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Amazon accusé d'avoir espionné ses salariés et surveillé des mouvements sociaux, dont les Gilets Jaunes

Vu ailleurs Des douzaines de documents internes ont fuité, révélant la surveillance mise en place par Amazon sur ses salariés travaillant en entrepôt, ainsi que sur des mouvements sociaux ou environnementaux. Dévoilé par Vice – Motherboard, ces documents datent de 2019 et concernent les activités européennes de la plateforme d'e-commerce.
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Amazon accusé d'avoir espionné ses salariés et surveillé des mouvements sociaux, dont les Gilets Jaunes
Amazon accusé d'avoir espionné ses salariés et surveillé des mouvements sociaux, dont les Gilets Jaunes © Juliette Raynal - L'Usine Digitale

Des douzaines de documents internes ont fuité montrant une surveillance "obsessionnelle" d'Amazon à l'encontre de ses salariés, rapporte Motherboard – Vice. L'entreprise d'e-commerce surveille différents mouvements syndicaux, sociaux et environnementaux en Europe. Tout particulièrement lors de la période s'étendant du Black Friday à Noël, révèlent ces documents écrits en 2019 par des analystes d'Amazon travaillant à son 'Global Security Operations Center'.

Recrutement d'une agence d'espionnage
Les documents collectés montrent que l'entreprise d'e-commerce surveille de très près les activités syndicales ou les mouvements qui peuvent y être liés. Mais aussi les groupes "environnementaliste" ou de justice sociale sur Facebook et Instagram, ainsi que tous les mouvements qu'elle juge dangereux pour ses activités (comme celui des Gilets jaunes en France). Des analystes iraient jusqu'à créer de faux profils sur les réseaux sociaux afin de suivre certains mouvements ou des personnalités identifiées comme étant leaders. Une affirmation contestée par Amazon.

Des agents de Pinkerton (une agence d'espionnage connue pour avoir mené des activités antisyndicales au début du 20ème siècle et fourni des agents pour surveiller des grèves dans l'Etat américain de Virginie-Occidentale en 2018) ont été embauchés par l'entreprise d'e-commerce, ajoute Motherboard qui précise avoir eu confirmation de cette information.

Des espions auraient même infiltré l'entrepôt de Wroclaw en Pologne en tant que salarié afin d'enquêter sur une allégation selon laquelle les managers entraîneraient en amont des candidats à certains entretiens. Toutefois, la porte-parole d'Amazon a réfuté les informations qui l'accusent d'embaucher des agents sur le terrain.

Suppression d'offres d'emploi polémiques
Amazon n'en est pas à sa première polémique sur le sujet. En septembre dernier déjà, face à une indignation générale, Amazon a supprimé deux offres d'emploi pour des analystes en renseignement visant à surveiller les tentatives de syndicalisation au sein de l'entreprise.

L'entreprise se défend arguant ne rien faire d'illégal et simplement vouloir assurer la sécurité de ses employés et des opérations. "Comme toute autre entreprise responsable, nous devons maintenir un niveau de sécurité dans nos opérations pour aider à garder nos employés, nos bâtiments et nos stocks en sécurité, s'est défendue Lisa Levandowski, une porte-parole d'Amazon, auprès de Motherboard. Cela comprend avoir une équipe d'investigations interne qui travaille avec les forces de l'ordre lorsque cela est nécessaire, et tout ce que nous faisons est conforme aux lois locales et mené avec les soutiens des autorités locales ayant connaissance de ces activités".  Il n'est pas certain que cela lui suffise pour redorer son image. 

Uni Global Union, fédération syndicale internationale, réclame l'ouverture d'une enquête européenne sur ces activités qu'elle juge "potentiellement illégales". Cette fédération représente 20 millions d'employés dans le monde, et sa branche européenne Uni Europe représente 2 millions de travailleurs dans l'Union européenne.

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