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A l’heure du Covid-19, la start-up Yper parie sur la pérennité de la livraison collaborative

La start-up nordiste Yper, spécialiste de la livraison collaborative, met en place depuis peu de premiers partenariats avec des adhérents E.Leclerc. Dans un contexte très particulier de hausse des commandes en ligne et en retrait au drive pour les courses alimentaires, Yper veut prouver que son modèle est pérenne au-delà de la crise du Covid-19. Les précisions de Jacques Staquet, l’un de ses cofondateurs.
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A l’heure du Covid-19, la start-up Yper parie sur la pérennité de la livraison collaborative
A l’heure du Covid-19, la start-up Yper parie sur la pérennité de la livraison collaborative © Yper

Yper prend de l’ampleur. La start-up lilloise propose désormais son service de livraison collaborative aux clients de Cora, Chronodrive, Auchan et Leclerc. Quatre nouvelles enseignes pour la société positionnée sur la livraison collaborative, et "un développement majeur pour la start-up comme pour ces retailers, qui proposent désormais un service flexible répondant à une demande actuelle en plein boom partout sur le territoire français", résume la société.

Dans un contexte très particulier de hausse des commandes en ligne et une hausse exponentielle de la demande en drive pour les courses alimentaires, les retailers sont toujours à la recherche de solutions. Cette hypercroissance se traduit pour Yper à un volume d’activité sur le seul commerce alimentaire avec ce que la start-up réalisait début 2020 en combinant alimentaire et non alimentaire début 2020.

Une communauté plus de 100 000 particuliers actifs

Si Chronodrive propose la livraison collaborative sur l’ensemble de ses drives, Cora la déploie à date dans 30 magasins. Auchan propose le service en drive comme en passage en caisse, à l’image de Leclerc, qui sous l’impulsion de Thomas Pocher, à l’initiative des drives piétons, propose la livraison en centre-ville de Lille comme en zones périphériques. Dans le Nord, le service est désormais disponible sur un peu plus d’une dizaine de sites de l’adhérent breton. En tout, Yper revendique désormais plus de 1 500 partenaires dans toute la France, avec une communauté plus de 100 000 particuliers actifs.

"Le déploiement est clairement lancé avec une bonne dynamique, puisque nous avons maintenant des contacts et marques d’intérêts bien avancées avec, déjà, une dizaine d'autres sites, en dehors de la région des Hauts de France", précise Jacques Staquet, cofondateur d’Yper. Le principe de la solution : un client procède à une commande en ligne sur le site drive d’une enseigne et choisit l’option de livraison Yper. C’est un membre de la communauté, un particulier, qui va la retirer au drive et qui lui livre à son domicile.

La start-up propose d’autres parcours de courses et livraison, comme dans le cadre d’un parcours de courses en magasin puis de "lâcher-caddie", qui permet au client, après avoir payé ses courses de se faire livrer, en fin de journée par exemple. "Le magasin organise alors le stockage des produits puis la mise à disposition de la commande lors du passage du shopper, c’est-à-dire le particulier qui réalise la livraison via notre application Yper", détaille Jacques Staquet.

Un modèle économique peu risqué pour le distributeur

En avril 2020, la start-up a réalisé quelques centaines de livraisons au départ de sites E.Leclerc. Thomas Pocher précise : "J’ai lancé les travaux avec Yper et d'autres solutions en 2017, avec le lancement du drive piéton à Lille". Leclerc fait en effet figure d’exception en France en ne proposant aucun service de livraison à domicile, hormis via des collaborations avec des start-up. "On fait beaucoup de choses chez Leclerc mais on n’a pas souhaité se lancer dans la livraison en elle-même, confirme Thomas Pocher. C’est un autre métier, que seuls certains collègues ont développé, souvent appuyé par les livraisons historiques d'un gros hyper".

Avantage pour l’adhérent : ne pas consentir de gros investissements pour "signer" une livraison de qualité, qui est rentable à partir d’un certain volume de livraisons – "c’est cher et personne ne veut payer", explique l’adhérent Leclerc. "On délègue volontiers à des start-up, charge pour elles de trouver un modèle viable, sans risque pour nous", poursuit Thomas Pocher.

Covid-19 oblige, toutes les solutions sont désormais étudiées par les retailers pour honorer les  commandes passées sur Internet, quel que soit le mode de livraison choisi. "Les retailers alimentaires ont été nombreux à étudier et à travailler à l’intégration, finalisée ou en cours, de l’offre yper pour leurs clients. Ceci a été porteur d’un surcroit important de notre activité", ajoute Jacques Staquet. Un engouement à double tranchant pour la société, qui a du faire la preuve de la scalabilité de son outil. "Notre livraison collaborative s’appuie sur "les gens" qui résident sur les lieux où les livraisons sont à réaliser… Ceci est vrai… partout, poursuit Jacques Staquet. Nous parvenons désormais à mettre en place le service dans tous les lieux où elle est demandée en moins d’un mois".

Doubler ses effectifs d'ici fin 2020

Depuis un peu moins de quatre ans, Yper a déployé son service de livraison collaborative dans "plusieurs centaines" de villes en France et revendique un maillage territorial complet, hors Corse et DOM-TOM. "Nous avons expérimenté et démontré le fait que ce mode de livraison est très adapté à la majorité des types de villes et de zones péri-urbaines, avance la société. La livraison collaborative est riche d'une forme de quasi-universalité géographique et une capacité très forte à déployer ce mode de livraison sur des réseaux complets".

Pour Jacques Staquet, "c’est encore plus vrai sur les villes de taille intermédiaires ! Les mégalopoles sont, de leur côté souvent bien "fournies" en acteurs et solutions livraisons. La livraison collaborative y est peut-être moins nécessaire... quoique !" Un marché encore très ouvert et qui pourrait décoller dans les prochains mois. "La livraison collaborative repose sur beaucoup de bon sens car elle repose sur la disponibilité des gens, le sens du service, le complément de revenus permis et finalement un engagement individuel des shoppers qui conduit à un haut niveau de satisfaction", résume l’entrepreneur.

En 2019, Yper affichait 200 000 livraisons, sur l’alimentaire et le non-alimentaire. La société parie sur un phénomène durable. "Nous nous préparons à accompagner nos partenaires non-alimentaires dans leur retour à l’activité, comme les fleuristes, cavistes ou libraires", explique Jacques Staquet. Si l’activité de livraison collaborative au départ des commerces de proximité, qui est la seconde proposition de la start-up, a été stoppée, elle pourrait bien prendre une nouvelle dimension avec le redémarrage des commerces de proximité.

La société, et sa filiale you2you, acquise en 2019, emploient une trentaine de collaborateur. Yper devrait doubler ses effectifs d’ici à fin d’année. Elle étudie par ailleurs de premières pistes de déploiement international. "Nous comptons également enrichir nos offres en diversifiant les modes de livraison et services. La livraison du "dernier kilomètre" est un défi fantastique et très stimulant pour les équipes !", conclut l’entrepreneur. 

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