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Alma lève 115 millions d'euros pour tenir tête aux géants du paiement fractionné

Levée de fonds La fintech française Alma boucle une série C qui doit lui permettre d'étendre ses activités dans cinq nouveaux pays et de proposer sa solution "buy now, pay later" à l'ensemble des e-commerçants, même s'ils ne sont pas partenaires.
mis à jour le 24 février 2022 à 17H30
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Alma lève 115 millions d'euros pour tenir tête aux géants du paiement fractionné
Les deux cofondateurs d'Alma, Guillaume Desloges et Louis Chatriot. © Alma

[Mis à jour le 24/02/2022 avec le commentaire de Klarna]

Alma, fintech française qui fournit des solutions de paiement fractionné et différé, annonce une levée de fonds en série C. Elle survient un an après sa série B. Elle se compose d'un montant de 115 millions d'euros en capital et de 95 millions en dette, destinée à son activité opérationnelle de crédit aux consommateurs.

"Devenir établissement de crédit est une évolution naturelle pour nous, mais cela ne se fera pas à court terme", précise le cofondateur et CEO Louis Chatriot à L'Usine Digitale. Les investisseurs historiques Cathay Innovation, Eurazeo, Bpifrance, Seaya Ventures et Picus Capital ont participé au tour de table, rejoints par Tencent, GR Capital et Roosh Ventures. La valorisation de l'entreprise n'est pas communiquée, mais elle serait "proche de la licorne".

Une application "direct-to-consumer"
Cette fois, il s'agit de sérieusement internationaliser l'activité en Europe, et plus spécifiquement en Allemagne, Italie, Espagne et Belgique où l'entreprise est présente depuis fin 2021, ainsi que sur de nouveaux marchés dès 2022 : Pays-Bas, Luxembourg, Portugal, Irlande, Autriche.

Le gros projet de l'année sera aussi une nouvelle application "direct-to-consumer", qui permettra de payer en plusieurs fois même chez les marchands qui ne sont pas partenaires d'Alma, et prendra la forme d'une galerie commerciale qui constituera une nouvelle source de revenus pour la fintech. Les marchands intéressés paieront un droit d'entrée pour être présents sur la plateforme. Un projet qui ressemble à celui de Klarna, qui s'est lancée en France en 2021 et a lancé son application de shopping en novembre. Alma promet d'être moins cher que son concurrent.

"Le BNPL, ce n'est pas du paiement, c'est du marketing"
La précédente levée de fonds d'Alma, en 2021, lui avait permis d'initier son internationalisation et d'étendre ses fonctionnalités produit. La start-up a notamment lancé l'année dernière un terminal et une solution de paiement in-store, le paiement en 12 fois sans frais pour les produits d'équipement, et le paiement différé BtoB, un segment que teste l'entreprise via son partenaire Ankorstore.

Elle lui a aussi permis de multiplier ses effectifs (200 personnes à l'heure actuelle) par quatre. Alma compte encore embaucher 250 personnes supplémentaires en 2022. Elle vient de recruter l'ancienne responsable stratégie et finance de Square (qui a racheté Afterpay en 2021), et l'ancien directeur général de Zalando France au poste de chief revenue officer.  

Plus de 6000 marchands (dont plusieurs grands comptes gagnés en 2021 tels que Alain Afflelou, Etam, Galeries Lafayette, Printemps et Ankorstore) font confiance à la solution de la start-up, qui gère plus d'un milliard d'euros de volume de transactions annuel sur lesquelles elle se rémunère par 2 à 4% de frais sur le prix d'achat des produits.

Ces frais sont payés soit par le consommateur, soit par le marchand qui utilise les services de la fintech. "Le BNPL, ce n'est pas du paiement, c'est du marketing", explique Louis Chatriot. "Cela rentre dans les coûts d'acquisition. Il permet d'augmenter le panier moyen car il permet aux consommateurs de monter en gamme, de convertir plus et de fidéliser. C'est pour cette raison qu'il est rentable pour les marchands." Quel que soit la durée du crédit, Alma avance le paiement au commerçant au moment de l'achat.

Un marché en forte croissance et ultra-concurrentiel
Alma triple son volume d'affaires chaque année, sur un marché estimé à 20 milliards pour les plateformes de BNPL en Europe. "On estime que 11% des achats en ligne vont passer en BNPL à terme. Aujourd'hui, en France, le paiement fractionné concerne 5% de l'e-commerce", indique Louis Chatriot.

Mais se faire une place face aux géants du secteur va devenir de plus en plus difficile, d'où la question de la différenciation. "Deux visions vont s'affronter : la vision consumériste, avec ses conséquences potentielles en termes de surendettement, et celle qui vise à acheter mieux et prêter seulement aux personnes qui peuvent rembourser. Klarna fait 15% de son chiffre d'affaires sur les frais de retard payés par le consommateur, cela fait partie de son business model. Grâce à notre technologie de scoring, nous n'avons jamais facturé de pénalités de retard", déclare le patron d'Alma.

Une sélection plus stricte qui ne peut que donner un avantage à la start-up alors qu'une réforme du crédit à la consommation se prépare à Bruxelles, et que l'UFC-Que Choisir a alerté sur cette forme de micro-crédit à plusieurs reprises l'année dernière. L'association a même porté plainte en avril dernier contre FloaBank, Bling et Cashper, pour pratiques commerciales trompeuses.


Droit de réponse de Klarna :

"Les solutions de paiement de Klarna sont sans frais pour les consommateurs. Nous facturons des frais à nos commerçants partenaires afin de leur permettre d'offrir plus de flexibilité à leurs clients."

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