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Android-Chrome OS : Et si après avoir vaincu iOS Google s'attaquait à Windows

Analyse Des rumeurs de fusion courent sur les deux systèmes d'exploitation de Google, Chrome OS (pour ordinateurs portables) et Android (pour smartphones et tablettes). Une information que Google contredit mais ne dément pas, et qui s'avèrerait difficile à mettre en pratique. Pourtant, l'enjeu est de taille. Android est devenu l'OS le plus utilisé au monde, mais n'est pas adapté aux ordinateurs. Chrome OS connaît un succès d'estime mais ne peut se mesurer à Windows. Leur fusion pourrait permettre à Google de s'imposer sur tous les marchés et mettrait Microsoft en péril.
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Android-Chrome OS : Et si après avoir vaincu iOS Google s'attaquait à Windows
Android-Chrome OS : Et si après avoir vaincu iOS Google s'attaquait à Windows © Google

Le Wall Street Journal a publié une information de taille le 29 octobre : Google travaillerait sur une fusion de ses deux systèmes d'exploitation, Android et Chrome OS. Le développement aurait débuté il y a près de deux ans et la fusion serait achevée en 2017, avec une première version dévoilée au public l'année prochaine.

 

L'OS gagnant serait Android, qui absorberait certaines parties de Chrome OS et deviendrait capable de tourner sur des ordinateurs. Les Chromebooks, ces ordinateurs portables majoraitement d'entrée de gamme qui utilisent Chrome OS, seraient en conséquence renommés.

 

deux systèmes très différents

La création d'un seul et même OS supportant à la fois les smartphones, tablettes et ordinateurs aurait du sens. Android est aujourd'hui le système d'exploitation le plus utilisé au monde, mais tout une part du marché lui échappe encore. En parallèle, les Chromebooks restent confidentiels avec seulement 3% du marché mondial, même s'ils ont rencontré un certain succès auprès des instances éducatives aux Etats-Unis grâce à leur simplicité d'utilisation et d'administration (l'OS s'articule autour du navigateur web Chrome et des services Google) et leur coût très bas.

 

Chrome OS, qui ne bénéficie pas du riche écosystème applicatif d'Android, peine de plus à s'imposer comme une alternative crédible à des systèmes d'exploitation comme Windows, Linux ou Mac OS X. De son côté, si Android reçoit la majorité des efforts de Google en matière de développement, sa gestion des interfaces clavier/souris est quasi-inexistante (étant pensée pour le tactile) et il souffre de grosses lacunes en matière de mises à jour (l'une des forces de Chrome OS). Cette fusion impliquerait donc un travail de refonte important.

 

La réponse de Google aux médias n'a pas tardé, au travers d'un tweet de Hiroshi Lockheimer, son nouveau Senior Vice President of Android, Chromecast and Chrome OS. S'il insiste sur l'implication de Google dans Chrome OS, il ne va pas jusqu'à démentir les informations du WSJ.

Un enjeu de taille

Si le Wall Street Journal voit juste, Google suivrait la voie engagée par Microsoft avec Windows 10 et ses applications universelles, qui fonctionnent aussi bien sur smartphones que sur tablettes, ordinateurs, consoles de jeu, objets connectés et autres. La tablette hybride Pixel C annoncée fin septembre est d'ailleurs clairement inspirée des Surface de la firme de Redmond... et tourne sous Android. Contrairement au Chromebook Pixel 2 (vendu comme la "Rolls" du Chromebook), dont la qualité matérielle indéniable est dépréciée par les limitations de Chrome OS.

 

Un signe avant-coureur, ou le simple résultat de la gestion désastrateuse du tactile par Chrome OS et de son manque d'applications tierces ? Une chose est sûre : si les rumeurs sont avérées, Google aura fort à faire pour créer un OS élégant à partir de ses deux produits. Le risque en cas d'échec serait de se retrouver avec "la fusion d'un réfrigérateur et d'un grille-pain", pour reprendre le commentaire de Tim Cook en 2012 à l'égard des hybrides tablettes-PC... qui s'est suivi par la sortie 3 ans plus tard de l'iPad Pro.

 

Il serait cependant dangereux de sous-estimer le géant de la recherche, qui a su par le passé s'imposer sur nombre de marchés où il n'était pas attendu. S'il réussissait son pari, il serait alors à même d'usurper la place de Windows sur le marché PC... et représenterait un danger mortel pour Microsoft.

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