Actualité web & High tech sur Usine Digitale

Recevez chaque jour toute l'actualité du numérique

x

A Seattle, les chauffeurs de VTC bientôt autorisés à se syndiquer, malgré le recours d'Uber

[ACTUALISE] A Seattle, les chauffeurs de VTC pourront désormais se syndiquer, a décidé le conseil municipal. Une première aux Etats-Unis et une nouvelle remise en cause du modèle économique d’Uber.

mis à jour le 22 mars 2017 à 10H49
Twitter Facebook Linkedin Flipboard Email
×

A Seattle, les chauffeurs de VTC bientôt autorisés à se syndiquer, malgré le recours d'Uber
A Seattle, les chauffeurs de VTC bientôt autorisés à se syndiquer, malgré le recours d'Uber © Libre de droits

Actualisation du 22 mars 2017 : Uber a tenté de casser la décision du conseil municipal de Seatle autorisant certains chauffeurs à se regrouper en syndicats... mais sans succès. Un juge de Washington a rejeté le recours du géant américain des VTC, selon Reuters.  Mais deux autres recours doivent encore être examinés par les tribunaux.

 

C’est une nouvelle épine dans le pied des dirigeants d’Uber. Les quelque 10 000 chauffeurs de VTC opérant dans les rues de Seattle (et qui utilisent les plates-formes Uber et Lyft) peuvent désormais se syndiquer, a décidé lundi 14 décembre le Conseil municipal de la plus grosse ville de l’Etat de Washington. Une première aux Etats-Unis.

 

Un texte déposé “par nécessité”

Des chauffeurs gagnent moins que le salaire minimum, explique Mike O’Brien, membre du Conseil municipal de Seattle dans un communiqué. Et c’est parce que “des compagnies comme Uber font la sourde oreille” que la proposition - une première en son genre - a été votée. Le texte a été déposé “par nécessité”, explique-t-il. Le modèle Uber “sape les efforts” de la ville de Seattle concernant les inégalités salariales et l’opportunité pour chacun d’avoir un salaire décent, insiste-t-on dans le texte annonçant le vote à l’unanimité de la proposition de loi.

 

Le maire de Seattle mécontent

La décision du Conseil municipal de Seattle, ville plutôt progressiste en terme de droits des travailleurs - le salaire minimum horaire y passe actuellement progressivement de 11 à 15 dollars - pourrait faire des émules. Elle pose cependant de nombreuses questions légales et risque d’être contestée au titre de lois fédérales ou propres à la Californie, où est implantée Uber. Le maire de Seattle a lui-même manifesté son mécontentement, quelques heures après le vote. Bien qu’en accord avec le fond du projet de loi, il regrette que les coûts liés à un tel syndicat pèsent sur la ville, rapporte le site d’informations locales MyNorthwest.com. Ce qui n’empêchera pas la loi de passer.

 

“Carrément illégal”, dit-on chez Uber

Du côté d’Uber, le discours reste le même : la firme de San Francisco offre des opportunités économiques aux travailleurs américains grâce à la flexibilité qui est offerte aux chauffeurs utilisant la plate-forme. Et l’argument légal est sans cesse brandi. Début décembre, David Plouffe, conseiller en chef d’Uber et ancien conseiller au président Barack Obama, avait qualifié la proposition de “carrément illégale.” Une réthorique que l’on retrouve dans toutes les actions en justice dont Uber fait l’objet. Attaquée sur son propre terrain, à San Francisco, la start-up désormais valorisée à plus de 60 milliards de dollars continue par exemple de contester la légalité des décisions prises par le juge Edward Chen, au tribunal fédéral californien de San Francisco. Le procès en question, initié par d’anciens chauffeurs réclamant le statut de salariés et ouvrant la voie à un recours collectif (class action), risque ainsi de traîner sur plusieurs années. 

 

Modification des conditions générales

Et Uber reste ferme sur sa position. Pour s’éviter de nouveaux procès, la start-up a d’ailleurs tout bonnement ajouté une clause à ses conditions générales imposant à ses utilisateurs américains de s’engager à ne pas la poursuivre en justice. Une modification qui donnera à la firme californienne un argument supplémentaire dans sa défense lors de futures actions en justice. Mais dont la validité reste contestable.

Réagir

* Les commentaires postés sur L’Usine Digitale font l’objet d’une modération par l’équipe éditoriale.

 
media
Suivez-nous Suivre l'Usine Digitale sur twitter Suivre l'Usine Digitale sur facebook Suivre l'Usine Digitale sur Linked In RSS Usine Digitale