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AMD va-t-il réussir son pari dans les processeurs ARM ? 

Frappé de plein fouet par le déclin du marché des PC, le challenger d’Intel dans les processeurs X86 s’ouvre à l’architecture de puces ARM qui domine les mobiles. Une stratégie qui vise à le sortir du marasme dans lequel il est plongé depuis deux ans.
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AMD va-t-il réussir son pari dans les processeurs ARM ?
AMD va-t-il réussir son pari dans les processeurs ARM ?  © D. R.

Alors qu’Intel s’accroche à l’architecture X86 de processeurs au cœur des PC et serveurs, son challenger AMD a choisi, lui, de s’ouvrir à l’architecture ARM, qui domine aujourd’hui les mobiles. Une stratégie audacieuse qui en fait le seul acteur présent sur les deux architectures de processeurs à la fois.

L’enjeu est énorme. Frappé plus durement qu’Intel par le déclin des PC, AMD a vu son chiffre d’affaires chuter de 17% en 2012 et de 2% en 2013. Sur les deux années, il a cumulé une perte de 1,3 milliard de dollars pour un revenu de 5,3 milliards en 2013. Au premier trimestre 2014, son chiffre d’affaires a bondi de 28% à 1,4 milliard de dollars grâce au succès des nouvelles consoles de jeux de Sony et Microsoft qu’il équipe. Mais il reste dans le rouge avec un résultat négatif de 20 millions de dollars.

AMD mise sur sa diversification dans les processeurs ARM pour se remettre en selle et rebondir. En développant les deux architectures à la fois, il prend pied sur deux segments représentant 80% du marché des microprocesseurs, qu’il estime à l’horizon 2017 à 85 milliards de dollars. Après avoir, comme Intel, défendu bec et ongle l’architecture X86, il devient agnostique, laissant aux intégrateurs le choix du type de processeur qu’ils souhaitent adopter.

Développer son propre coeur

Dans un premier temps, l’américain va proposer ses puces ARM sur la base du cœur Cortex A57 fourni sous licence par le britannique ARM. Le premier produit est le processeur Seattle. Combinant huit cœurs, il sera lancé au second semestre 2014 à destination des microserveurs tournant sous un système d’exploitation linux. Avec son projet Skybridge, AMD devrait accélèrer son virage en lançant à partir de 2015 des puces équivalentes dans les deux architectures : X86 pour Windows, ARM pour Android. Particularité ? Les deux seront compatibles broche à broche. "Elles rentrent dans la même carte mère, ce qui permet aux développeurs de choisir au dernier moment l’architecture à utiliser", explique Cyril Laurie, conseiller technique chez AMD France.

Mais plus tard, AMD veut maîtriser la conception de ses processeurs ARM en développant en 2016 son propre cœur, le K12, comme Apple l’a fait avec son cœur Cyclone de son processeur A6. "Nous voulons avoir la main et exploiter notre expérience dans la conception de processeurs X86 pour aller encore plus loin dans l’optimisation des puces ARM en termes de fréquences d’horloge, de consommation, de taille, etc.", confie Cyril Laurie. A partir de ce cœur optimisé, AMD proposera des processeurs pour tous les segments du marché, des serveurs à l’embarqué, en passant par les tablettes ou les PC convertibles.

"Pas le choix"

Le pari d’AMD est osé, mais pas gagné d’avance. Sur le segment des microserveurs pour les datacenters à forte densité (comme ceux réclamés par le cloud computing), il doit composer avec d’autres acteurs comme AppliedMicro, Marvell ou Cavium, déjà présent sur le créneau. En France, Bull travaille également sur le sujet dans le cadre d’un projet européen. Mais c’est dans les mobiles que le défi est le plus grand. AMD devra affronter des géants comme Qualcomm ou MediaTek, ainsi qu’une armée d’acteurs chinois low cost comme Allwinner ou Rockchip. Sans compter le risque de cannibalisation du business X86 par les produits ARM. Un risque pleinement assumé. "Nous n’avons pas de choix, nous devons nous adapter à la demande du marché et laisser les clients choisir", estime Cyril Laurie.

Ridha Loukil

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