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A Toulouse, La Mêlée fait aussi "pitcher" les grands groupes

Pour sa 15ème édition, le salon de La Mêlée Numérique a choisi de voir tout en plus grand, avec une opération remarquée : un "Very Big Meet the Big" durant lequel des grands groupes devaient pitcher devant des start-up.
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A Toulouse, La Mêlée fait aussi pitcher les grands groupes
A Toulouse, La Mêlée fait aussi "pitcher" les grands groupes

La recette côté start-up est déjà bien rôdée : présenter en 2 minutes chrono son projet et ses attentes face à un public de financeurs et de grands acheteurs. En revanche, l’inverse est moins courant. Et c’est toute l’originalité de l’opération organisée par l’association toulousaine La Mêlée (plus de 600 adhérents), spécialiste du réseautage, qui aime à se définir elle-même comme "le hub de l’économie numérique" en Midi-Pyrénées. La formule, baptisée "Meet The Big" avait déjà été testée en avril, avec une première session de rencontres entre des grands groupes (La Poste, la SNCF et Esri France) et une quinzaine de start-up.

 

Que Du beau monde

 

"Pour cette seconde édition, nous avons voulu passer à la vitesse supérieure", précise Edouard Forzy, co-président de La Mêlée. Dans les faits, cela s’est traduit par un "Very Big Meet The Big", organisé sur deux demi-journées bien remplies, l’une réservée aux "big" et l’autre aux start-up. Jeudi 25 juin dans l'après-midi, pas moins d’une vingtaine de grands comptes se sont prêtés au jeu du pitch.

 

Pour eux, les organisateurs ont été plus cléments que pour les start-up : chacun a eu droit à trois minutes au lieu de deux. Quelques habitués de l’open innovation (Orange, ERDF, la biscuiterie Poult), des sociétés d’ingénierie (Altran et CGI), mais aussi la SNCF, La Poste, Bouygues, et des poids lourds de l’économie régionale (Airbus, Météo France et Thales Alenia Space), et des entreprises moins attendues sur ce type d’exercice (Berger-Levrault, la Banque Populaire Occitane, Mazars, Pierre Fabre et La Dépêche du Midi) se sont succédés sur scène.

 

Trois minutes pour convaincre et surtout pour inciter les start-up à se rapprocher d’eux. "Comme si se rapprocher des start-up allait d’un coup de baguette magique leur donner une nouvelle jeunesse", souligne un entrepreneur qui préfère rester anonyme parce qu'il doit pitcher à son tour dans la session du lendemain, celle réservée aux start-up.

 

Très vite la sauce prend. Car si les start-up espèrent pour la plupart pouvoir s'appuyer sur un grand groupe pour décoller, les grands groupes sont tous à la recherche de nouvelles solutions pour booster leur innovation et accélérer leur digitalisation. "La Poste subit depuis plusieurs années un recul de 5% par an du volume du courrier adressé, son activité historique. Nous devons trouver très vite des relais de croissance et nous attendons beaucoup des partenariats externes. Pour cela nous avons retenus trois axes prioritaires : le BtoB numérique, les services de proximité ou la sécurité numérique", n’hésite pas à souligner d’emblée Hughes Hansen, directeur général de Startinpost (l’accélérateur industriel du groupe La Poste).

 

"On va hacker la banque"

 

Et chacun de proposer son offre. Les solutions d’accompagnement, d’accélérateur, de financements, de sites d’expérimentation, défilent à grande vitesse toute l’après-midi. Avec pour chacun sa recette spécifique. Chez Airbus, le Bizlab associe des projets en interne, portés par des salariés du groupe et des projets externes, sélectionnés sur appels à projets. A la SNCF, pas d’accélérateur, mais "une approche utilisatrice". Elle recherche des compétences en externe (via un grand concours national, le Challenge Digital) et propose de tester des solutions sur des sites pilotes avant de décider un déploiement à grande échelle. Chez ERDF, c’est un concours d’innovation (Techniciens 3.0) qui a été lancé dernièrement en direction des startups et PME du Sud-Ouest autour du métier du technicien à l’horizon 2030.

 

De son côté, Philippe Chanez, le responsable innovation de la Banque Populaire Occitane, crée volontairement la surprise en lâchant la formule "on va hacker la banque", annonçant ainsi l’organisation prochaine d’un hackathon, en partenariat avec La Mêlée et le Laboratoire des usages : un marathon de l’innovation pour imaginer l’agence bancaire de demain.

 

Toutefois, le Very Big Meet The Big a aussi montré ses limites. Pour certains chefs d’entreprise, dégager deux demi-journées complètes pour assister à ces présentations reste un exercice chronophage. Pas facile non plus de maintenir l’attention du public, malgré les efforts des organisateurs qui sont allés jusqu’à organiser un jeu-concours en live, pour établir le palmarès des meilleurs "pitcheurs". Les votes se faisaient... grâce à une solution numérique, développée par la start-up toulousaine MyFeelBack.

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