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A bord d'un Peugeot 3008 autonome qui circule à 130 km/h sur autoroute

Reportage Dépassement d'une zone de travaux, franchissement d'une barrière de péage, arrêt d'urgence… PSA montre du côté Saint-Arnoult-en-Yvelines comment son véhicule autonome peut circuler en toute sécurité à 130 km/h sur autoroute grâce à des données issues de l'infrastructure et transmises par Vinci Autoroutes. Démonstration.
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A bord d'un Peugeot 3008 autonome qui circule à 130 km/h sur autoroute
A bord d'un Peugeot 3008 autonome qui circule à 130 km/h sur autoroute © PSA - Michael Moore

PSA et Vinci Autoroutes ont réalisé jeudi 11 juillet 2019 une démonstration d'un véhicule autonome, un Peugeot 3008, circulant à 130 km/h sur une portion d'autoroute entre Dourdan et Ablis (A10 / A11). Le but de cette démonstration est de "montrer comment la coopération entre le véhicule et l'infrastructure permet de gérer les singularités, c'est-à-dire des événements imprévus ou des particularités de la route", explique à L'Usine Digitale Vincent Abadie, expert véhicule autonome du groupe PSA. Lancé à pleine vitesse, le véhicule autonome va d'abord dépasser une zone de travaux avant de franchir une barrière de péage et réaliser un arrêt d'urgence en raison du signalement d'un piéton sur une voie.

 

Un Peugeot 3008 bardée de capteurs

Le Peugeot 3008 utilisée pour l'expérimentation est équipée de 5 Lidar, 5 radars et 12 caméras fixés tout autour du véhicule. En combinant ces trois technologies complémentaires, le constructeur est certain que le véhicule puisse tout détecter. Les algorithmes embarqués fusionnent ces informations afin de connaître précisément l'environnement entourant le véhicule et de prendre la bonne décision.

 

Franchissement d'une zone de travaux

Le Peugeot 3008 circulant en mode autonome reçoit l'information qu'une zone de travaux est présente dans 1,5 km. L'information s'affiche aussi sur le tableau de bord afin d'en informer le conducteur. "Les informations envoyées depuis l'infrastructure au véhicule sont la position du premier et du dernier cône signalant la zone de travaux, où ils sont exactement, quelle voie est fermée et les vitesses recommandées", liste Pierre Delaigue, directeur des projets véhicule autonome chez Vinci Autoroutes. Ces informations reçues en amont permettent au véhicule autonome de franchir cette zone en toute sécurité, sans freiner de manière brusque et sans avoir à demander au chauffeur de reprendre la main.

 

En toute sécurité, le véhicule autonome franchit une zone de travaux.

 

Dans un premier temps, le véhicule autonome se déporte sur la voie du milieu. Puis, un camion moins rapide étant positionné devant lui, il réalise un dépassement en allant sur la dernière voie de gauche. Une fois ce dépassement réalisé, le véhicule autonome se rabat uniquement sur la voie du milieu puisqu'il sait que les travaux ne permettent pas de circuler sur la voie de droite. Il décélère progressivement et passe de 130 à 90 km/h afin de respecter la limitation de vitesse préconisée et de franchir cette zone en toute sécurité.

 

Franchissement d'une barrière de péage

Lorsque le véhicule autonome arrive à environ 1,5 km du péage, il reçoit de nombreuses informations comme "les voies ouvertes, les voies fermées, celles de télépéages et celles prenant la carte de crédit", liste Pierre Delaigue. Le véhicule autonome peut donc commencer à se positionner sur les voies afin d'atteindre le chenal qu'il a choisi. S'il n'avait pas reçu toutes ces informations en amont, le véhicule autonome aurait dû attendre d'être sur zone pour essayer de déterminer lui-même les voies ouvertes ou non… Un exercice beaucoup trop compliqué à réaliser dans un court laps de temps et ne permettant donc pas au véhicule autonome de choisir suffisamment à l'avance la barrière de péage qu'il souhaite franchir.

 

Le Peugeot 3008 autonome arrive à la barrière de péage et choisit lui-même la voie qu'il emprunte.

 

Toutefois, à l'approche du péage, le véhicule autonome est indécis sur la voie à prendre et ballote un peu à gauche puis à droite avant d'enfin se décider. L'infrastructure communique à nouveau avec ce véhicule autonome pour lui signaler lorsque le feu est vert et la barrière de péage ouverte. Une fois cette barrière franchie, le Peugeot 3008 accélère de manière dynamique afin de libérer rapidement cette zone. Malgré "l'absence de marquage au sol, il se positionne sur la bonne voie tout seul grâce à une cartographie détaillée et une localisation précise", explique Vincent Abadie. Effectivement, le véhicule ne semble rencontrer aucun problème à ce niveau-là.

 

Un arrêt d'urgence en raison de la présence d'un piéton

Pour les besoins de la démonstration, une fausse information est envoyée au véhicule autonome lui signalant la présence d'un piéton sur la voie à environ 3 kilomètres. Le véhicule autonome demande à plusieurs reprises au conducteur de reprendre le contrôle : des alertes sonores sont envoyées ainsi que des messages sur les écrans du tableau de bord. Le conducteur ne reprenant pas le contrôle du véhicule, ce dernier reçoit d'autres informations de l'infrastructure : les zones de refuge et si elles sont occupées ou non.

 

Le véhicule autonome prend alors la décision de s'arrêter au prochain refuge : il décélère puis se déporte sur la bande d'arrêt d'urgence avant de s'arrêter au refuge. Le Peugeot 3008 pourrait réaliser cette manœuvre pour d'autres événements imprévus qu'il n'est pas en capacité de gérer de manière suffisamment sécurisée comme une tempête de neige ou un obstacle sur la chaussée.

 

Le véhicule autonome arrive au niveau du refuge.

 

Des véhicules autonomes sur autoroute en 2025

A quand de telles fonctionnalités de conduite autonome sur les véhicules de série ? "Dès qu'on monte en vitesse, il faut de la connectivité", assure Vincent Abadie. Pour l'autoroute et ses 130 km/h, il faudra attendre 2025 "parce qu'il faut encore un certain nombre de travaux de validation technologique pour le faire", précise-t-il. Avant ajouter: "A basse vitesse, il est moins nécessaire de mettre en œuvre les technologies de connectivité comme celles démontrées lors de cette expérimentation. Quand le véhicule circule à vive allure, avoir ces informations anticipées sur les zones de travaux ou les barrières de péage est très important". Sans ces informations, le véhicule peut se débrouiller mais il réalise des mouvements et des freinages brusques peu compatibles avec le niveau de sécurité et de confort attendus par les utilisateurs.

200 000 km parcourus en mode autonome

PSA dispose d'une flotte de 20 véhicules autonomes ayant les autorisations nécessaires pour rouler. Ces véhicules ont parcouru près de 200 000 kilomètres sur route ouverte en France, en Grande-Bretagne, au Pays-Bas et en Espagne. Récemment, le constructeur a reçu l'autorisation pour faire rouler un véhicule en Chine.

 

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