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À Montpellier, France Digitale écoute les difficultés des entrepreneurs et cherche la licorne de demain

La 2e édition du concours "Tour de France Digitale" a démarré le 6 avril à Montpellier. Une dizaine de start-up de Montpellier, de Toulouse, Bordeaux et Paris, ont présenté leurs jeunes sociétés devant le jury d’investisseurs. Le Tour de France Digitale veut "dénicher LA start-up de demain" et remettra 1,5 million d’euros à la gagnante le 30 juin prochain, à Paris. Sa deuxième étape aura pour cadre Rennes le 22 avril.
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À Montpellier, France Digitale écoute les difficultés des entrepreneurs et cherche la licorne de demain
À Montpellier, France Digitale écoute les difficultés des entrepreneurs et cherche la licorne de demain © Ooshot

C’est à Montpellier que l’association France Digitale (700 start-up et investisseurs du numérique) a réalisé ce 6 avril la première étape de son deuxième "Tour de France Digitale". En un an, ce concours national de start-up dont L’Usine Digitale est partenaire, a triplé sa dotation : le lauréat obtiendra 1,5 million d’euros (le lauréat 2015, Cubyn, a remporté 500 000 euros).

 

1 million sera apporté par les investisseurs 360 Capital Partners, Partech Ventures, Breega Capital, Thierry Petit (Showroomprivé.com) et Olivier Mathiot (PriceMinister-groupe Rakuten) auquel s'ajoutera un prêt d’amorçage de 500 000 euros de Bpifrance. Avec une telle carotte, les candidatures ont explosé : "Nous avons reçu 500 dossiers contre 300 en 2015, confie le coprésident de France Digitale Olivier Mathiot. Nous faisons étape à Montpellier, comme l’an dernier, en raison du nombre et de la qualité des dossiers. Le numérique n’a pas de raison d’être centralisé à Paris." Le Tour de France Digitale passera par Rennes, Grenoble, Aix-en-Provence et Lille, avant de se conclure le 30 juin à Paris.

 

UNE CONSULTATION AVANT LE CONCOURS

Cette journée s'est dévisiée en deux temps, entièrement passés à la pépinière Cap Omega du Business & Innovation Centre (BIC) de la métropole de Montpellier :  une consultation publique puis les pitchs des demi-finalistes. France Digitale débute en effet une consultation nationale sur les freins à la création et à la croissance des start-up et avait invité une vingtaine d’entrepreneurs héraultais pour échanger sans tabou. L’association veut faire émerger, en "bottom up", des propositions qui seront présentées aux candidats à la présidence de la République de 2017, afin de faire du numérique un thème de campagne majeur. "Nous n’avons pas à rougir du nombre de start-up en France, mais elles ont du mal à grandir, commente Olivier Mathiot. Nous consulterons lors de chaque étape du tour de France, puis à Londres et à New York, avant d’organiser une consultation en ligne et de boucler nos propositions avant les premières primaires."

 

Les dirigeants de pépites high tech locales comme Bime, Teads, Qualtera, Computer First, Pradeo, Scimob, Private Sport Shop, Kaliop, le cluster FrenchSouth.Digital et le BIC ont participé à ce galop d’essai de la consultation. Ils ont abordé le statut du créateur ("Pôle Emploi est le plus gros business angel de France"), le couple ambition-risque, la difficulté d’accès aux financements et aux grands groupes, les inégalités entre les territoires, la formation et en particulier le coût de l’alternance, la gestion délicate de la web génération, l’importance du Crédit d’impôt recherche (CIR) ("s’il n’y a plus de CIR, il n’y a plus d’embauches") et le statut de JEI.

 

Autres préoccupations fortes : comment attirer et fidéliser salariés et hommes-clés via les BSPCE, l’actionnariat salarié et l’intéressement. Plusieurs entrepreneurs ont souligné le manque de culture du risque en France, regretté la "double peine pour les entrepreneurs en cas d’échec", "les rigidités qui ne s’adaptent pas à l’agilité des start-up", et plaidé pour davantage de souplesse des contrats de travail...

 

"QUE LE MEILLEUR GAGNE"

Avant les pitchs, deux dirigeants montpelliérains ont témoigné sur leurs expériences avec les investisseurs. Sans fard. Cédric O’Neill, de 1001Pharmacies, a réussi trois levées de fonds, la dernière de 8 millions d’euros : "J’ai parfois ressenti un certain manque de respect des investisseurs français, au contraire des anglo-saxons", a-t-il lancé. Loïc Soubeyrand (Teads), qui a négocié deux levées de 4 et 25 millions d’euros, note de son côté "des appétences plus ou moins fortes des fonds : un investisseur s’est endormi..."

 

L’après-midi a vu s’enchaîner les présentations des demi-finalistes. Parmi eux, 5 start-ups accompagnées par le BIC de Montpellier : le comparateur en ligne de logiciels Appvizer, la solution de drop-shipping entre e-commerçants Dropy, l'outil d’optimisation de revenus publicitaires pour les éditeurs de magazines en ligne d’Onfocus, un autre de collecte et d’analyse des données pour la gestion de la consommation d’énergie et d’eau développé par Sensing Labs, et le logiciel de fourniture rapide de plans 3D aux géomètres et architectes de Snapkin.

 

Deux start-ups sont venues de Toulouse : Skale, fondé par deux ex-Sigfox, travaille sur le "big data as a service" et sous Javascript tandis que SmartMe Studio a développé une solution de capture d’événements en ateliers pour l’optimisation industrielle. Basée à Bordeaux, AkerBis lance MyRadioProject, une application radio sur mobile à la programmation entièrement personnalisable via des algorithmes. Une dernière start-up est descendue de Paris : Tech’4 Team propose du yield management sur la billetterie des événements sportifs et culturels.

 

Globalement rompus à l’exercice, tous ont passé le grand oral de 10 minutes chrono devant le jury, livré leurs concepts et leurs projections, abordé leur "secret sauce" face à un public averti d’acteurs numériques. Composé d’Olivier Mathiot, des venture capitalists Laura Roguet de 360 Capital Partners, Benoit Marrel de Breega Capital et Boris Golden de Partech Ventures, ainsi que des représentants de Bpifrance, Orange et la Sncf, le jury ultra-attentif a questionné les technologies, la taille des marchés et les modèles économiques...

 

Tous ces pitchs ont été filmés par Plussh, start-up locale proposant une application mobile de captation et de streaming vidéo. Les 10 finalistes nationaux seront dévoilés le 7 juin et concourront - entièrement en anglais - à la finale du 30 juin à Paris.

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