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A Saint-Malo, 3D-Tex produit des pulls grâce un procédé entièrement digitalisé

Produire des pulls de manière digitalisée dans une logique de relocalisation, c’est le pari de 3D-Tex à Saint-Malo, qui vient de lancer sa production.
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A Saint-Malo, 3D-Tex produit des pulls grâce un procédé entièrement digitalisé
3D-Tex va passer de six à dix son parc de métiers à tricoter 3D. © 3D-Tex

Deux ans après s’être engagés dans ce projet, les trois associés de 3D-Tex ont livré, courant septembre, leurs premiers pulls. Leur particularité ? De la conception à la fabrication, tout le procédé de 3D-Tex est digitalisé. Basile Ricquier, Marc Sabardeil et Gwendal Michel, qui y réfléchissaient depuis plusieurs années, se sont lancés dans ce projet suite à une conférence sur la relocalisation et la fabrication plus vertueuse.

"Cette approche digitale est un moyen d’être performant et de répondre de manière compétitive aux exigences des donneurs d’ordres du prêt-à-porter. Et donc de rendre la fabrication française plus accessible. Notre objectif est de rivaliser, d’un point de vue tarifaire, avec les acteurs de la zone EuroMed, comme la Turquie et le Maroc", détaille Basile Ricquier, estimant le prix de vente final d’un pull de 50 à 150 euros selon les marques et les modèles.

Des machines à tricoter 3D
Pour ce faire, 3D-Tex mise clairement sur le potentiel des nouvelles technologies du développement au tricotage des produits en maille. "Pour la modélisation et la validation des produits, nous nous appuyons sur des jumeaux numériques. Cela nous permet d’être réactifs et flexibles dès l’étape de la conception."

La PME s’est dotée de métiers à tricoter 3D avec une technologie intégrale réduisant les temps de fabrication. Selon la complexité du modèle, la durée est de 20 à 80 minutes. Mais ce procédé permet surtout de fabriquer des produits sans couture. "Au-delà du confort, cela ne nécessite donc pas d’assemblage pour lequel un savoir-faire est requis." Cette technologie permet ainsi de pallier au manque criant de main d’œuvre qualifiée dans l’industrie textile.

La sublimation manuelle
Pour autant, si le développement, la mise au point et le tricotage sont réalisés via des outils et machines numérique, la confection reste elle manuelle. "La sublimation du produit, c’est-à-dire la pose d’étiquettes, le traitement, le séchage, le repassage et la mise en sachet sont réalisés par notre équipe à Saint-Malo", indique Basile Ricquier, s’inscrivant aussi dans une démarche de création d’emplois sur le territoire. En reconversion ou en recherche d’emplois, tous sont formés avec l’Institut français du textile et de l’habillement.

Une production éco-responsable
Ce procédé intégral réduit aussi considérablement les déchets de production. "Fabriquer sans couture limite les chutes aux différentes étapes de fabrication. Nous sommes à 2 % de déchets quand la moyenne des fabricants est d’environ 20 %." Ce process s’inscrit aussi dans une autre logique environnementale.

"Notre modèle flexible nous permet de proposer des réassorts rapides. Et donc aux aux marques de commander de plus petits volumes et ainsi réduire leurs stocks résiduels, les déchets et les coûts qui y sont liés", analyse Basile Ricquier. Si la société est encore rodage, elle se donne pour objectif de livrer "ses clients en mois d’un mois avec des tarifs comparables à ceux de nos concurrents de la zone Euro-Med."

De premiers contrats
A ce stade de son développement, 3D-Tex cible les acteurs de la distribution spécialisée. "Des contrats ont déjà été signés avec des marque comme Montlimart, Faguo ou TBS du groupe Eram, la DNVB Balzac ou encore Bonobo et Bréal de Beaumanoir."

Les premières livraisons ont eu lieu courant septembre, 3D-Tex ayant, avec six premiers métiers à tricoter en 3D, démarré sa production en août dans un atelier de 700 m2. "Avec 10 métiers et une montée en puissance progressive de l’outil, nous serons, dans quelques mois, sur un volume de 80 000 pièces par an." D’ici cinq ans, la PME entend fabriquer annuellement 300 000 pièces avec 30 métiers à tricoter.

2,7 millions d'euros d’investissements
En intégrant le budget dédié à la formation, l’investissement global pour lancer la production est évalué par Basile Ricquier à 2,7 millions d'euros. "Dans les mois à venir, nous allons encore investir environ 740 000 euros, dont 640 000 euros dans l’acquisition de quatre nouveaux métiers à tricoter 3D."

Avec ses co-fondateurs, la société compte aujourd’hui 19 personnes. L’effectif devrait avoisiner les 50 personnes à cinq ans. Soutenu par les collectivités locales, 3D-Tex a pu bénéficier notamment de subventions et prêts d’honneurs du réseau Entreprendre et de l’Ademe dans le cadre du fonds déchets.

"Nous avons également fait entrer, de manière minoritaire, au capital le groupe malouin Beaumanoir. Ces différents soutiens ont permis un effet levier sur des financements bancaires", précise Basile Ricquier. Avec une montée en charge progressive de l’activité, 3D-Tex table sur un chiffre d’affaires de 2 millions d'euros à horizon 2023. 6 millions d'euros sont visés à horizon cinq ans avec 30 machines à tricoter.

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