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Anaplan, la pépite qui veut remplacer le tableur Excel par le cloud

Avec son service cloud, la pépite d’origine anglaise Anaplan veut chasser Excel des tâches de planification opérationnelle en entreprise. Ses ambitions ? Devenir la "Salesforce" de la planification et atteindre 1 milliard de dollars de chiffre d’affaires. Peut-être en 2020.
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Anaplan, la pépite qui veut remplacer le tableur Excel par le cloud
Anaplan, la pépite qui veut remplacer le tableur Excel par le cloud © Capture YouTube

C’est l’une des étoiles montantes du cloud. Anaplan, une pépite d’origine anglaise mais dont le siège se trouve à San Francisco, en Californie, entend bousculer l’univers de planification opérationnelle et stratégique en entreprise. A l’instar de ce que Salesforce a fait dans la gestion de la relation client. A sa tête,  Frédéric Laluyaux, un français de 45 ans, ancien de Business Objects et SAP. "Nous sommes le Salesforce de la planification en entreprise", martèle-t-il, en référence à l’éditeur californien de logiciel, devenu la référence absolue de la gestion de la relation grâce au succès de son modèle 100% cloud.

Excel, un outil du passé

Fondée en 2007 par Michael Gould, un ancien d’IBM, Anaplan propose une plateforme de collaboration et de partage de données dans le cloud qui transforme la façon dont les entreprises planifient et pilotent leur business dans des fonctions comme la finance, les ventes, le marketing, les ressources humaines ou encore la production. Aujourd’hui, ce travail de planification repose essentiellement sur le tableur Excel. "C’est un outil bureautique du passé, estime Frédéric Laluyaux. Il a rendu de bons et loyaux services à 600 millions d’utilisateurs. Mais il n’est plus adapté. Imaginez un fichier à plusieurs milliards de cellules. C’est impossible à gérer". 

Avec le digital, le volume de données a explosé en entreprise. Pour des questions d’efficacité et d’agilité, la planification business passe par le partage d’information en temps réel ou presque. « Chez HP, la planification des ventes utilise 800 paramètres de calcul et des informations se rapportant à 25 000 vendeurs, 80 000 clients et 178 pays, cite en exemple le patron d’Anaplan. Ceci générerait un tableur Excel de 200 milliards de cellules. Auparavant, il fallait quatre mois pour donner la feuille de route à chaque vendeur. Avec notre plateforme, il n’en faut plus qu’une semaine. »

Anaplan a réussi là où Microsoft a échoué

Comment ingérer, mettre à jour et partager autant de données ? En utilisant la puissance du cloud. C’est la réponse d’Anaplan pour pallier le manque de flexibilité d’Excel. Son innovation réside dans son moteur de calcul HyperBlock qui stocke les données, applique les règles de calcul et restitue les résultats. L’entreprise peut ainsi réaliser plusieurs simulations pour optimiser son plan d’action. «C’est une sorte d’un gros fichier Excel en 3D dans le cloud, explique Emmanuel Lartigue, analyste au CXP, centre d’expertise en progiciels. C’est une technologie impressionnante. Dès qu’un utilisateur apporte une nouvelle donnée, les modifications sont automatiquement calculées et sont immédiatement visibles par les autres. C’est quelque chose que Microsoft n’a jamais réussi à faire avec son tableau Excel. »

Comme Salesforce, Anaplan dispose de sa propre infrastructure avec deux datacenters, l’un en Virginie, aux Etats-Unis, l’autre à Amsterdam, aux Pays-Bas. Et il prévoit d’en ouvrir deux nouveaux cette année, l’un en Europe, l’autre en Asie. La société, qui a levé 150 millions de dollars, dont 100 millions au printemps 2015, jouie d’une croissance phénoménale : +230% de l’utilisation de sa plateforme en 2014. De 35 personnes lors de l’introduction de son service en 2011, son effectif est passé à 350 à la fin de 2014 et devrait atteindre 650 à la fin de 2015. Parmi ses investisseurs figurent deux stars du logiciel à la demande : Salesforce et Workday. Le nombre de clients atteint déjà 350 entreprises.

Un marché potentiel de 42 milliards de dollars

Frédéric Laluyaux se frotte les mains. « Nous sommes sur un potentiel de marché énorme estimé par IDC à 42 milliards de dollars », affirme-t-il. Mais pas question de fâcher Microsoft ou Google. « Nous sommes dans une démarche non pas de remplacement d’Excel mais de création de valeur, modère-t-il. D’ailleurs, nous nous interfaçons avec les suites bureautiques Google for Work de Google et Office de Microsoft pour agir en extension de leurs tableurs Sheets et Excel. »

En tant que société non cotée en bourse, Anaplan ne publie pas ses résultats financiers. Mais selon les estimations des analystes, elle aurait triplé ses revenus l’an dernier à près de 120 millions de dollars. L’objectif de son patron est de franchir la barre de 1 milliard de dollars, un chiffre qui pourrait être atteint vers 2020 si on se réfère à la trajectoire de Salesforce.

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