les cyber-gendarmes traquent les criminels du Net © D.R.

A Arras (Pas-de-Calais), dans les bureaux exigus au rez-de-chaussée d’un hôtel particulier qui abrite le siège du groupement de la gendarmerie du département, les tables sont recouvertes de disques durs, clés USB, PC portables, GPS…. "Pour nos enquêtes judiciaires, nous ne sommes pas à la recherche d’empreintes digitales ou d’ADN. Nous cherchons les traces des crimes dans les disques durs, les GPS, Internet... Bref dans tout dispositif qui a une capacité de mémoire", explique Laurent Frappart, chef de la cellule cybercriminalité du Pas-de-Calais.  

A Arras, son unité est composée de quatre enquêteurs en technologie numérique. Leurs missions : traquer les délinquants du Net et faire parler tous les équipements ayant une mémoire informatique… "Aujourd’hui, les affaires de pédophilie via les réseaux sociaux représentent près de la moitié de notre activité", explique Laurent Frappart. Dans son bureau, le cyber-gendarme manipule au quotidien des logiciels sophistiqués capables de reconstituer ainsi des conversations ayant eu lieu sur les réseaux sociaux, terrains de chasse privilégiés des pédophiles pour ferrer leurs jeunes victimes. "Même si les données ont été effacées par les utilisateurs, il reste parfois possible de reconstituer les échanges de mail", explique-t-il.

Faire parler les smartphones

Les cyber-gendarmes d’Arras viennent en aide également aux entreprises. "Un cabinet de comptabilité a été victime d’une attaque suivie d’une demande de rançon. Les pirates ont crypté une partie des fichiers de l’entreprise, les rendant inexploitables. Ils réclamaient une somme d’argent en échange de la clef de chiffrement", explique Laurent Frappart. Malgré les efforts des gendarmes, il a été impossible de remonter à l’identité des pirates qui avaient masqué l’origine de leur attaque en passant par des serveurs basés en Israël et Honk-Kong ! Heureusement pour elle, l’entreprise a pu récupérer une vieille version de ses fichiers grâce à son système de sauvegarde de fichiers.

Pour remplir leur mission, les cyber-gendarmes sont équipés d'outils qui permettent d’extraire des données informatiques de tout type de mémoire informatique. Ainsi pour faire parler les smartphones, ils disposent d’un boîtier de la taille d’un lecteur de carte bancaire du fournisseur israélien Ufed et d’une mallette complète de câbles qui permettent de brancher leur PC d’investigation numérique sur n’importe quel téléphone. En trente minutes, le boîtier fournit un rapport d’extraction complet listant l’ensemble des données : contacts, SMS, MMS, photo… "Dans le cadre d’une affaire de stupéfiants, nous avons récupéré plus de 380 000 SMS sur un iPhone !" explique l’adjudant-chef Cédric Delaporte.

Des capacités de plus en plus importantes

Pour faire parler les PC, il faut des équipements plus sophistiqués comme les "bloqueurs shadow". "Ces boîtiers se branchent entre la carte mère et le disque dur du PC. Il permet de tout récupérer sans rien modifier du contenu sur le disque dur de base", explique Laurent Frappart.

Malgré un équipement remis régulièrement au goût du jour, les cyber-gendarmes sont conscients que leur lutte face aux cybercriminels est de plus en plus difficile. Il faut fouiller dans des disques durs qui ont des capacités toujours de plus en plus importantes (désormais en téraoctet plutôt qu’en gigaoctets) et le développement du chiffrement complique significativement leurs tâches. Et surtout, la lutte paraît bien inégale : on ne compte que 250 de ces cyber-enquêteurs pour tout le cyberespace hexagonal ! 

A Arras, Hassan Meddah

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