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A la suite de l'incendie de Strasbourg, 20 entreprises lancent un recours collectif contre OVHcloud

Vu ailleurs Le recours collectif contre OVHcloud est désormais porté par 20 sociétés, dont deux grandes entreprises et plusieurs PME-TPE. Représentées par le cabinet Ziegler & Associés, elles souhaitent se voir verser des indemnités pour couvrir les préjudices liés à l'incendie du data center de Strasbourg. Si un accord à l'amiable n'est pas trouvé, l'affaire sera portée devant le tribunal de commerce.
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A la suite de l'incendie de Strasbourg, 20 entreprises lancent un recours collectif contre OVHcloud
A la suite de l'incendie de Strasbourg, 20 entreprises lancent un recours collectif contre OVHcloud © OVHcloud

20 entreprises participent à l'action collective initiée contre OVHcloud à la suite de l'incendie qui s'est déclaré en mars 2021 dans l'un de ses data centers situé à Strasbourg, révèle Le Journal du Net dans un article publié ce lundi 6 décembre. Parmi ces requérants se trouvent "deux grandes entreprises, six PME et deux TPE. Des sociétés qui se répartissent dans les secteurs comptable, immobilier, marketing, médical et touristique", précise le média. Leur identité demeure confidentielle.

Obtenir des dommages et intérêts
"Nous nous étions fixés comme objectif d'atteindre 20 acteurs engagés pour enclencher le processus", déclare Jocelyn Ziegler, avocat au sein du cabinet parisien Ziegler & Associés, en charge de l'action collective. Cette procédure doit permettre aux entreprises "d'obtenir réparation des préjudices subis du fait de l'incendie des serveurs" de la pépite roubaisienne, peut-on lire sur le site du cabinet.

Ziegler & Associés a déjà commencé à chiffrer les pertes engendrées par cet incident. "Pour le plus petit client de ce recours, la perte représente 10 000 euros, alors qu'OVHcloud offre à peine l'équivalent de 900 euros en proposant son cloud sans frais pendant quelques mois", confie Jocelyn Ziegler au média. Ce dédommagement serait en outre la preuve qu'OVHcloud "reconnaît implicitement sa responsabilité", ajoute le juriste.

Dans les détails, la majorité des requérants ont subi "une perte de base de données". Jocelyn Ziegler cite l'exemple d'un "acteur dans le corps médical" qui "s'est retrouvé sans plus aucune information associée aux patients, depuis les pathologies jusqu'aux doses prescrites". Une autre entreprise, cette fois-ci dans le tourisme, a vu "tous les détails des réservations de ses clients disparaître : dates, types de logement réservé, etc."

L'analyse des pertes sera envoyée en mars
La procédure est loin d'être terminée. Dans les prochains jours, le cabinet va s'atteler à calculer minutieusement le montant des préjudices subis par chaque entreprise. Le chiffrage repose sur les critères suivants : le comparatif du chiffre d'affaires mensuel précédant et suivant l'incendie, le temps et le coût de récupération des données, le nombre de clients perdus, la perte de leadership sur le marché, le recours à un autre hébergeur à la suite de l'incendie et l'analyse de la jurisprudence.

Ces estimations seront envoyées à OVHcloud en mars 2022, précise le cabinet au média. Puis une phase de discussion s'ouvrira entre la société et les victimes lors de laquelle un accord à l'amiable pourra être trouvé. Il est difficile de savoir si les deux parties réussiront à se mettre d'accord car OVHcloud pourra faire valoir un cas de force majeure afin d'éviter le paiement de dommages et intérêts.

Le cas de force majeure ne tient pas, d'après les avocats
Or, cette ligne de défense ne tient pas, d'après Jocelyn Ziegler. "L'événement était prévisible compte tenu de la conception du site", argue-t-il. "Il aurait même pu être évité ou amoindri, par exemple si un système d'extinction automatique avait été installé et si les sauvegardes optionnelles n'avaient pas été réalisées sur le même data center", poursuit-il. Si la négociation n'aboutit pas, la procédure sera portée devant le tribunal de commerce.

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