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Amazon bloque la vente de films Disney et cite Orwell pour contrer Hachette

mis à jour le 12 août 2014 à 10H13
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Depuis ce dimanche 10 août, impossible de pré-commander les copies physiques de films Disney sur Amazon. Le géant du e-commerce a également franchi une nouvelle étape dans la guerre qui l'oppose à l'éditeur Hachette Book Group autour du prix des livres numériques, après que les deux entreprises se sont attaquées mutuellement dans la presse ce week-end.

Amazon est engagé depuis plusieurs mois dans un conflit avec Hachette (filiale de Lagardère), quatrième éditeur de livres aux Etats-Unis, au sujet du prix des livres numériques.

Un groupe s'intitulant "Authors United" (Auteurs unis) a acheté deux pages dans l'édition de dimanche 10 août du New York Times pour y publier un texte dans lequel il critique Amazon pour avoir bloqué des pré-commandes et ralenti la livraison de certains livres édités par Hachette. Le manifeste est signé par plus de 900 auteurs, parmi lesquels Stephen King et Donna Tartt. Des copies physiques de films tels que "Maleficent" (Maléfique) et "Captain America: The Winter Soldier" ("Captain America : Le Soldat de l'hiver") n'étaient effectivement plus disponibles en pré-commande dimanche sur le site de e-commerce, contrairement à leurs versions numériques.

Amazon fait valoir que des prix de 14,99 ou 19,99 dollars sont trop chers pour des livres numériques qui n'ont pas de frais d'édition papier, de stockage ou de distribution. Des e-books moins chers se vendraient selon le géant de Seattle en plus grande quantité et généreraient ainsi davantage de chiffre d'affaires et de droits d'auteur.

Appel aux "lecteurs unis"

Cette escalade fait suite à un message posté par Amazon sur son site vendredi 8 août au soir, dans lequel l'entreprise réitère ses arguments en faveur d'une baisse des prix des "ebooks" et invite ses lecteurs à adresser un courriel au directeur général de Hachette USA, Michael Pietsch. A cette fin, le site livre l'adresse mail professionnelle de Pietsch et suggère aux "lecteurs unis" les points à faire valoir, et demande à être mis en copie.

Dans son texte également adressé aux écrivains qui sont édités directement sur ses liseuses Kindle, Amazon fait un parallèle entre l'avènement du livre numérique et l'arrivée du livre de poche dans les années 1930. A l'époque, soutient-il, l'establishment littéraire et ses distributeurs étaient également nombreux à s'inquiéter des conséquences de cette innovation - et il range Orwell dans leur camp.

"'Si les éditeurs étaient un peu sensés, ils comploteraient contre eux (les livres de poche) et les feraient détruire'. Oui, George Orwell suggérait une collusion" entre éditeurs, dit le message d'Amazon.

Quiproquo autour d'Orwell

Mais, comme le New York Times l'a relevé samedi, le géant du commerce en ligne semble avoir mal lu Orwell, qui était connu pour son combat contre le totalitarisme et à l'évidence peu enclin à prôner la destruction de livres, fussent-ils de poche.

Le propos de l'écrivain semble en fait ironique - il disait en substance que les livres de poche connaissaient un succès tel que les éditeurs qui ne s'y étaient pas mis pouvaient s'en mordre les doigts.

Amazon a trouvé la citation dans une critique de livres de poche de la maison d'édition Penguin parus dans le New English Weekly en mars 1936. Orwell y écrit : "Les livres Penguin sont splendides pour des livres qui ne valent que six pence, si splendides que si les autres éditeurs étaient un peu sensés ils comploteraient contre eux et les feraient détruire."

Orwell, surtout connu pour ses romans "1984" et "Animal Farm" (La Ferme des animaux), se montre d'ailleurs partagé sur l'avènement du livre de poche : "En qualité de lecteur, j'applaudis les livres de Penguin ; en tant qu'écrivain, je prononce l'anathème contre eux."

Conflit avec Disney

D'après le Wall Street Journal, Amazon aurait ouvert un autre front en cessant de prendre des précommandes pour des copies physiques de films de Disney, DVD et Blu-ray, avant leur commercialisation effective. Le géant du e-commerce a déjà utilisé cette méthode à plusieurs reprises dans un passé récent, notamment contre les studios Warner.

Avec Reuters

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