Recevez chaque jour toute l'actualité du numérique

x

Alors que les Etats-Unis s'organisent pour se passer de Huawei dans la 5G, l'entreprise ouvre des usines en Europe

Vu ailleurs Les Etats-Unis peuvent-ils se passer intégralement de Huawei pour leurs réseaux 5G ? C’est l’ambition de la Maison-Blanche, qui enjoint ses champions technologiques nationaux à unir leurs forces pour mener la contre-offensive. La marque au lotus cherche, pendant ce temps, à sécuriser sa place sur le marché européen.
Twitter Facebook Linkedin Flipboard Email
×

Alors que les Etats-Unis s'organisent pour se passer de Huawei dans la 5G, l'entreprise ouvre des usines en Europe
Alors que les Etats-Unis s'organisent pour se passer de Huawei dans la 5G, l'entreprise ouvre des usines en Europe © Wikimedia / Sgt. Mikki Sprenkle

Branle-bas de combat aux Etats-Unis. Depuis quelques semaines, l’administration Trump pousse ses géants technologiques nationaux à unir leurs forces pour développer des solutions 5G matérielles et logicielles qui soient 100% américaine… ou presque, selon les informations du Wall Street Journal. Si Microsoft, Dell ou AT&T ont été réquisitionnés par la Maison-Blanche, les équipementiers européens Nokia et Ericsson auront leur mot à dire. En tant que mastodontes sur ce marché, mais surtout parce qu’ils émanent de pays alliés – Finlande et Suède, respectivement. Ce grand chambardement vise en effet à préparer la contre-offensive face au Chinois Huawei sur ce marché.

 

LA MARCHE EST HAUTE

Un financement de plus d'un milliard de dollars devrait être accordé par le gouvernement américain pour mettre au point des alternatives occidentales. L'objectif est que les logiciels faisant tourner l'infrastructure puissent fonctionner avec n'importe quel équipement 5G, peu importe son fabricant. Cette interopérabilité éliminerait toute dépendance hypothétique à Huawei.

 

Mais se lancer dans le développement d’une telle technologie alors que le déploiement de la 5G a déjà débuté, aux Etats-Unis comme dans le reste du monde, est pour le moins osé. C’est là que Nokia et Ericsson entrent en piste : les équipementiers européens disposent déjà d'infrastructures et d’équipes dans le pays… et, donc, d’une importante force de frappe. La Maison-Blanche ambitionnerait ainsi d’avoir une technologie 5G "maison" d’ici à 18 mois. Selon Andy Purdy, chef de la sécurité de Huawei US, même si un tel exploit était réalisé, la solution accuserait un retard d’au moins deux ans sur Huawei en matière de maturité technologique.

 

Objectif Europe

Pour satisfaire l’Union européenne qui, par la voix de Thierry Breton, commissaire au Marché intérieur, vient de lui entrouvrir la porte, Huawei a annoncé le 4 février l’implantation d'"unités de production" sur le sol européen. "Nous sommes plus engagés que jamais vis-à-vis de l'Europe, où nous nous réjouissons déjà de passer les vingt prochaines années", a appuyé Abraham Liu, vice-président de Huawei Europe, lors d'une cérémonie à Bruxelles pour le Nouvel An chinois. La marque au lotus emploierait déjà quelque 13 000 employés dans 23 centres de recherche au sein de l'Union européenne. 

 

Le Vieux continent est un marché particulièrement stratégique pour Huawei, même si sa présence sur le marché 5G n'y est pas acquise. Alors que le Royaume-Uni a choisi, à la veille du Brexit, d’autoriser partiellement les équipements 5G du Chinois, l’Allemagne et la France n’ont toujours pas définitivement arbitré le dossier, contrairement à ce que prévoyait le calendrier initial. Les opérateurs télécoms seront tentés de rester prudents. Orange a, par exemple, choisi de se passer des équipements réseau de Huawei.

Réagir

* Les commentaires postés sur L’Usine Digitale font l’objet d’une modération par l’équipe éditoriale.

 
media