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"A l'avenir, l’automatisation et l’intelligence artificielle iront de pair", Otto Berkes, CTO de CA Technologies

Entretien Le tout premier "Built to change Summit", organisé par CA Technologies s’est tenu les 24 et 25 mai 2017 à San Jose, capitale de la Silicon Valley. L’occasion pour l'éditeur américain de logiciels aux 4,03 milliards de dollars de chiffre d'affaires sur l’exercice 2016, de présenter de nouvelles solutions visant à accompagner les entreprises dans leur transformation digitale. Otto Berkes, CTO, est revenu sur la stratégie d’innovation de CA, notamment à travers le programme d’accélération interne.
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A l'avenir, l’automatisation et l’intelligence artificielle iront de pair, Otto Berkes, CTO de CA Technologies
Otto Berkes, CTO de CA technologies. © CA technologies

L'Usine Digitale - Avant de rejoindre CA Technologies en tant que CTO en juin 2015, vous avez travaillé pour HBO Go et près de vingt ans pour Microsoft, où vous avez notamment cofondé la console Xbox… Quel est le point commun entre l’écosystème des jeux vidéo, des médias et du logiciel ?

Otto Berkes : Il y a bien plus de choses en commun, sous la surface, qu’on ne le pense. Le processus de base pour développer un logiciel est fondamentalement similaire, qu’il s’agisse d’une interface client, d’une application financière ou bien d’un jeu. Dans un contexte où l’on fournit le logiciel en tant que service (SaaS, Software as a Service, Ndlr) et où le client s’attend à pouvoir l’utiliser 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, peu importe l’industrie ou l’usage qu’on en fait : la base doit être très solide.

 

Qu’avez-vous apporté à CA Technologies de votre carrière passée ?

O. B. : Être toujours tourné vers l’avenir en essayant de déceler ce qui va arriver. Il faut appréhender les prochaines tendances et essayer de trouver la meilleure manière de répondre aux changements.

 

Comment l’intelligence artificielle et les nouvelles technologies d’analyse de données vont changer une entreprise traditionnelle telle que CA ou plus largement l’industrie du logiciel ?

O. B. : L’IA et l’analytics offrent un fort potentiel de valeur ajoutée qui peut être intégré à des produits traditionnels. Par exemple, notre solution Advanced Analytics prend en compte les données préexistantes de notre solution APM (Application Performance Management, Ndlr) pour mener à des interprétations avancées. L’idée est de partir de produits préexistants et de les rendre plus intelligents pour créer de la valeur ajoutée.

 

Il y a d’autre manières d’appréhender l’intelligence artificielle et le machine learning. Un domaine qui m’enthousiasme beaucoup est l’automatisation. Nous avons récemment racheté Automic (600 millions d’euros en janvier 2016, Ndlr), qui a une gamme unique de produits dédiés à l’automatisation des processus business des entreprises. À l’avenir, je pense que l’automatisation et l’intelligence artificielle iront de pair. L’automatisation du processus de développement d’un logiciel va permettre de gagner du temps. Aujourd’hui, entre le développement, le déploiement et l’intégration d’un nouveau logiciel, les équipes n’ont pas le temps de se concentrer sur de nouvelles idées.

 

Quelles sont les trois étapes clés de la transformation digitale d’une entreprise ?

O. B. : Pour devenir une entreprise de nouvelle génération, une entreprise avec des technologies de l'information traditionnelles doit d’abord se concentrer sur les clients, sur l’expérience utilisateur afin d’offrir de la valeur ajoutée au bon moment. Il faut ensuite être capable d’ajuster ses produits de façon incrémentale, en fonction des retours des clients. Enfin, il faut avoir une approche transdisciplinaire du développement logiciel pour une intégration en profondeur dans l’entreprise. On parle beaucoup de DevOps, mais la transformation digitale touche tous les domaines, de la sécurité jusqu’au design des applications.

 

Vous avez lancé le programme CA Accelerator en novembre 2016. Dans quel but ?

O. B. : D’abord, nous voulions créer un programme d’incubation pour que toutes les idées internes soient mises en lumière. La création de ce programme d’accélération fait partie de la nouvelle stratégie d’innovation de CA. Dans le software, c’est très facile d’arriver avec des idées réalisables et implémentables : avec des logiciels, rien n’est impossible. Mais c’est aussi facile d’avoir une idée totalement déconnectée des besoins actuels des clients. Nous voulions avoir un lien étroit entre le développement d’une idée et les besoins du client.

Ce programme donne la possibilité d’avoir une idée et de la valider le plus vite possible. En sachant d’un grand nombre d’idées ne seront pas viables sur le marché, il faut pouvoir apprendre rapidement et pivoter le plus vite possible.

 

Comment les idées sont-elles sélectionnées ?

O. B. : C’est un programme avec une démarche "lean Startup" (tester le produit le plus rapidement possible et rectifier le tir si nécessaire, Ndlr). Nous voulions que ce soit simple d’évaluer les postulants donc il y a juste une seule page à remplir. Nous évaluons d’abord l’équipe et la structure de la start-up. Ensuite, les candidats sont évalués par l'intégralité de l’équipe d’investissements, composée d’une douzaine de personnes issues de l’entreprise toute entière. Puis il y a un événement où chaque start-up a 15 minutes pour faire son pitch, à l’issue duquel elles sont acceptées ou non.

 

Quels sont les premiers retours ?

O. B. : Les start-up du programme sont ravies. Elles ont la possibilité de partir de rien, de développer quelque chose de nouveau et CA propose leur met à disposition tout un mécanisme de support.

 

Les équipes internes à CA ne se sentent pas trop en compétition ?

O. B. : Il n’y a pas de concurrence extérieure. Nous sommes tous concernés par ce programme. C’est un programme accessible à tous. Les propositions peuvent venir de tous les services de l’entreprise.

Le programme n’est pas indépendant de l’entreprise. Pour être un succès, l’incubateur doit être intégré dans CA afin de participer au développement des produits principaux de l’entreprise.

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