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Agricool, start-up de l'AgTech, placée en redressement judiciaire

Vu ailleurs Agricool, une start-up fondée en 2015 avec comme objectif de faire pousser des herbes fraiches et des fraises dans des conteneurs de transport, est placée en redressement judiciaire. La jeune pousse de la French Tech n'est pas parvenue à prouver la viabilité de son modèle, ni à lever de nouveau fonds.
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Agricool, start-up de l'AgTech, placée en redressement judiciaire
Agricool, start-up de l'AgTech, placée en redressement judiciaire © Agricool

Après Sigfox, et la moins connue Ffly4u (start-up reprise par ZeKat), Agricool est placé en redressement judiciaire. Cette start-up de la French Tech qui se positionne sur l'agriculture urbaine a été placée en redressement judiciaire le 31 janvier 2022 par le tribunal de commerce de Bobigny, rapporte Les Echos. Plusieurs repreneurs se seraient déjà fait connaître.

Des conteneurs pour cultiver des fraises
La start-up a été fondée en 2015 avec l'ambition de proposer une solution facile pour cultiver herbes aromatiques, et autres fruits et légumes, au plus proche des consommateurs urbains. Agricool s'est ainsi tournée vers les conteneurs, une structure relativement facile à trouver et surtout à déplacer et implanter en zone urbaine ou péri-urbaine puisqu'ils ne prennent pas trop de place. Agricool recréé dans cet endroit les conditions climatiques idéales pour chaque plante cultivée (température, humidité, lumière...). Les plants peuvent ainsi pousser toute l'année sans avoir à faire face aux aléas extérieurs.

La solution d'Agricool repose sur l'aéroponie et demande moins d'eau que l'agriculture conventionnelle. "Les plants sont nourris par un système de brumisation contenant l’eau et les nutriments dont la plante a besoin, écrit la start-up. Nous installons également des LEDs pour recréer la lumière du soleil." L'ensemble des conteneurs sont fabriqués en interne et gérés par la start-up. Elle propose fraises, laitue, coriandre, basilic, persil et ciboulette. Elle s'est rapprochée de magasins, comme Monoprix et Franprix, en Ile-de-France principalement, afin de commercialiser ses produits.

7,72 millions d'euros de pertes
La start-up a annoncé avoir levé 25 millions d'euros fin 2018. Une levée de fonds réalisée auprès d'investisseurs assez connus comme Daphni, XAnge, Kima Ventures, Danone Manifesto Ventures, Bpifrance, Marbeuf Capital, et des business angels. Cet apport financier devait lui permettre de produire plusieurs conteneurs. Mais, Les Echos affirme que Agricool n'a pas su trouver un modèle économique viable. La start-up a même voulu se lancer dans la ferme urbaine en 2020 en composant l'infrastructure avec une dizaine de conteneurs.

Sur l'année 2020, le chiffre d'affaires de la jeune pousse s'élève à 162000 euros pour une perte de 7,72 millions d'euros. Le journal économique ajoute que la start-up a eu recours au chômage partiel et a souscrit trois prêts garantis par l'Etat. Ne parvenant pas à lever à nouveau des fonds, la start-up a finalement été placée en redressement judiciaire.

Le financement des start-up industrielles est compliqué. Les jeunes pousses peinent à trouver les fonds dont elles besoin pour se développer puisque leur business model est souvent coûteux. Elles doivent produire pour gagner de l'argent. Alors que les start-up dans le SaaS trouvent beaucoup plus facilement des fonds puisqu'elles peuvent rapidement commercialiser leur solution sous la forme d'un abonnement. Le gouvernement a dévoilé en début d'année une nouvelle stratégie visant à aider les deep tech et les start-up industrielles.

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