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Après deux ans de blocage infructueux, la Russie plie devant Telegram

Vu ailleurs Après plus de deux ans de conflits, la Russie lève l'interdiction pesant sur l'application de messagerie cryptée Telegram. Son CEO Pavel Durov aurait accepté de coopérer avec les autorités russes dans la lutte contre le terrorisme et l'extrémisme sur le réseau social. Mais les médias locaux voient plutôt cette levée comme "une capitulation" de Moscou qui a échoué à bloquer Telegram pendant plus de deux ans.  
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Après deux ans de blocage infructueux, la Russie plie devant Telegram
Après deux ans de blocage infructueux, la Russie plie devant Telegram © Christian Wiediger-Unsplash

La Russie renonce à bloquer l'application de messagerie cryptée Telegram sur son territoire, indique le 18 juin 2020 le service fédéral de supervision des télécommunications Roskomnadzor cité par Reuters. C'est la fin d'un bras de fer qui a duré plus de deux ans où Moscou tentait de bloquer cette application au nom de la lutte contre le terrorisme, notamment suite aux attentats du métro de Saint-Saint-Pétersbourg survenus le 3 avril 2017.

"Une capitulation" pour les médias russes
Selon les autorités, la levée de l'interdiction s'explique par le fait que le CEO de Telegram Pavel Durov s'est dit prêt à coopérer dans la lutte contre le terrorisme et l'extrémisme sur sa messagerie. "Roskomnadzor abandonne ses demandes de restriction d'accès à la messagerie Telegram en accord avec le bureau du procureur général de Russie", est-il écrit dans le communiqué. Mais si les détails de l'accord passé entre le CEO et les autorités russes demeurent flous, il reflète, selon les médias russes, "une capitulation" des autorités qui n'ont jamais réussi à bloquer Telegram.


Le ministère des Affaires étrangères utilise Telegram
A leur demande, la justice avait ordonné en avril 2018 le blocage de Telegram qui refusait de fournir au FSB (services secrets russes) les clés de cryptage permettant de lire les messages des utilisateurs. "Les menaces de bloquer Telegram s'il ne fournit pas les données personnelles de ses utilisateurs n'auront pas de résultats. Telegram défendra la liberté et la confidentialité", avait alors réagi sur Twitter Pavel Dourov.

Or les autorités russes n'ont pas réussi à faire appliquer la décision de justice. Roskomnadzor a tenté de bloquer, sans résultats, jusqu'à 19,4 millions d'adresses IP ainsi que 18 services VPN susceptibles de contourner l'interdiction. Les quelque 30 millions d’utilisateurs russes ont continué d'utiliser le réseau social sans trop de difficultés. Par ailleurs, certains services gouvernementaux tels que le ministère russe des Affaires étrangères et la task-force sur le Covid-19 utilisent Telegram malgré l'interdiction.


 

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