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Alcatel-Lucent supprime 10000 postes pour économiser 1 milliard d'euros d'ici 2015

mis à jour le 08 octobre 2013 à 08H44
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Les premières conséquences sociales du plan Shift que Michel Combes devrait présenter au comité groupe Europe d'Alcatel-Lucent qui se tient ce mardi 8 octobre implique 10000 suppressions nettes d'emploi dont 900 en France et la fermeture des sites de Toulouse et de Rennes.

Alcatel-Lucent supprime 10000 postes pour économiser 1 milliard d'euros d'ici 2015
Alcatel-Lucent supprime 10000 postes pour économiser 1 milliard d'euros d'ici 2015 © D.R.

[Actualisation 8h40] : 10000 suppressions de postes nettes dans le monde (15000 suppressions et 5000 créations) dont 900 en France. Le premier plan social de Michel Combes, drastique, cible essentiellement les filiales hors de France mais les sites de Toulouse et Rennes devraient être fermés. A la clé, un milliard d’euros d’économies d'ici à 2015.

Ce mardi 8 octobre 2013, Alcatel-Lucent tient un CE européen groupe en matinée et une réunion pour la France dans l’après-midi. Les premiers impacts sociaux du plan stratégique Shift annoncé en juin y seront présentés, a priori dans un premier temps, par filiale et non par site. Michel Combes, qui a remplacé Ben Verwaayen à la direction générale de l’équipementier le 1er avril dernier, a prévenu en septembre : " Nous n'en sommes qu'au tout début du plan, et le recentrage stratégique comme les efforts sont encore devant nous. Les décisions difficiles sont encore devant nous. "

Car le groupe doit faire des choix. "Alcatel-Lucent ne peut plus se permettre de rester un généraliste des télécommunications, avait martelé Michel Combes dès sa première assemblée générale, au mois de mai dernier. Il doit devenir multispécialiste." Depuis, il a précisé les trois piliers qui soutiendront l’avenir de l’équipementier : les réseaux IP, le très haut débit fixe et mobile et le cloud. Une annonce qui se traduira entre autres par la réduction voire l’abandon de la R&D sur la 2G mobile mais aussi la 3G au profit de la 4G.

Le nouveau patron veut aussi redonner le goût de l’innovation à son entreprise, toujours en s’appuyant sur les puissants Bell Labs, mais pas seulement. Il veut se tourner vers des méthodes donnant des résultats plus immédiats sur le marché. Comme la collaboration avec d’autres industriels. C’est le cas depuis cet été dans les small cells (qui permettent une gestion optimisée du réseau mobile) avec le géant américain Qualcomm. Ou avec Orange dans la fibre optique, la sécurité et les réseaux virtuels. Autre piste, la création de start-up internes comme les deux entités spécialisées dans le cloud : Nuage aux USA présentée en avril et CloudBand en Israël présentée en octobre. Des initiatives qui présagent aussi peut-être de réorganisations plus importantes de la R&D.

La R&D mobile devrait être touchée

Après leur première rencontre avec Michel Combes le 19 juin, les syndicats avaient fait quelques déductions. Sans illusions justement sur les effectifs de la R&D mobile concentrée sur la 3G, par exemple. "La France qui travaille peu sur l’IP et le mobile devrait être prioritairement touchée, avait ajouté Frédéric Aussedat, élu CFE-CGC, même si Michel Combes a prévu de relancer un volume de recherche dans le LTE. La finance, le marketing et les ventes seront aussi impactées."

Le DG n’a pas non plus souhaité s’exprimer sur un peu plus de 300 postes supprimés dans le plan Performance de son prédécesseur qui n’ont pas trouvé de volontaires à la date limite du 30 septembre. Les syndicats avaient demandé leur report dans le plan Shift mais craignent qu’ils ne se transforment en licenciements coercitifs.

Une confiance retrouvée, mais encore fragile

Malgré tout, Michel Combes a su redonner confiance dans l’entreprise aux syndicats comme à la bourse. Presqu’un exploit alors qu’il y a moins d’un an, son prédécesseur plongeait les salariés comme les observateurs et le gouvernement dans la plus grande inquiétude quant à la survie de l’entreprise.

D’abord, en annonçant 5 500 suppressions de postes. Puis en gageant le trésor de guerre d’Alcatel-Lucent, ses brevets, contre 2 millions d’euros d’emprunt auprès de Goldman Sachs, déclenchant un droit d’alerte conjoint des syndicats. Au beau milieu de l’indifférence estivale, le nouveau DG a fait en sorte de rembourser une partie de ce prêt et de rééchelonner la dette d’Alcatel-Lucent jusqu’en 2016.

Il faut dire que depuis son arrivée, pour rassurer, le nouveau DG n’a pas ménagé sa peine. En présentant, dans un premier temps, son plan stratégique industriel en juin, moins de trois mois après sa prise de fonction. Mais aussi en rencontrant les partenaires, les clients mais aussi les opérateurs télécoms qui ne sont pas clients d’Alcatel-Lucent, et les syndicats de l’entreprise. "Je suis allé deux fois en Russie, en Chine, au Japon, et je me suis aussi rendu en Afrique, au Moyen-Orient, en Turquie et n fois aux USA,"  égrène-t-il lors de sa visite à Tel Aviv le 1er octobre. "Nous avons recréé un peu de confiance, mais cela reste fragile," prévenait-il encore depuis la capitale de la high-tech israélienne. Pour autant, on peut compter sur lui pour ne pas tourner autour du pot lors de ces deux CE. La transparence dans le discours semble lui réussir.

Emmanuelle Delsol

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