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A Vincennes, la RATP rallonge en milieu urbain le parcours des navettes autonomes

La RATP renforce son expérimentation de navette autonome à Vincennes. Deux véhicules EasyMile côtoient une navette Navya sur un trajet de 6 kilomètres qui entre désormais au sein même de la zone urbaine de Vincennes. De façon plus globale, la RATP entend poursuivre ses expérimentations dans le domaine des véhicules autonomes en testant notamment un bus autonome sur la ligne 393 située dans le Val-de-Marne.
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A Vincennes, la RATP rallonge en milieu urbain le parcours des navettes autonomes
Une navette autonome EasyMile devant la mairie de Vincennes. © Léna Corot

Si l'expérimentation de navettes autonomes à La Défense s'est arrêtée, celle de Vincennes se poursuit et s'agrandit. La RATP a annoncé mardi 2 mars 2021 rallonger en zone urbaine le parcours réalisé par ces véhicules autonomes qui vont désormais desservir 8 arrêts entre la Porte Jaune et la Mairie de Vincennes. Les navettes EasyMile et Navya vont aussi voir leur vitesse augmenter pour s'établir à 20 km/h, contre 10 à 15 km/h auparavant.

Des feux communiquant
Ce projet a débuté en novembre 2017 avec une navette autonome circulant entre le Château de Vincennes et le Parc Floral sur une voie séparée. Puis, progressivement le parcours a été complété et les navettes traversent désormais un "environnement bois" et un "environnement ville".

Les véhicules franchissent différentes intersections, dont une assez fréquentée, sur ce trajet de 6 kilomètres. Trois antennes permettant de communiquer avec les feux de circulation et d'envoyer des informations aux navettes approchant ont été ajoutées. Le but est de fluidifier la circulation et "d'étudier l'apport de l'infrastructure connectée pour les véhicules autonomes circulant en milieu urbain", ajoute Marie-Claude Dupuis, directrice stratégie innovation et développement du Groupe.

Appréhender le sujet de l'interopérabilité
Sur cette expérimentation de Vincennes, des questions d'interopérabilité se posent puisque deux navettes EasyMile côtoient une navette Navya. Une première problématique consiste à faire vivre sur un même parcours des navettes qui n'ont pas forcément le même set de capteurs et la même façon de fonctionner. Derrière ce sujet : des enjeux de programmation. Les fournisseurs des navettes doivent prendre en compte ces différences afin d'arriver au même niveau de performance et de normaliser les processus de mise en service.

La seconde problématique, liée au système de management de la flotte, est supportée par la RATP. Ici, il convient de normaliser la remontée des données et leur consignation pour pouvoir gérer au mieux ces différents véhicules. Ces questions d'interopérabilité sont aussi étudiées par Keolis à Rennes mais sur un trajet moins complexe. Ces sujets autour de l'interopérabilité devraient continuer à être soulevés dans les années à venir puisque la RATP compte poursuivre ses expérimentations dans le domaine du véhicule autonome.

Un projet de bus autonome
Depuis quatre ans, le groupe RATP a mené une quinzaine d'expérimentations avec des navettes autonomes ayant transportés plus de 100 000 passagers. L'opérateur ne compte pas s'arrêter là puisqu'un de ses projets à venir concerne le bus autonome. Sur ce sujet, la RATP s'est rapproché  de l'entreprise chinoise China Railway Signal and Communication Corp. (CRSC).

Cette dernière lui a fourni un bus autonome, qui est actuellement testé en milieu fermé avant d'être progressivement mis en service à l'été 2021 sur la ligne 393 dans le Val de Marne. Dans un premier temps, le bus ne prendra pas de passager et circulera de nuit. Puis, il circulera de jour. Et, dans un dernier temps seulement, des passagers pourront monter à bord. La RATP souhaite "insérer dans le cycle de bus classique ce bus autonome afin de voir si cette technologie permet de gagner en performance", résume Marie-Claude Dupuis.

La ligne 393 est une ligne péri-urbaine en site propre et empruntée par beaucoup de passagers. Elle relie le carrefour de la Résistance à Thiais à la gare de Sucy-Bonneuil et dessert une vingtaine de stations réparties sur près de douze kilomètres. Le but avec ce bus autonome est donc de pouvoir "atteindre des vitesses assez importantes", affirme Marie-Claude Dupuis. Une consultation devrait aussi être lancée d'ici l'été par la RATP afin de mobiliser toute la filière française et européenne autour des bus autonomes.

Toujours en discussion avec Mobileye
Avec la mairie de Paris, l'opérateur travaille sur "un prochain projet qui est celui des trois gares : gare d'Austerlitz, de Bercy et gare de Lyon", déclare Catherine Guillouard, PDG du Groupe RATP. L'objectif étant de relier en navette autonome ces trois gares. "Ce sera un autre constructeur qui nous accompagnera", glisse-t-elle.

Toutefois, le projet de véhicules autonomes équipés de la technologie de Mobileye et circulant dans les rues de Paris est en stand bye. L'Israélien, racheté par Intel, semble peu ouvert sur le partage des données. Or, la RATP en tant qu'opérateur de transport a besoin d'accéder à ses informations pour assurer la sécurité. Pour le projet de Paris2Connect, la RATP devrait donc se tourner vers une autre société. Et pour le projet à St-Rémy-les-Chevreuse, ce sont des navettes autonomes conçues par la start-up française Milla qui seront en circulation.

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