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A Station F, Vente-privée multiplie les essais technos

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Depuis l'été dernier, Vente-Privée a installé son accélérateur de start-up à Station F. La structure vient d'accueillir les membres de sa deuxième promotion. Sur place, elles expérimentent de nouvelles technologies autour du paiement, de la donnée produit, de la recommandation et des collections de mode. Rencontres. 

A Station F, Vente-privée multiplie les essais technos
A Station F, Vente-privée multiplie les essais technos © Juliette Raynal pour L'Usine Digitale

Pépite de l'économie numérique française, Vente-privée est née… il y a déjà 16 ans ! L'e-commerçant en excellente forme (3 milliards d'euros de volume d'affaires en 2016, en hausse de 50% par rapport à 2015) mais en perte d'agilité, se trouve confronté à une forme d'inertie au sein de ses processus d'innovation. D'où le lancement, en janvier 2017, de son accélérateur Impulse. "A l’ère du digital, la compétition ne se fait plus entre les petits et les gros acteurs mais entre les lents et les rapides", expliquait alors le pure player.

 

 

Générer de la crédibilité... et de la croissance

La première promotion de start-up a été dévoilée en mars dernier. Il s'agissait de répondre à des points de friction très précis : livraison, personnalisation de l'expérience, recommandation de taille et assistant shopping. Environ 120 collaborateurs de Vente Privée avaient collaboré avec les cinq start-up. La moitié des projets pourraient déboucher sur une industrialisation ou un partenariat, mais le sort des jeunes pousses sera acté en janvier prochain à l'occasion d'un comité d'investissement présidé par Jacques-Antoine Granjon, où les investissements financiers feront partie des scénarios possibles. 
Pour se distinguer des autres accélérateurs et attirer les start-up, l'e-commerçant a décidé de se concentrer sur les tests technologiques. Pendant neuf mois, les jeunes pousses sélectionnées ont la possibilité d'éprouver leur solution sur l'écosystème de Vente-privée. Un moyen pour elles de générer de la crédibilité... et donc potentiellement de la croissance. De l'autre côté, l'entreprise de Jacques-Antoine Granjon est transparente et pragmatique : elle cherche des solutions à ses problématiques.

 

 

Fraîchement constituée, la deuxième promotion a directement rejoint Station F où Impulse s'est installé dès l'été dernier. Les quatre start-up disposent gratuitement de postes permanents, mais ne sont pas obligées de les occuper à plein temps. "Nous voulons leur laisser du temps à côté pour qu'elles puissent continuer leur activité. Nous n'avons pas d'exclusivité. Les start-up peuvent nouer des partenariats avec d'autres entreprises. L'idée à Station F est qu'elles puissent facilement interagir avec les bonnes personnes", explique Vente-privée. 

 

Optimiser les paiements avec Processout

Sur place, la start-up ProcessOut planche sur sa solution dédiée au paiement. "Notre solution permet d'augmenter le volume de transactions autorisées par l'e-commerçant tout en optimisant le coût par transaction", résume Cyril Chemla, cofondateur de la start-up. Connectée à des infrastructures de paiement, ProcessOut analyse des batteries de paramètres en temps réel et dirige de manière automatique la transaction vers le prestataire de paiement le plus adapté.

 

Lancée en janvier 2017, la solution est déjà utilisée par une centaine de clients. "Vente-privée nous offre une vitrine, cela nous permet de débuter des collaborations avec d'autres entreprises", explique Grégoire Delpit, l'autre cofondateur. Outre cette dimension business, la jeune pousse entend profiter du solide environnement technique de Vente-privée pour muscler l'infrastructure de sa solution. "Nous gérons des millions de transactions par mois et nous comptons multiplier ce volume par 10 ou 20 dans les mois à venir", annonce Grégoire Delpit.

 

 

 

Les équipes de ProcessOut

 

Reinventer les Recommandations avec Guesswork

L'e-commerçant travaille aussi étroitement avec Mani Doraisamy, fondateur de la start-up indienne GuessWork à l'origine d'un outil de recommandation. "Alors que la plupart des entreprises proposent des modules de recommandation de produit à partir de l'historique d'achat de l'internaute, notre solution s'en affranchit", expose l'entrepreneur. Le dispositif s'appuie sur des données externes pour comprendre comment l'internaute est arrivé sur le site marchand, si c'est via une campagne publicitaire pour des chaussures ou pour un t-shirt, par exemple. En fonction de ce genre d'information, tel ou tel produit du catalogue du site marchand sera mis en avant.

 

La technologie de GuessWork est aujourd'hui utilisée par une douzaine d'entreprises dont les Galeries Lafayette. La start-up mise sur sa collaboration avec Vente-privée pour percer davantage sur le marché français. "Nos marchés cibles sont tous les pays où le paysage du e-commerce est fragmenté avec de nombreux acteurs. La France est un marché beaucoup plus intéressant pour nous que les Etats-UnisAmazon est largement dominant", explique Mani Doraisamy.

 

 

 

Mani Doraisamy, le fondateur de la start-up GuessWork

 

Automatiser le traitement d'images avec Daco 

De son côté, Paul Mouginot mixe mode et mathématiques. Sa start-up Daco a été sélectionnée pour sa technologie de vision par ordinateur qui permet aux marques de mode d'étudier de manière constante leur environnement concurrentiel afin de mieux orienter leur offre et leur stratégie de prix. "Jusqu'à présent, cette étude s'effectuait à la main et souvent en catastrophe. Cela a énormément de valeur d'avoir cette connaissance tout au long de l'année, mais identifier tous les produits comparables à la main prend un temps fou. Notre technologie permet d'automatiser cette démarche. Elle permet de classer les images dans des catégories très fines pour que nous puissions ensuite faire une analyse", explique l'entrepreneur.

 

A titre d'exemple, la technologie permet de traiter deux millions d'images par mois pour les Galeries Lafayette. "Avant, il me fallait un après-midi pour traiter 3000 images, aujourd'hui notre outil le fait en 15 secondes avec le même niveau de raffinement", calcule Paul Mouginot. Pour atteindre cette performance, Daco se concentre sur l'apprentissage par renforcement de son moteur d'intelligence artificielle. Vente-privée pourrait utiliser cette technologie pour l'affichage des prix recommandés ou pour changer d'angle d'attaque en proposant une approche par catégorie de produits et non plus uniquement par marque.

 

 

 

Paul Mouginot, cofondateur de Daco

 

Harmoniser les données avec Scalia

Dernière start-up du deuxième cru, Scalia a développé un middleware qui permet de connecter les bases de données entre elles. "C'est un outil de collaboration pour les distributeurs et les fournisseurs car il permet d'homogénéiser la donnée produit", expose Lancelot Salavert, le CEO. Très concrètement, la technologie qui s'appuie sur de l'apprentissage automatique permet de comprendre que la référence "émeraude" ou "sapin" dans une fiche produit correspond à la couleur verte. La jeune entreprise, fondée en septembre 2016, espère compter une vingtaine de clients en juin prochain et atteindre la barre des 60 d'ici un an. Si les résultats sont au rendez-vous, Vente-Privée aura bien joué son rôle accélérateur. 

 

 

 

Lancelot Salavert, CEO de Scalia

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