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Aéroports : la sûreté à tout prix

Plus de passagers et de bagages à contrôler, de menaces à détecter… Les technologies et les processus de sécurité s’améliorent.

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Aéroports : la sûreté à tout prix
Aéroports : la sûreté à tout prix

Files d’attente à rallonge avant de passer par les portiques de sécurité, sortie systématique des liquides et de l’ordinateur portable du bagage, obligation d’ôter ses chaussures et sa ceinture, palpation par l’agent de sécurité… Pour les voyageurs pressés de prendre leur avion, le passage au poste d’inspection et de filtrage est souvent le même : un peu stressant, parfois pénible, toujours trop long alors que l’heure d’embarquement approche. Avec la vérification des bagages de soute, ces check points sont un point névralgique de la sécurité des aéroports. Et pas question de baisser la garde. Au contraire. Dès septembre, une nouvelle réglementation de l’Union européenne imposera un test de détection des traces d’explosifs sur les passagers.

Le traumatisme des attentats du 11-Septembre n’est pas effacé. Et les diverses tentatives survenues depuis ont agi comme autant de piqûres de rappel. Année après année, il y a toujours plus de pays à afficher des exigences plus grandes en matière de sûreté aéroportuaire. Les coûts générés sont au diapason. Les aéroports français à eux seuls vont dépenser cette année près de 770 millions d’euros, contre 670 millions d’euros en 2012. Ils emploient environ 8 000 agents de sécurité, contre 3 000 en 2001. "La sûreté coûte de plus en plus cher. Les aéroports y consacrent entre 15 et 40 % de leur chiffre d’affaires", précise Bertrand Eberhard, adjoint au délégué général de l’Union des aéroports français.

Pour arrêter cette inflation, il faut repenser la sécurité aéroportuaire. L’aéroport d’Amsterdam-Schiphol aux Pays-Bas, qui se situe au quatrième rang européen avec ses 52,5 millions de passagers, fait figure de pionnier. Dans les semaines qui viennent, il va réorganiser son aérogare. Les multiples postes d’inspection et de filtrage présents à chaque porte d’embarquement ont été supprimés et remplacés par un check point centralisé pour l’ensemble des vols à destination des pays n’appartenant pas à l’espace Schengen (États-Unis, Royaume-Uni…). Les images des scanners (corporels et de bagages à main) sont transférées à des opérateurs installés dans une salle à distance. Une mise à l’écart qui présente un double intérêt. Pratique tout d’abord : loin des passagers, les opérateurs sont davantage concentrés sur leur tâche. Économique également : un même opérateur peut gérer les images provenant de plusieurs scanners et plus seulement de la ligne à laquelle il était physiquement rattaché.

Des technologies biométriques ultrarapides

La France n’est pas en reste. La Direction générale de l’aviation civile (DGAC) a autorisé les grands aéroports (Paris, Lyon, Nice…) à mener des expérimentations dans le cadre du programme Vision Sûreté. "L’objectif est d’élever le niveau de la sûreté tout en la rendant la moins contraignante pour les passagers et acceptable en termes de coûts", explique Éric Plaisant, sous-directeur de la sûreté et de la défense à la DGAC. Lyon-Saint-Exupéry va ainsi tester deux équipements prometteurs : un scanner corporel à ondes millimétriques, qui détecte les armes et les explosifs cachés sous les vêtements, et un appareil qui repère dans les bagages de cabine les explosifs liquides sans avoir à les séparer des appareils électroniques. Avec ces dispositifs, plus besoin de sortir les ordinateurs des bagages ou de se déchausser ! Ces tests serviront aussi à comparer les technologies et leurs coûts. "L’évolution des technologies est telle qu’il faut viser un retour sur investissement d’environ cinq ans", avertit Thierry Duluc, le responsable service escale à Toulouse-Blagnac.

L’américain Smiths Detection, leader mondial des scanners à rayons X, et le canadien Optosecurity ont conjugué leur offre pour améliorer la détection des explosifs liquides. Le suédois Gunnebo a développé pour Hambourg "un couloir d’embarquement rapide" équipé d’un lecteur qui lit automatiquement le billet des passagers et le compare avec la base de données des vols. Morpho, filiale de Safran, développe également des technologies tous azimuts, notamment pour les postes de contrôle d’identité aux frontières. Après avoir vendu un système fondé sur la reconnaissance faciale aux aéroports d’Australie et de Nouvelle-Zélande dans les années 2000, l’entreprise s’impose sur les technologies biométriques ultrarapides. Cinq aéroports des Émirats arabes unis vont déployer ces systèmes de reconnaissance d’empreintes digitales dernier cri. Grâce à un simple passage de la main au-dessus du capteur, une seconde suffit pour identifier le passager. Ils vont aussi déployer des bornes d’identification par l’iris, qui reconnaissent un voyageur en moins d’une seconde. "Les performances d’identification de dix empreintes digitales sont comparables avec celles de deux iris. Notre système peut distinguer les vrais jumeaux", explique Pierre Bonjour qui anime le showroom technologique de Morpho, situé à Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine). À quand une inspection du bagage à main avec identification du passager à la volée, en traversant le check point ? Le scénario est encore un brin futuriste, mais certains industriels reconnaissent y travailler.

Toulouse accélère l’inspection des bagages 

Cinquième aéroport français avec 7,5 millions de passagers en 2014, Toulouse-Blagnac va participer aux expérimentations de la Direction générale de l’aviation civile destinées à optimiser la sûreté aéroportuaire. L’aéroport va tester sur deux de ses 14 lignes un nouveau poste d’inspection et de filtrage durant six mois dès cet été. L’innovation tient à la fois dans l’organisation du travail des agents de sûreté et dans les performances des détecteurs de?bagages à main. Grâce au transfert des images récupérées par les détecteurs, les surveillants visualiseront le contenu des bagages dans une salle déportée et non plus au contact des passagers. Cela permet d’ajuster le nombre d’agents nécessaires en fonction du flux d’images. Par ailleurs, les scanners fournis par l’américain Smiths Detection et le canadien Optosecurity donneront des images plus précises. Les machines identifieront la présence d’armes ou d’explosifs liquides grâce à une meilleure détermination de leur transparence et de la géométrie. Avec ce dispositif, l’objectif est de passer de 150 à 250 passagers par heure. L’investissement est estimé à environ 200 000 euros par ligne d’inspection.

 

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1 commentaire

Jacques Doremus
08/07/2015 15h34 - Jacques Doremus

Monsieur Meddah, Je réagis à votre article sur le programme "Vision Sûreté" mené par la DGAC. MultiX est une start-up française, spin-off du groupe Thales et qui a développé une nouvelle génération de détecteurs rayons-x spectrométriques qui permet de réduire significativement le taux d'erreurs dans les scanners de contrôle de bagages pour les checkpoints. Elle conduit ainsi à accélérer et à faciliter le traitement des passagers. TSA vient de retenir notre technologie pour améliorer les performances des scanners exploités aux U.S.A. Plusieurs fournisseurs de ces scanners qui intègrent actuellement notre technologie devraient participer au programme "Vision Sûreté". Les aéroports nationaux pourraient ainsi rapidement bénéficier d'une technologie française pour améliorer la sûreté et le confort des passagers. Je me tiens à votre disposition pour vous apporter tout éléments d'information sur MultiX, sa technologie et nos marchés. Cordialement, Jacques Doremus Président, 06.77.00.43.32

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