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Amazon et Microsoft en tête du cloud public en Europe, devant IBM et Google

Étude Amazon et Microsoft mènent la course dans le cloud public d’infrastructure en Europe, selon une étude de Forrester. Ils devancent IBM, Google ou Salesforce. Les acteurs européens comme Interoute ou CloudSigma restent à la traine.
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Amazon et Microsoft en tête du cloud public en Europe, devant IBM et Google
Amazon et Microsoft en tête du cloud public en Europe, devant IBM et Google

Amazon et Microsoft sortent comme les deux grands gagnants de l’étude Wave de Forrester sur le cloud public d’infrastructure en Europe. Ils devancent les trois autres "megacloud" mondiaux : IBM, Google et Salesforce. Quant aux acteurs locaux, comme le britannique Interoute ou le suisse CloudSigma, ils restent encore à la traine.

 

38 critères d'évaluation

Dans cette étude, le cabinet américain évalue sur 38 critères différents les positions de neuf acteurs majeurs du marché : sept américains (Amazon Web Services, CenturyLink, Google, IBM, Microsoft, Oracle et Salesforce) et deux européens (Interoute et CloudSigma). L’évaluation se limite à deux segments de cloud public : celui de l’infrastructure (IaaS pour Infrastructure as a service) et celui des plateformes associées (PaaS pour Platform as a service). Elle est donc partielle pour Salesforce puisque le leader mondial de la gestion de la relation client est présent dans le PaaS mais pas dans l’IaaS.

 

Amazon: pas de cloud hybride

L’évaluation fait ressortir deux leaders au coude-à-coude : Amazon Web Services et Microsoft. Bénéficiant de l’antériorité, le premier garde un léger avantage avec aujourd’hui plus de 70 services disponibles, près de 100 000 clients et un chiffre d’affaires de 1 milliard de dollars en Europe en 2015. Ses principales forces résident dans la puissance de son écosystème, l’étendue de ses services, ses gains d’échelle et son engagement envers la règlementation européenne en matière de protection des données. Mais il a une faiblesse : son incapacité à répondre aux besoins de cloud hybride, une option particulièrement prisée en Europe. Après avoir démarré avec un site à Dublin, en Irlande, il a ouvert en 2014 un site à Francfort, en Allemagne, et se prépare à en inaugurer un à Londres, d’ici fin 2016 puis un autre dans la région parisienne, en France, en 2017.

 

Microsoft: frein de son système Windows

Parti 6 ans plus tard dans l'IaaS, Microsoft talonne désormais Amazon Web Services. Le groupe de Redmond rattrape son retard grâce à une stratégie commerciale agressive, un support client multilingue, un affichage fort en matière de protection des données et une extension de son réseau de datacenters en Europe. Aux sites à Dublin, en Irlande, et d’Amsterdam, aux Pays-Bas, il a ajouté en 2016 des sites à Londres, en Grande-Bretagne, et à Francfort, en Allemagne, en partenariat avec T-Systems, l’entreprise de services au numérique de Deutsche Telekom. Et il prévoit l’ouverture en 2017 d’un site dans la région parisienne, en France, en 2017. Le principal défi pour Microsoft est de concilier son cloud Azure avec son modèle historique autour de Windows, perçu par les clients comme un facteur bloquant. Le groupe de Satya Nadella tente de sortir de ce piège en jouant à fond la carte de l’open source. Selon Forrester, un tiers des serveurs virtuels tournant sur Azure fonctionnent aujourd'hui sous Linux.

 

IBM: manque d'intégration entre SofLayer et Bluemix

IBM se différencie en jouant à fond la carte du cloud hybride. SoftLayer, son cloud public d’infrastructure (IaaS), a l’avantage de s’appuyer sur cinq sites en Europe, dont un ouvert à Paris en 2014. Son modèle est adapté aux grandes entreprises en transition qui tiennent à garder une partie de leur système d’information dans leur cloud privé. Mais son problème tient au manque d’intégration de SoftLayer avec Bluemix, son cloud de plateforme (PaaS). Forrester relève une autre difficulté potentielle : le centrage de la communication de Big Blue autour de son moteur d’intelligence artificielle et cognitive Watson. A force de trop en parler, IBM risque de rebuter des clients ayant peur de se confronter à la complexité de cette technologie.

 

Google dépend d'un seul site en Europe

Google pâtit de son arrivée tardive sur le marché IaaS alors qu’il a été précurseur sur le segment du PaaS. Mais le groupe, dirigé par Sundar Pichai, avance à grands pas grâce à des prix très compétitifs, une infrastructure de qualité, une facturation à la minute et un engagement fort envers l’open source. Mais il dépend d’un seul site en Europe, celui de Mons, en Belgique. Une faiblesse que le géant d’Internet entend corriger en ouvrant en 2017 des sites à Londres, à Francfort et en Finlande.

 

Manque d'envergure mondiale pour les acteurs européens

Oracle, CenturyLink et Salesforce sont positionnés derrière IBM et Google. Tout comme Interoute et CloudSigma, qui, non seulement ne supportent pas la comparaison en termes de services avec les leaders américains, mais souffrent aussi de leur manque d’envergure mondiale. L’étude n’inclut pas d’autres acteurs présents en Europe, comme le japonais Fujitsu, ou les allemands SAP et T-Systems, jugés par Forrester comme des acteurs ne respectant pas ses critères de définition de cloud public.

 

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