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Google rattrapé par le mouvement "Me Too"

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Près d'un salarié sur cinq de Google a débrayé pour contester contre la gestion du harcèlement sexuel par l'entreprise. Sundar Pichai, le PDG de l'entreprise, avait indiqué qu'il soutenait le mouvement, en attendant les vraies mesures. 

Google rattrapé par le mouvement Me Too
Protestation chez Google via un compte Twitter © google workout for real change (compte Twitter)

"Do the right thing", tel était le motto choisi Google pour remplacer l'historique "Don't be evil". Autrement dit, "faites le Bien autour de vous". La réalité a l'air plus contrastée, et à l'instar d'autres entreprises, la vraie devise semblerait être plutôt "faites ce que je dis pas ce que je fais". La preuve cette fois-ci avec la publication d'une enquête du New York Times le 25 octobre 2018 révélant plusieurs affaires de harcèlement sexuel au sein de l'entreprise high tech. Richard DeVaul, un des dirigeants de X, le laboratoire pour les idées les plus folles de Google, a dû démissionner dans la foulée de ces révélations. 

 

La réaction n'a visiblement pas suffi. Jeudi 1er novembre, des salariés de l'entreprise à travers le monde ont organisé des débrayages pour protester contre "le harcèlement sexuel, les agressions sexuelles, le manque de transparence". Au total, ce seraient plus de 15 000 employés sur les 85 000 que compte l'entreprise qui auraient suivi le mouvement. La direction de Google a annoncé que 48 personnes avaient été licenciées au cours des deux dernières années, pour des raisons de harcèlement ou d'agression sexuelle et dénoncé l'enquête du New York Times. 

 

Contestation en ligne

Ironiquement, les salariés de Google ont ouvert notamment un compte Instagram #googlewalkout où l'on retrouve des photos de la mobilisation mais aussi la liste des revendications. "Je marche pour un vrai changement" prévient ainsi un dessin évoquant les jambes d'une femme. Mais on trouve aussi les demandes de certains salariés. Ils souhaiteraient davantage de transparence sur ces affaires et, surtout, qu'elles ne soient plus traitées de gré à gré avec l'insertion de clauses de confidentialité dans le protocole d'accord. Résultat : les affaires ne peuvent être rendues publics ensuite. Autre revendication qui semble exotique sous les latitudes nord-américaines : la demande d'un représentant des salariés au sein du conseil d'administration. 

 

Pour expliquer le succès de cette mobilisation, il faut ajouter que le PDG Sundar Pichai a indiqué qu'il soutenait les employés qui ont débrayé. "Chez Google nous mettons la barre très haut et nous n'avons pas clairement répondu à nos propres attentes", a-t-il déclaré au New York Times. Il a par ailleurs promis des mesures à venir. 

 

Ce n'est pas la première fois que Google est ainsi contesté publiquement. L'an dernier, des salariés s'étaient inquiété d'un contrat signé avec le Pentagone, qui ne leur semblait pas aller dans le sens du "Do the right thing" annoncé. Pour le moment, on ignore dans quelle mesure ces mobilisations ont été ou non efficaces. 

 

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