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Apple lâche son fournisseur de saphir synthétique, GT Advanced Technologies

[ACTUALISE] Le premier fournisseur de saphir synthétique d'Apple, GT Advanced Technologies, a rompu son partenariat avec la firme à la pomme. Selon  le contrat signé le 23 octobre par les entreprises, qui officialise la fin de leur collaboration, l'usine de Mesa en Arizona et celle de Salem, dans le Massachusetts, vont fermer. Le 6 octobre, l'entreprise avait lancé aux Etats-Unis une procédure judiciaire de sauvegarde, pour essayer de trouver de nouveaux investisseurs et ainsi sauver son activité.
mis à jour le 27 octobre 2014 à 15H58
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Apple lâche son fournisseur de saphir synthétique, GT Advanced Technologies
Apple lâche son fournisseur de saphir synthétique, GT Advanced Technologies © Capture d'écran

Actualisation du 27 octobre : Le fournisseur numéro un de saphir synthétique d'Apple, GT Advanced Technologies (GTAT),a officialisé la rupture de son contrat avec Apple le 23 octobre. Ce matériau devait au départ être utilisé pour fabriquer les écrans de l'iPhone 6. Finalement, le groupe a préféré continuer d'utiliser le gorilla glass (un verre très fin et résistant), produit par la société Corning.

Les deux usines de Mesa en Arizona et de Salem dans le Massachusetts, qui devaient produire du saphir synthétique pour Apple, vont fermer. Selon un communiqué de presse publié par le sous-traitant, cet accord libère GTAT des contrats d'exclusivité qui le liaient à Apple. GTAT devient propriétaire des actifs de production et des stocks de l'usine de Mesa. En échange, il reversera à Apple un pourcentage de ses ventes, pour rembourser au géant de Cupertino les 439 millions de dollars qu'il avait versé d'avance à GTAT, anticipant une production qui n'a finalement jamais démarré. 

APPLE ET GT ADVANCED EN FROID, MAIS POURQUOI ?

Lundi 6 octobre, GTAT créait la surprise en se plaçant sous la protection de l'article 11 de la loi sur les faillites aux Etats-Unis. L'entreprise se donnait ainsi de l'air en attendant de trouver de nouveaux investisseurs. Comment en est-elle arrivée là ? A-t-elle été aveuglée par l'envolée potentielle du marché des écrans renforcés en saphir synthétique ?

Une chose est sûre : les relations entre Apple et son fournisseur se sont brutalement détériorées ces dernières semaines, pour une raison inconnue. Au dernier trimestre, le fournisseur a dû piocher dans ses réserves, brûlant 248 millions de dollars de cash en trois mois.

Dans le même temps, Apple, qui en novembre 2013 avait promis de prêter 578 millions de dollars à GTAT pour l'aider à financer une unité de production de saphir synthétique en Arizona, aurait au dernier moment refusé de verser la dernière tranche d'aide (179 millions d'euros). Ces mauvaises nouvelles ont plongé la société dans d'importantes difficultés financières.

relation déséquilibrée

La cote de GTAT avait grimpé ces derniers mois (son cours de bourse étant multiplié par deux) tandis que la rumeur d'un iPhone 6 équipé d'un écran en saphir synthétique gagnait de l'ampleur. Apple n'a jamais confirmé officiellement cette hypothèse mais l'effet buzz a fait le reste. Lors que les marchés ont compris qu'il n'en serait rien, à l'issue de la keynote du 9 septembre, la bulle s'est dégonflée et le titre GTAT a dégringolé. "C'est le genre de choses qui arrivent quand les attentes autour d'une entreprise deviennent hors de contrôle et que ses gains potentiels ne dépendent que d'un seul partenaire", commente le Wall Street Journal.  "Les investisseurs ne se sont concentrés que sur l'aubaine potentielle que représentait un partenariat avec Apple – la valeur de la société avait plus que doublé ces 12 derniers mois – en ignorant les risques induits par une relation déséquilibrée".

GTAT comptait réaliser la majeure partie de son chiffre d'affaire avec la fourniture de saphir synthétique à Apple : c'est désormais mal engagé, même si le cadran de certaines iWatch sera, lui, en saphir synthétique (mais sa production ne débutera que l'an prochain). GTAT peut-il tenir jusqu'en 2015, alors qu'il n'a pas su jusque-là se diversifier ? Son patron Tom Guttierez travaille en tout cas à relancer l'entreprise, pour restaurer son statut de start-up prometteuse.

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