Amazon perdrait de l’argent dans le cloud computing

Alors qu’Amazon devrait dépasser les 6 milliards de dollars de chiffre d’affaires dans le cloud computing en 2015, le groupe de Jeff Bezos peinerait toujours à gagner de l’argent dans ce domaine. Une situation pour le moins paradoxale révélée par une analyse de Citi.

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Amazon perdrait de l’argent dans le cloud computing

Amazon Web Services, le bras armé d’Amazon dans le cloud computing, a beau dominer le marché, il peine toujours à gagner de l’argent. C’est du moins ce que révèle une analyse de Citi Research dont les éléments sont repris notamment par le journal en ligne Business Insider UK.

Amazon ne détaille pas ses résultats financiers par activité (e-commerce, cloud computing…). Du moins jusqu’à maintenant. Mais les analystes de Citi Research se sont employés à décomposer ses revenus et ses résultats sur cinq années de 2012 à 2016. Leurs estimations ont de quoi surprendre.

Alors que le chiffre d’affaires d’Amazon Web Services aurait bondi de 43 % en 2014 pour atteindre 4,5 milliards de dollars, l’activité demeure dans le rouge avec une perte de 128 millions de dollars. Et l’année 2016 ne se présente pas sous de bons augures puisque les prévisions font état d’une perte de 46 millions de dollars, alors que le chiffre d’affaires devrait grimper à 6,6 milliards de dollars.

Une situation paradoxale

Cette situation pour le moins paradoxale, Citi Research l’explique par l’obsession d’Amazon Web Services de privilégier la croissance au détriment de la rentabilité. Car l’enjeu pour le groupe de Jeff Bezos est de maintenir son leadership sur le marché en dépit d’une concurrence de plus en plus forte de la part de géants comme Microsoft, IBM ou Google. Selon le cabinet Synergy Research, Amazon Web Services détient 28 % du marché du cloud computing sur les segments de l’infrastructure (IaaS pour Infrastructure as a service) et de plateforme (PaaS pour Platform as a service), loin devant le numéro deux Microsoft (10 %), le numéro trois IBM (7 %) et le numéro quatre Google (5 %).

La guerre des prix, qui fait rage depuis un an, n’est pas étrangère à cette situation. Amazon Web Services a dû riposter à deux reprises à la baisse des tarifs initiée par Google puis suivie par Microsoft et IBM. Et pour accompagner sa forte croissance, il doit investir beaucoup dans son infrastructure, comme en témoigne l’ouverture récente de deux datacenters à Francfort, en Allemagne.

Fin de l’opacité des comptes

Le sort d’Amazon Web Services est partagé par la plupart des acteurs nés d’emblée dans le cloud, à commencer par Salesforce, leader sur le segment du logiciel à la demande (SaaS pour Software as a service). À la différence d’Amazon, ce dernier publie ses résultats. Sur l’exercice fiscal clos le 31 janvier 2015, il affiche une perte 263 millions de dollars pour un chiffre d’affaires de 5,37 milliards de dollars, en progression de 32 %. Et l’exercice prochain s’annonce également déficitaire avec une perte comprise entre 420 et 435 millions de dollars.

Dans cette situation de concurrence acharnée, l’opacité des comptes ne semble plus tenable. Amazon a donc décidé de publier désormais ses résultats dans le cloud computing à partir du premier trimestre 2015. Il faudra attendre fin avril 2015 pour vérifier l’ampleur précise du gouffre dans cette activité.

Ridha Loukil

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