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Prise en charge et gestion administrative : deux (autres) bénéfices de l’exploitation des données et de l’IA en santé

A l’occasion du SAS Forum 2019, qui s'est tenu le 4 juin à Paris, l’expert américain du traitement de la donnée a notamment mis l’accent sur les bénéfices de l’intelligence artificielle dans le domaine de la santé. Avec ses partenaires institutionnels, le CHU de Montpellier et l’Institut de cancérologie de Lorraine, SAS entend apporter une aide directe au patient via un diagnostic amélioré mais aussi optimiser les tâches administratives des établissements.

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Prise en charge et gestion administrative : deux (autres) bénéfices de l’exploitation des données et de l’IA en santé
Prise en charge et gestion administrative : deux (autres) bénéfices de l’exploitation des données et de l’IA en santé © Shutterstock

"Nous commençons à peine à l’exploiter, mais elle montre déjà ses capacités et offre de nombreux bénéfices." Le Centre hospitalier universitaire (CHU) de Montpellier mise sur l’intelligence artificielle, explique la responsable de son unité de traitement de l’information médicale, Caroline Dunoyer, à l'occasion du SAS Forum qui s’est tenu au Palais des Congrès de Paris le mardi 4 mai 2019. Cette technologie serait en effet aussi bénéfique aux médecins qu'à l’administration.

 

UNE AIDE à la prise en charge des patients

En place depuis septembre 2018, les algorithmes de machine learning du CHU de Montpellier permettent aux professionnels de santé d’exploiter les données non-structurées – courriers, comptes-rendus, articles scientifiques et autres vidéos – dans le cadre de la prise en charge des patients. "Il s’agit d’un outil supplémentaire pour concentrer les ressources documentaires autour d’un patient", indique Caroline Dunoyer. L’objectif : améliorer sa prise en charge par l’équipe médicale.

 

Même son de cloche à l’Institut de cancérologie de Lorraine, où Rokia Meilender est à la tête d'une équipe de quatre personnes dédiée aux projets en e-santé : "Les méthodes numériques permettent d’analyser 10 000 textes en deux ou trois jours seulement, quand nous avions auparavant besoin de six mois. C’est un gain de temps considérable pour les différents métiers présents au sein de l’établissement." De quoi présenter les bonnes données au meilleur moment, pour aider le médecin à hiérarchiser ses consultations en fonction des urgences.

 

Le CHU de Montpellier fait régulièrement appel à l’expertise de SAS pour développer des architectures complexes. "A terme, l’un des principaux bénéfices de l’IA sera de permettre un rapprochement de données peu évidentes. En Occident, les pathologies sont très codifiées, classifiées. On continue d’apprendre la médecine aux étudiants de cette manière, alors qu’il y a bien d’autres liens à faire", juge Caroline Dunoyer. Une amélioration sensible de la pratique de la médecine pourrait donc découler de cette technologie.

 

UNE OPTIMISATION ADMINISTRATIVE ET BUDGéTAIRE

Au-delà de préoccupations d’ordre médical, l’intelligence artificielle a également une utilité pour la gestion des établissements. Elle permet par exemple d’optimiser la disponibilité des lits, à l’heure où les pouvoirs publics tendent à en supprimer. Idéal pour prioriser les patients qui ne peuvent pas être traités en ambulatoire. "Les médecins étaient un peu sceptiques au départ, rapporte Rokia Meilender. Mais nous leur avons montré que dans 80 % des cas la technologie permet de trouver une durée d’hospitalisation personnalisée et adaptée, équivalente à celle estimée par deux spécialistes."


Egalement capable de calculer tout autre frais annexe à une prise en charge ainsi que les dépenses administratives, l’intelligence artificielle ouvre la porte à une gestion 2.0 des établissements. "Elle permettra de lisser l’activité globale et une meilleure maîtrise des budgets", indique la docteure en informatique. De nombreux défis restent cependant à relever. Développer cette technologie a un coût, et l’investissement doit être conséquent pour obtenir des résultats probants.
 

UN APPEL à encadrer le recours à L'IA DANS LE SECTEUR

Par ailleurs, les acteurs du secteur s’accordent en faveur d’une plus grande coopération entre établissements… mais surtout d’une régulation de l’Etat en la matière. "Dans une spécialité telle que la radiologie, l’IA peut déjà poser un meilleur diagnostic que le personnel humain. Si cette pratique devenait une réalité, pourrait-on la tenir juridiquement responsable en cas d’erreur?", s’interroge Rokia Meilender. Selon Jean-François Gourdin, responsable du secteur santé chez SAS, le diagnostic restera la seule prérogative d’un médecin. "L’IA ne constituera qu’une aide à la décision, prédit-il. Les avions savent voler seuls depuis des années. Pourtant, il y a toujours un pilote aux commandes."

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