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A la traîne dans la "Sports Tech", la France accélère en vue des JO de Paris en 2024

Analyse La France a pris du retard dans l’exploitation des données en matière de sport. L’écosystème numérique se développe néanmoins, et les ambitions sont grandes alors que les Jeux olympiques de Paris 2024 se profilent à l’horizon. Objectif tricolore, dans un contexte européen : égaler, à terme, les Anglo-Saxons dans le domaine de la "Sports Tech".
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A la traîne dans la Sports Tech, la France accélère en vue des JO de Paris en 2024
A la traîne dans la "Sports Tech", la France accélère en vue des JO de Paris en 2024 © Comité Paris 2024

La France attire les grands événements sportifs. Coupe du monde féminine de football en 2019, coupe du monde masculine de rugby en 2023… et Jeux olympiques d'été en 2024, bien sûr. Pourtant, les start-up de la "Sports Tech" ont eu du mal à prendre leur essor au sein de l’écosystème numérique tricolore. "La faute à un manque de données disponibles", explique à L’Usine Digitale Arthur Leroy, doctorant à l’université Paris-Descartes et à l’Institut national du sport, de l’expertise et de la performance (Insep). La faute aussi à une culture sportive dans laquelle la technologie n'a toujours pas trouvé sa place.

 

la "sports tech" EN PLEINE EXPANSION

Mais à quoi cette absence de donnée est-elle due ? "Il s’agit davantage d’un problème d’ordre technique que législatif", estime Arthur Leroy, qui élabore actuellement une thèse au sujet de l’apprentissage statistique appliqué au sport de haut niveau. En clair, la France ne compterait pas assez d’informaticiens pour compiler des données de matches ou autres performances sportives. Cela l’aurait conduite à encaisser un retard important, face à des pays anglo-saxons qui en ont pris le tournant dès le début des années 1990.


Pour autant, les clubs sportifs français, qui y voient un intérêt économique, se saisissent de plus en plus de la data. Le Paris Saint-Germain, en partenariat avec l’Ecole polytechnique, a par exemple organisé un hackathon au printemps 2019 dans le but de recruter un analyste. L’écosystème numérique tricolore, porté par ces grandes compétitions à venir, tend à s’emparer de la thématique. Le tournoi de tennis de Roland-Garros a entamé sa mue digitale, au travers d'un partenariat avec Infosys. La communauté French Tech Grand Reims cherche, entre autres, à développer la filière. Selon SportsTechX, les villes de Paris et de Montpellier ont concentré une grande partie des investissements dans le domaine en 2018, avec 16,5 et 12,3 millions d’euros respectivement.


Ces sommes, qui demeurent bien en-deçà d’autres mastodontes européens tels que Londres (99,5 M€) et Munich (63,5 M€) notamment, sont encourageantes. "L’objectif des Jeux olympiques de 2024 à Paris me paraît un peu juste pour rattraper notre retard, souligne Arthur Leroy, qui suggère la possibilité d’un recueil automatique de données via les licences sportives. Mais le travail en cours portera certainement ses fruits à long terme, par exemple à Los Angeles en 2028." En Europe, les investissements ont progressé de 27,4 % entre 2017 et 2018 (285,6 contre 363,9 M€). De quoi présager, à terme, un rééquilibrage avec les Etats-Unis.

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