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A Dijon, le projet Avionéo cherche à créer un taxi volant à l'hydrogène

Désenclaver les villes tout en réaménageant la ruralité grâce à un taxi volant autonome, tel est le rêve d’Yves Charles, à la tête d’Avionéo à Dijon (Côte-d’Or). Un processus de levée de fonds en cours vise à réunir les 2,5 millions d’euros nécessaire à la conception d’un modèle à l’échelle 1.
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A Dijon, le projet Avionéo cherche à créer un taxi volant à l'hydrogène
A Dijon, le projet Avionéo cherche à créer un taxi volant à l'hydrogène © Avionéo

Petit, Yves Charles se rêvait pilote de chasse. Malgré sa passion pour l’aéronautique, il n’a pu exercer cette profession, tandis qu’un grave accident de moto en 2006 lui a donné envie de réaliser ses rêves. "J’ai muri le concept Avionéo pendant 12 ans dans mon coin. J’ai cherché une solution de mobilité efficiente en limitant son impact environnemental et en le rendant accessible au plus grand nombre."

Avionéo est taxi volant qui suit le modèle VTOL (Vertical Take Off and Landing), c'est-à-dire un aéronef qui associe la souplesse du décollage vertical de l’hélicoptère et l’efficacité de l’avion en vol. Pour "faire le mieux possible avec le moins possible", Yves Charles a mis l’accent sur trois axes : la masse en concevant un appareil des plus légers, l’aérodynamisme en s’inspirant de mammifères marins dans la forme et enfin le rendement de la chaîne de traction en minimisant la perte énergétique lors de la conversion de l’énergie chimique en énergie mécanique.

Étape par étape
Pour que son projet de taxi volant devienne une réalité, Yves Charles a conçu deux applications. Avec Vita GéoDRONE, il s’est associé à un consortium pour concevoir un appareil qui sera équipé d’un radar pour cartographier le sol jusqu’à 120 mètres. "Nous allons créer un avion à l’échelle 1 et installer de l’équipement à la place des futurs passagers que pourrait transporter Avionéo."

Une levée de fonds a été lancée afin de réunir les 2,5 millions d’euros nécessaires pour passer de la maquette à un appareil opérationnel démontrant le concept. En parallèle, le consortium TurboH2 travaille sur un turbo générateur polycarburants compatible avec l’hydrogène. "Face à l’inertie en la matière, nous espérons tracter la demande avec une flotte de véhicules compatibles à l’hydrogène quand la société sera prête à la transition."

TurboH2 porte sur la petite mobilité ; véhicules agricoles, industriels, voiliers ; ou pour des besoins stationnaires avec des générateurs d’énergie. Ces deux applications visent à multiplier les revenus et les connaissances pour développer Avionéo. "Nous avons un concept industriel qui va à l’opposé de la centralisation avec un réseau de petits ateliers de montage, de maintenance et de ravitaillement en local, au plus près des clients afin de rationaliser les coûts." Pour Yves Charles, c’est aussi un moyen de relocaliser et réindustrialiser les territoires.

Taxi volant de proximité
Le concept Avionéo s’inscrit dans une démarche visant à passer d’une économie de la possession à une économie de partage. "95% du temps, la voiture reste au parking même si elle offre de la flexibilité, de la souplesse et ne demande aucune planification par rapport à d’autres modes de déplacement." Conscient que les démonstrations et certifications vont nécessiter de nombreuses années pour aboutir, Yves Charles imagine un "Uber Air" où commander un taxi volant ou un "BlablaFly" afin de mutualiser l’outil.

Le service concernerait la mobilité régionale avec des déplacements allant jusqu’à une cinquantaine de kilomètres pour un trajet d’une vingtaine de minutes à 150 km/h. "L’objectif est de réaménager la ruralité et désenclaver les villes. Ce qui compte, c’est le temps de trajet plus que la distance." Avionéo sera d’abord piloté par une personne mais vise à plus long terme à devenir autonome, avec un système automatisé en charge du pilotage, en suivant la logique des voitures de plus en plus assistées.

"Nous nous inscrivons dans le machine learning avec un robot capable d’apprendre des pilotes. 98% du vol d’un Airbus est déjà robotisé." L’avion pourra accueillir d’abord deux passagers avant que le pilote, devenu inutile, ne cède sa place à un troisième. "Les voitures sont prévues pour cinq personnes et pour une vitesse de 200 km/h mais dans les faits, les trajets se font à 30 km/h de moyenne avec seulement 1.3 personnes à bord", poursuit Yves Charles.

Les projets de taxis volants sont à la mode. A Toulouse, Ascendance Flight mûrit également un projet de la sorte, tandis que l'Allemand Volocopter a déjà obtenu une certification européenne pour réaliser ses vols d'essais. Les développements se multiplient aussi à l'échelle globale, aussi bien en Asie qu'en Amérique du Nord, et Avionéo aura donc fort à faire pour s'imposer face à toute cette compétition. En Europe, les premiers vols commerciaux pourraient avoir lieu dès 2025.

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