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A Roubaix, Showroomprivé peaufine ses technologies d'e-merchandising

Une unité de Showroomprivé dédiée à la production de contenus visuels et éditoriaux est installée depuis 2015 à Roubaix. Brian Beunet, son directeur, retrace pour L'Usine Digitale le chemin d’un échantillon de son arrivée jusqu'à sa mise en vente sur la plateforme e-commerce.
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A Roubaix, Showroomprivé peaufine ses technologies d'e-merchandising
A Roubaix, Showroomprivé peaufine ses technologies d'e-merchandising © Aude Chardenon/L'Usine Digitale

Pas de stock de marchandises, mais des studios photos. Et pourtant nous sommes bien chez un e-commerçant et pas chez un professionnel de l’image. Non loin du siège de la Redoute, à Roubaix, Showroomprivé a décidé en 2015 d’installer une équipe dédiée à la production. Pas de marchandises, mais des contenus visuels et éditoriaux, c’est-à-dire l’ensemble des étapes nécessaires à la mise en vente d’un produit sur sa plateforme.

La société, créée en 2006 par Thierry Petit et David Dayan, cherchait à s’agrandir et a misé sur la cité nordiste, berceau de l’industrie textile et dont les loyers sont bien plus accessibles qu’à Paris. C'est également Roubaix qui accueille la Fondation dédiée à l'apprentissage des métiers de l'e-commerce.

Un million de visuels créés chaque année
Dans un ancien bâtiment industriel qui abrite sept autres sociétés, l’e-marchand emploie de façon directe plus de 80 personnes, auxquelles il faut ajouter les mannequins et freelances. Des équipes e-merchandising qui ont plus particulièrement la charge des catégories, décoration, meubles et sport. 600 000 références, soit 30% de l’activité de l’e-commerçant français, sont traitées chaque année par ces studios qui ont une tâche bien précise : valoriser des invendus.

Car les produits commercialisés sur Showroomprivé, deuxième site de vente événementielle en ligne en France, proviennent des stocks qui n’ont pas été écoulés par les marques. "Il faut que les visuels soient très forts, très inspirationnels", explique Brian Beunet, à la tête de cette équipe. Pour cela, il produit un million d'images chaque année. Une production qui doit nécessairement être industrialisée tout en restant qualitative.

Les produits qui arrivent à Roubaix, ce sont les échantillons. Ce sont eux qui apparaîtront sur les interfaces web et mobiles consultées chaque jour par deux millions de visiteurs. Le parcours d’un échantillon, de son arrivée à sa mise en vente sur la plateforme, est tracé. Il est identifié par code-barre et intégré aux listings, les données produits devant parfois être reformatées. "Il faut aller vite, poursuit Brian Beunet. L’échantillon fait donc l’objet d’une vue technique qui est transmise aux rédacteurs via une application mobile reliée à notre plateforme interne". Ils peuvent alors commencer à rédiger la fiche produit sans attendre que l’article soit passé par un des studios photo.

Respecter  les codes visuels de la marque
L’espace disponible a en effet permis de monter plusieurs studios où sont photographiées les références. L’un est consacré aux visuels qui figurent sur la page d’accueil de l’application, un autre à la référence en elle-même, sous toutes ses coutures. "Lorsqu’on entre dans l’application, on est dans l’univers Showroomprivé, analyse Brian Beunet. Quand on clique sur une vente, on rentre dans la marque". D’où une bonne compréhension de l’univers de celle-ci, de ses codes et exigences.

"Certaines marques sont bien connues des clients et n’ont pas besoin de visuels d’appels, expose Brian Beunet. D’autres sont peu ou pas connues, comme par exemple des marques de cosmétiques espagnoles. C’est alors à nous de donner envie aux utilisateurs d’entrer dans la vente". Si certains fournisseurs tiennent à conserver leur ADN et envoient leurs propres visuels, d’autres, comme Inditex (Mango...), choisissent de s’en remettre entièrement aux talents créatifs et artistiques de l’équipe, "qui maîtrisent leurs codes et qui valorisent les produits", ajoute Brian Beunet.

Aider les marques sur le digital
L’unité utilise également des outils de modélisation 3D, comme Blender, pour créer les visuels liés aux meubles. Elle le fait en se basant d’une part sur les photos d’un canapé, prises en studio, et d'autre part sur des échantillons de tissus du produit, qui permettent de connaître les matières et couleurs disponibles. Cela lui permet de réaliser des visuels qualitatifs et très réalistes. Un gain de temps et de ressources évident pour la catégorie mobilier.

"Nous aidons les marques à maîtriser les enjeux du digital", résume Coline Rivière, directrice RSE et Affaires publiques de Showroomprivé. L’ensemble du dispositif est contrôlé par un chargé de vente car "la moindre faute d’orthographe peut faire croire au client qu’il s’agit d’une contrefaçon". Un positionnement qui va bien au-delà de la revente des invendus, transformant progressivement la société de Saint-Denis en quasi-marketplace.

Ces différentes compétences ont amené Showroomprivé à développer sa propre activité de conseil et d’expertise, dotée d’un volet 3D, baptisée SRP Studio. Cette agence de création visuelle conçoit pour les marques des images optimisées pour l’e-commerce. D’autres projets, comme des dispositifs d’essayage virtuel, sont à l’étude. L’e-marchand a déjà incubé des start-up travaillant à la modélisation 3D au sein de sa structure dédiée, Look Forward by Showroomprivé.

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