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Amazon déploie progressivement son système de paiement avec authentification par la paume de la main

Vu ailleurs Encore modeste, le développement de la technologie de paiement par reconnaissance de la main Amazon One se poursuit. Trois nouveaux points de vente viennent d'en être équipés. Un déploiement que l’on peut supposer être en phase d’accélération dans le contexte actuel d’essor du commerce "sans contact", mais qui pourrait se heurter aux craintes des clients vis-à-vis de la protection de leurs données biométriques.
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Amazon déploie progressivement son système de paiement avec authentification par la paume de la main
Amazon déploie progressivement son système de paiement avec authentification par la paume de la main © Amazon One

Il y a un peu plus d’un an, The New York Post révélait qu’Amazon planchait sur un moyen de paiement biométrique par reconnaissance de la main. Ce dispositif, connu sous le nom "Orville", avait à l’époque suscité beaucoup d’incrédulité, notamment de la part des médias spécialisés. Mais comme souvent avec Amazon, ce type d’information n’est pas à prendre à la légère.

Si la technologie n’a pas été inventée par Amazon – c’est le Japonais Fujitsu qui a le premier déployé PalmSecure en magasin, lui-même précédé par des banques japonaises dans les années 2000 – elle pourrait, grâce au géant de l’e-commerce, prendre pour la toute première fois le chemin de l’industrialisation. Amazon est ainsi le premier à déployer commercialement le "vein matching" aux États-Unis. Le contexte actuel lui est particulièrement favorable, avec l’essor d’un commerce "sans contact", permettant de respecter les règles de distanciation sociale et de diminuer les interactions avec les personnels des magasins.

Cinq magasins équipés d'Amazon One
Selon le quotidien local The Seattle Times, ce système de paiement par la main, baptisé Amazon One, est disponible depuis le 11 novembre dans le supermarché Amazon Go Grocery, à Redmond, et dans la librairie Amazon Books de University Village. Dans les prochaines semaines, le dispositif sera accessible pour les clients du magasin Amazon 4-Star de Southcenter, selon Dilip Kumar, vice-président en charge d’Amazon Go.

Ce déploiement porte à cinq le nombre de boutiques équipées du dispositif. Annoncée cet automne, cette technologie d'authentification par la paume de la main était testée depuis septembre dans deux magasins Amazon Go à South Lake Union, à Seattle, dans l’État de Washington.

Convaincre les autres retailers
Amazon One permet à un client d’entrer dans un magasin en scannant la paume de sa main sur une borne. Ces données biométriques sont liées à un moyen de paiement, comme un compte Amazon par exemple. Pour s’inscrire, le client rentre sa carte de paiement dans un terminal One, scanne une ou deux paumes et enregistre son numéro de téléphone. Par ailleurs, l’utilisateur a la possibilité d’associer son empreinte à son compte Amazon, mais ce n'est pas obligatoire.

Deux scanners et deux caméras analysent le dessus et l’intérieur de la paume. Une fois inscrit, le client peut utiliser ce moyen de paiement sur chaque terminal Amazon One.

A l’instar de "Just Walk Out", Amazon One a vocation à être commercialisée auprès des retailers, notamment "dans les stades et immeubles de bureaux", comme le précisait Dilip Kumar lors du lancement. Aucune information sur le projet de déploiement chez Whole Foods Market, révélé en septembre 2019, n’a été confirmée. Mais un déploiement dans les quelque 450 magasins de l’enseigne spécialisée dans les produits bio, acquise en 2017, représenterait une première mondiale.

Des doutes sur la sécurité d'AWS
Si la pandémie de Covid-19 accélère le déploiement des technologies sans contact, le frein pourrait venir des préoccupations des consommateurs vis-à-vis de la protection de leurs données personnelles. Comme le rappelle le quotidien de Seattle, cette technologie suscite un débat outre-Atlantique, avec l’opposition de certaines associations de défense des libertés civiles, qui craignent de voir le géant américain stocker les informations biométriques des utilisateurs.

D’autres experts pointent la vulnérabilité des systèmes de sécurité alors qu’Amazon a déjà été mis en cause pour des fuites de données. En mars dernier, le spécialiste en cybersécurité Bob Diachenko avait découvert une vulnérabilité de grande ampleur dans une base de données stockées sur Amazon Web Services. Cet été, la société de Jeff Bezos a été confrontée des failles de sécurité permettant à une personne malveillante d'accéder aux données personnelles détenue par Alexa, l'assistant vocal d'Amazon.

Amazon se défend en expliquant que les données biométriques sont "anonymisées et stockées en toute sécurité dans le cloud". Et selon Dilip Kumar, "ces données ne sont pratiquement d'aucune utilité pour une autre organisation". Les clients peuvent aussi demander à Amazon de supprimer leurs données, insiste la firme américaine.

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