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"Agdatahub", la plate-forme pour protéger et valoriser les données agricoles françaises

La société française API-AGRO annonce le lancement de la plate-forme "Agdatahub" à l'occasion du Salon de l'Agriculture 2020. Objectif : créer une base qui regroupe toutes les données agricoles françaises (données géographiques, de pratiques agricoles et d'IoT) pour faciliter leurs échanges entre acteurs publics et privés. La filière cloud de Dassault Systèmes 3DS Outscale, la start-up française Dawex, le consortium Numagri, l'organisme de standardisation français GS1 et Orange Business Services sont partenaires.
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Agdatahub, la plate-forme pour protéger et valoriser les données agricoles françaises
"Agdatahub", la plate-forme pour protéger et valoriser les données agricoles françaises © Unsplash/Dietmar Reichle

Faciliter l'accès et l'usage des données agricoles est aujourd'hui un enjeu crucial pour favoriser le développement de nouvelles solutions pour allier enjeux environnementaux et sécurité alimentaire. Pour tenter de répondre à ces objectifs, la société parisienne API-AGRO annonce le lancement d'une plate-forme baptisée "Agdatahub" le 24 février 2020 lors du Salon de l'Agriculture qui se tient à Paris. La filière cloud de Dassault Systèmes 3DS Outscale, la start-up française Dawex, le consortium Numagri, l'organisme de standardisation français GS1 et Orange Business Services sont partenaires de ce nouveau portail.

 

"Deux grandes familles d'usage"

Ces données agricoles correspondent aux données géographiques relatives aux parcelles et aux bâtiments, aux données sur les pratiques agricoles (traitement d'une maladie) et aux données d'IoT (station météo, qualité de l'eau, qualité de l'air, machinisme….). Par exemple, un robot de traite ou une moissonneuse batteuse connectée produit une multitude d'informations brutes. Une fois valorisées, elles peuvent aider les agriculteurs à par exemple mieux piloter leur exploitation ou réduire l'utilisation de produits phytosanitaires. 

 

"Ces informations répondent à deux grandes familles d'usage", schématise le directeur général. La première concerne "le service à l'agriculteur" pour créer des solutions relatives à l'agriculture de précision, au pilotage ou à la simulation pour "minimiser l'impact environnemental et dégager un revenu digne". Le deuxième cas d'usage concerne "la valorisation marketing et les pratiques commerciales". Sébastien Picardat imagine, par exemple, la création de label utilisant la blockchain pour assurer une traçabilité des aliments pour les consommateurs, "un peu comme le système de code barre de l'application de scan de produits alimentaires Yuka".

 

MUTUALISER LES DONNÉES et peser contre les géants

L'objectif d'Agdatahub est de mutualiser toutes les données agricoles au sein d'une même infrastructure pour faciliter l'échange entre différents acteurs grâce une standardisation des données. Via un abonnement, les agriculteurs transfèrent leurs données dans la plate-forme et choisissent les usages qu'auront leurs informations. Elles peuvent être échangées avec différents acteurs comme un organisme public de recherche, une entreprise, une start-up… L'Agdatahub comprend également un volet "open data", mais qui n'est pas encore opérationnel. 

 

"Contrairement à la santé avec le Health Data Hub, l'agriculture n'avait pas de grande base qui ressemblait toutes les données", explique Sébastien Picardart, directeur général d'API-AGRO, interrogé par L'Usine Digitale. En effet, avec 280 000 exploitations agricoles professionnelles françaises et 85 000 entreprises dont 80% de PME-TPE, les sources d'informations sont totalement éclatées et les données sont quasiment inutilisables. Or pour Sébastien Picardart, l'enjeu est de taille. "Les géants technologiques s'intéressent de plus en plus aux données agricoles. Bientôt, ils nous expliqueront comment faire, voire essayeront de nous vendre nos propres données", s'inquiète-t-il.

 

DEVENIR RAPIDEMENT UN ACTEUR EUROPÉEN

"C'est un sujet stratégique pour la France ! ", ajoute Sébastien Picardat. Raison pour laquelle c'est le cloud français de 3DS Outscale qui a été choisi pour stocker les données. Cette entreprise a reçu le label "SecNumCloud" début décembre 2019 de l'Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information (ANSSI). Ce visa permet de rendre facilement identifiable la conformité d'une solution aux recommandations de l'autorité française. "Apporter cette souveraineté permet de garantir la confiance face aux réglementations américaines comme le Cloud Act ou chinoises", indique David Chassan, directeur de la stratégie chez 3DS Outscale, interrogé par L'Usine Digitale.

 

Un enjeu stratégique pour la France mais pas que... "Pour peser face aux mastodontes, on doit très vite devenir européen", s'exclame Sébastien Picardat. Via sa plate-forme, API-AGRO est déjà présent dans trois projets de recherche européenne sur l'IoT, la semence et l'élevage. A terme, l'objectif est que l'Agdatahub mutualise les données agricoles de tous les Etats membres de l'Union européenne. Une vision qui coïncide parfaitement avec les annonces du commissaire européen chargé du marché intérieur Thierry Breton faites le 17 février 2020. "Maintenant que la Commission européenne veut encadrer les données non personnelles, il y a un vrai travail à faire sur la qualification de la donnée. Quel régime juridique appliquera-t-on lorsque la donnée agricole sera également une donnée environnementale, d'intérêt général… ? ", se questionne le directeur général.

 

API-AGRO a mené une première levée de fonds d'un million d'euros en novembre 2017. Une seconde est actuellement en cours et la société française a répondu à un appel à projet lancé par la banque d'investissement BpiFrance. "On espère avoir une réponse positive rapidement", confie Sébastien Picardart.

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1 commentaire

Christine Gautheron
02/03/2020 08h51 - Christine Gautheron

Belle initiative mais quel nom !

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