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Algolia, pépite du 'Search as a service', lève 53 millions de dollars pour conquérir l'Europe et l'Asie

Levée de fonds La start-up Algolia, née en France mais devenue officiellement américaine (tout en gardant son principal bureau à Paris), vient de boucler sa deuxième grosse levée de fonds. Le montant : 53 millions de dollars. Après avoir percé aux Etats-Unis, le spécialiste du search en SAAS veut conquérir l'Asie et l'Europe.
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Algolia, pépite du 'Search as a service', lève 53 millions de dollars pour conquérir l'Europe et l'Asie
Algolia, pépite du 'Search as a service', lève 53 millions de dollars pour conquérir l'Europe et l'Asie © Algolia

C'est l'une des rares start-up d'origine française à avoir intégré le prestigieux programme d'accélération Y Combinator, dans la Silicon Valley, comme Docker avant lui ou plus récemment Moneytis. Algolia, née en France en 2014, mais désormais basée aux Etats-Unis, est une pépite du search en pleine ascension. Pour preuve, elle vient de boucler sa série B, d'un montant de 53 millions de dollars, auprès du fonds Accel (qui l'avait également financé lors de sa série A) et de business angels spécialistes de l'industrie du SAAS B2B. Les investisseurs Alven, Point Nine et Storm Venture ont également remis au pot. Au total, l'entreprise a levé près de 75 millions de dollars depuis sa création.

 

En quelques années, la jeune pousse, créée par deux anciens de Thales, Nicolas Dessaigne et Julien Lemoine, s'est imposée comme le leader du "search as a service". Elle a créé des API performantes permettant d'intégrer des fonctionnalités de recherche rapide sur un site internet, une application ou le CRM d'une entreprise, avec la même pertinence qu'un moteur de recherche classique à la Google.

 

Un Pivot salutaire

Ce n'était pas sa vocation de départ, puisqu'à l'origine, les fondateurs planchaient sur un moteur de recherche hors ligne pour applications mobiles. "La technologie marchait bien, les retours étaient positifs, mais nous nous étions vite rendus compte que le marché était assez grand pour une PME, pas pour un gros succès mondial", raconte Julien Lemoine. La petite équipe a très vite pivoté mais cette première étape n'a pas été dénuée d'enseignements. "Nous étions partis d'un cahier des charges très contraint : peu de ressources, de mémoire… Cela nous a obligés à être créatifs et au final, si nous étions directement partis côté serveurs sans cette étape, nos choix techniques auraient été différents".

 

croissance fulgurante

Algolia y a puisé une partie de son originalité. Le bêta test de son API, ouvert en 2013,  a confirmé que le produit était viable et apprécié, notamment par des clients américains. Deux premières embauches ont suivi à l'automne 2013, puis la petite équipe est partie pour trois mois dans la Silicon Valley pour le programme Y Combinator. "On s'est enfermés dans une maison à Menlo Park et toute l'équipe était sur le pont 24 heures sur 24 et sept jours sur sept. Nous avons fait en trois mois ce que nous aurions fait en un an à Paris, en étant aidés par des gens du réseau à chaque problème que l'on rencontrait. Nous avons multiplié par 10 tous nos indicateurs".

 

 

Julien Lemoine et Nicolas Dessaigne

 

La trajectoire de croissance était tracée. De 2 au départ et 4 en septembre 2013, l'équipe est passée à 30 salariés fin 2015, à 70 fin 2016, et à 115 aujourd'hui. Entre-temps, son siège social a déménagé de Paris à San Francisco, mais le bureau parisien (qui a connu trois emplacements différents) est resté le principal site de la société, avec 70 salariés. "Tous les métiers de l'entreprise y sont représentés, et l'équipe est très internationale", explique Julien Lemoine, qui passe deux semaines à San Francisco tous les deux mois, tandis que son associé s'y est installé à l'été 2015. Algolia dispose aussi de bureaux à Atlanta et New York. La société enregistre aujourd'hui plus de 8 000 implémentations actives, dont 3 000 payantes pour des entreprises de plus de 100 pays (soit 25 milliards de requêtes traitées chaque mois). Elle dit doubler ses "revenus récurrents annuels" (tirés des abonnements) chaque année. Parmi les entreprises lui ayant fait confiance, on peut citer Periscope (Twitter), Twitch (Amazon), LVMH, Quicksilver, Birchbox…

 

Cap sur l'asie, ouverture d'un bureau à londres

Et ce n'est qu'un début, espèrent ses fondateurs. L'ouverture d'un bureau à Londres est prévue dans les prochains mois. "La levée de fonds va aussi nous permettre d'adresser le marché asiatique", annonce le co-fondateur. Une soixantaine d'embauches est prévue sur le reste de l'année 2017 et le bureau de Paris va déménager, les 800 m² actuels devenant trop exigus. La start-up va investir d'ici l'automne 2017 dans un immeuble neuf dans le quartier Saint-Lazare (non loin d'un certain Google) sur une surface de 4 500 m².

 

Algolia va aussi ouvrir de nouveaux chantiers technologiques. "Pour rester leaders de ce segment très porteur et convaincre les entreprises de ne plus développer cette brique en interne, nous devons sortir tous les ans deux ou trois fonctionnalités très différenciatrices que les gens n'attendent pas", affirme Julien Lemoine. Algolia a l'ambition de changer le développement de logiciels tout comme le SAAS a bouleversé le logiciel lui-même. "On est au début de cette migration et nous voulons en être l'acteur de référence", résume le dirigeant. Où sera Algolia dans dix ans ? Son fondateur la voit "leader mondial' "entré en bourse" ("car nous ne voulons pas nous vendre") et pesant "plusieurs milliards de dollars".

 

Comment gérer l'hypercroissance ?

Comme beaucoup de start-up qui grossissent très rapidement, Algolia est confrontée à un certain nombre de défis. "Le plus crucial, c'est celui du recrutement", reconnaît Julien Lemoine. "Mais on a beaucoup investi sur la culture d'entreprise dès le début de l'aventure. On y a réfléchi avant même le lancement de la start-up. On s'assure à chaque étape que tout le monde est aligné avec les valeurs de l'entreprise, pensées bien en amont. Cela se ressent dans les processus d'entretiens qui ont été affinés au fil des temps pour recruter des personnalités compatibles. En plus de l'entretien classique, il y a une journée d'immersion dans nos équipes pour voir comment les candidats réagissent en groupe. On essaie d'être transparent dès cette étape, de ne pas sur-vendre l'entreprise. La transparence totale, c'est une philosophie qui irrigue toute l'entreprise à tous les échelons. Les salaires de tous les membres et les bonus sont connus de tous, par exemple. Nous partageons aussi les challenges que nous devons surmonter et nos difficultés éventuelles. Le processus de levée de fonds n'a pas été caché, tout s'est fait dans cette même transparence".
Algolia s'assure aussi que les bureaux séparés de plusieurs milliers de kilomètres puissent se sentir portions d'un tout et non cellules indépendantes. "C'est une seule et même société, non des sociétés différentes. On a beaucoup réfléchi et innové pour que chacun se sente membre de la même équipe, même avec du décalage horaire et à des milliers de kilomètres". Algolia ne partage pas tous les ingrédients de sa "secret sauce" RH mais assure déjà réfléchir à la prochaine étape : le travail sur trois fuseaux horaires (d'Asie aux Etats-Unis) sans créneaux partagés par tous.

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