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AMD est-il empêtré dans une spirale de la mort ?

Vu ailleurs Les promesses de rebond d’AMD en 2016 ne convainquent pas tous les analystes. Les plus septiques voient, au contraire, l’entreprise enfermée dans une spirale de la mort, et lui conseillent de sortir de la course dans les PC et serveurs.
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AMD est-il empêtré dans une spirale de la mort ?
AMD est-il empêtré dans une spirale de la mort ? © D.R. - AMD
Après quatre années consécutives de descente aux enfers, AMD va-t-il enfin rebondir ? Sa PDG Lisa Su l'assure. Elle va jusqu’à promettre une inversion de l’érosion des parts de marché dans les PC et les serveurs face au géant Intel dans les processeurs génériques et Nvidia dans les processeurs graphiques. Une promesse qui laisse certains analystes, comme Mark Riben, septiques. Dans un article sur le blog de la finance Seeking Alpha, il voit plutôt AMD empêtré dans une spirale de la mort.
 
Résultats catastrophiques en 2015
Les résultats catastrophiques de 2015 lui donnent le vertige. Le chiffre d’affaires d’AMD a plongé de 28% (la plus forte baisse dans Top 50 des fournisseurs de semi-conducteurs selon IC Insights) à 3,99 milliards de dollars, et la perte est montée à 481 millions de dollars, contre 155 millions de dollars en 2014. L’activité dédiée aux PC affiche un plongeon de 42% en revenu et une perte de 502 millions de dollars. L’autre activité, vouée aux serveurs et entreprises, reste bénéficiaire. Mais son revenu a chuté de 8% et son bénéfice d’exploitation de 46%.
 
Mark Riben ne voit pas par quel miracle AMD pourrait regagner une partie des parts de marché perdue au profit d’Intel ces dernières années. Lisa Su mise sur le lancement de Zen, sa première génération de microprocesseurs en technologie FinFET 14 ou 16 nm (transistors 3D en gravure de 14 ou 16 nanomètres), alors que ses produits actuels les plus avancés sont en technologie classique de 28 nanomètres. Mais cette génération ne sera disponible en volume qu’au début 2017 et seulement pour les PC de bureau. Trop tard et pas assez ambitieux au goût de Mark Riben. "Pour arrêter l’hémorragie dans les PC face à Intel, il aurait fallu faire ce lancement cette année et pour tous les segments des PC, y compris les notebooks", affirme-t-il.
 
Processeur en technologie ARM jugé obsolète et non compétitif
Lisa Su fonde également ses espoirs sur sa prochaine génération Polaroid de processeurs graphiques en technologie FinFET 14 nm. Un lancement qui s’inscrit dans le développement prometteur des jeux vidéo sur PC et surtout de la réalité virtuelle. Là encore, Mark Riben se montre dubitatif, sachant que Nvidia prévoit de sortir au même moment en 2016 sa nouvelle génération de processeurs graphiques Pascal en technologie FinFET 16 nm, jugée équivalente, voire supérieure en performances à celle d’AMD. "Avec Polaroid, AMD peut espérer au mieux stopper la perte de part de marché au profit de Nvidia", prévoit-il.
 
La critique porte également sur la stratégie de l’entreprise dans les serveurs. Jusqu’ici adepte de la seule architecture de processeurs X86 comme Intel, AMD a fait le choix de s’ouvrir à l’architecture ARM avec son processeur Seattle à destination des micro-serveurs. Ce circuit, lancé cette année sous le nom Opteron A1100, soit un an en retard sur le calendrier initial, ne trouve pas grâce aux yeux de Mark Riben qui lui reproche d’être fabriqué chez TSMC en 28 nanomètres, deux à trois générations technologiques en retard sur des circuits similaires chez Qualcomm. "C’est un produit obsolète et non compétitif face à l’offre d’Intel, se plaint-il. Il aurait dû être au moins réalisé en FinFET 14 ou 16 nm, mais AMD n’en a pas les moyens."
 
Sortie des PC et serveurs, issue inévitable
L’analyste décrit la spirale de la mort par la baisse ininterrompue des revenus, qui oblige l’entreprise à réduire ses coûts et à se restructurer, affaiblissant encore sa capacité à concurrencer Intel et Nvidia qui sont rentables. "AMD ferait mieux de se retirer de la course dans les PC et les serveurs au profit d’un recentrage sur les processeurs graphiques et les puces à architecture ARM, conseille-t-il. C’est douloureux de le dire. Mais c'est la seule issue viable que je vois."

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* Les commentaires postés sur L’Usine Digitale font l’objet d’une modération par l’équipe éditoriale.

2 commentaires

Dalton
25/04/2016 23h36 - Dalton

Vous devriez parler de "POLARIS" plutôt que "POLAROID". Une telle erreur montre l'incompétence de l'auteure qui cite Seeking Alpha où l'on trouve tout et son contraire selon qu'on soit pro ou anti ! De plus pas un mot n'est dit sur le contrat de licence avec la Chine qui a propulsé l'action de 52% et qui prouve qu'en matière de CPU AMD est loin d'être fini...

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huiu
08/02/2016 08h24 - huiu

Ce Mark Riben semble être un analyste dont Intel souffle ce qu'il a à dire. Rien de bien nouveau en fait.

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