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A Shanghai, AiFi inaugure un supermarché automatisé et exclusivement basé sur la vision par ordinateur

Photo Reposant exclusivement sur des technologies de vision par ordinateur, le nouveau magasin autonome d'AiFi porte à quatre le nombre d'établissements opérés par la start-up californienne à Shanghai. Une accélération qui témoigne des ambitions du concurrent d’Amazon Go, avec l’ouverture de plus de 330 magasins prévus en 2021.
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A Shanghai, AiFi inaugure un supermarché automatisé et exclusivement basé sur la vision par ordinateur
A Shanghai, AiFi inaugure un supermarché automatisé et exclusivement basé sur la vision par ordinateur © AiFi

La start-up américaine AiFi a annoncé l’ouverture, mardi 8 décembre, d’un nouveau magasin automatisé à Shanghai. Il porte à quatre le nombre de magasins autonomes opéré par AiFi dans la ville chinoise, et est le plus vaste d'entre eux à date, avec une surface de plus de 3700 m².

Il s’agit également, pour la start-up de Santa Clara, "du plus grand magasin hybride" autonome reposant exclusivement sur des technologies de vision par ordinateur. Un parti-pris différent de la solution Just Walk Out d’Amazon, qui combine computer vision et capteurs qui permettent de détecter automatiquement les produits saisis en rayons.

Un supermarché hybride
Pour AiFi, cette technologie est "rentable et facile à déployer tout en offrant les normes les plus élevées du marché en matière de suivi et de précision des achats". La solution identifie 99% des produits en temps réel, selon la société californienne.

Dans le détail, ce supermarché propose 2 000 références – produits frais, encas, épicerie et boissons – que le client peut acheter après s’être identifié par l’application Ai-Fi ou carte bancaire, ce dernier point étant un avantage indéniable pour attirer des clients qui ne souhaitent pas télécharger d'application. L'offre, mais aussi la taille, évoquent Amazon Grocery, le nouveau supermarché lancé cette année aux Etats-Unis par la firme de Jeff Bezos.


 


La technologie de vision par ordinateur suit le comportement d'achat et les articles que les clients sélectionnent ou replacent en rayon. Le paiement automatique est disponible 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. Le client reçoit sa facture quasiment instantanément après être sorti.

Maintien d'un poste d'encaissement classique
A noter que le magasin est doté d’une caisse traditionnelle. AiFi souhaite peut-être se prémunir d’une critique largement formulée à l’encontre d’Amazon à l’ouverture du premier Amazon Go. En supprimant l’ensemble du personnel de caisse et surtout le paiement en espèces, le géant américain s’était attiré des foudres de nombreux observateurs qui lui reprochaient d’exclure les personnes non bancarisées. La situation est néanmoins différente en Chine, où la grande majorité des citadins paient avec leur smartphone. D’ailleurs, les autres boutiques autonomes de Shanghai acceptent le paiement via WeChat, l'application de paiement mobile la plus répandue dans le pays.

Le maintien d’un poste d’encaissement classique tend davantage à rassurer les retailers traditionnels qui voient dans ce modèle une solution à implémenter progressivement dans un magasin existant. AiFi affirme que sa solution de technologie de vision par ordinateur peut être déployée en cinq jours pour un magasin compatible, et ce sans interruption de l'activité.

Carrefour et Albert Heijn séduits
Autre point de différenciation avec la firme de Seattle, l’identité des utilisateurs n’est pas analysée, puisque le magasin n’utilise aucun dispositif de reconnaissance faciale ni de données biométriques. "Nous sommes également entièrement conformes au RGPD et au CCPA [California Consumer Privacy Act, ndlr], de sorte qu'aucune information personnelle du client n'est divulguée", insiste Steve Gu, PDG et cofondateur d'AiFi. La start-up semble vouloir montrer sa différence vis-à-vis des enseignes, se positionnant comme un simple partenaire technologique. Amazon, qui tente également de commercialiser sa solution, a dû mal à convaincre les grands retailers qui le perçoivent plus que jamais comme leur concurrent le plus dangereux.

AiFi a convaincu cinq enseignes américaines, ainsi que les Européens Carrefour, Albert Heijn (avec l’ouverture d’une boutique à l'aéroport de Schiphol d'Amsterdam) et Zabka (Pologne), et enfin un réseau de magasins en Australie. Elle vise l’ouverture de plus de 330 magasins en 2021, dont plus d'une douzaine seront inaugurés dès le début de l’année prochaine. La société se concentre notamment sur les magasins adossés aux stations essences (comme Loop Neighborhood aux Etats-Unis) et les supermarchés. Pour financer ses déploiements, elle a levé en octobre 15 millions de dollars, en partie financés par Qualcomm Ventures, le fonds d’investissement du concepteur de puces électroniques.

Premiers magasins autonomes en France
La pandémie de Covid-19 et les règles de distanciation sociale ont provoqué une émulation sans précédent des solutions de commerce sans contact. Les magasins autonomes en sont l’illustration la plus aboutie en supprimant l’ensemble des interactions entre un client et un membre du personnel d’un magasin. L’encaissement automatique permet par ailleurs de supprimer les files d’attente, autre point de friction que la crise sanitaire a mis en exergue.

La croissance de la demande pour les magasins autonomes se note dans de nombreux pays, y compris la France. D’ailleurs, AiFi est le partenaire de Carrefour, qui teste à son siège de son concept autonome, baptisé NanoStore, et dont l’accès est réservé aux employés. Le groupe Casino fait de même avec Black Box, tandis que des start-up comme Storelift et Belive se positionnent sur le sujet, le premier proposant un container clé-en-main, le second des solutions logicielles.

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