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Après plusieurs échecs, le gouvernement annonce un nouveau système d'alerte par SMS d'ici 2022

Le gouvernement vise le déploiement d'ici 2022 d'un système d'alerte pour renforcer la protection de la population. Lorsqu'une personne se situera dans une zone de danger, elle sera alertée par l'envoi d'un 'message prioritaire" reconnaissable par une sonnerie spécifique, y compris en mode silencieux. Une annonce qui succède à d'autres tentatives malheureuses.
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Après plusieurs échecs, le gouvernement annonce un nouveau système d'alerte par SMS d'ici 2022
Après plusieurs échecs, le gouvernement annonce un nouveau système d'alerte par SMS d'ici 2022 © Utsman Media/Unsplash

Un an après l'incendie de l'usine Lubrizol à Rouen, le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin a annoncé la création d'un système d'alerte par SMS pour renforcer la protection de la population, notamment en cas d'accidents industriels. L'objectif est de pouvoir avertir la population en temps réel pour lui indiquer la posture à tenir ou l'informer sur l'avancée de la situation. 

UNE ENVELOPPE DE 50 MILLIONS D'EUROS
Toute personne disposant d'un téléphone et se situant dans une zone de danger pourra être alertée par l'envoi d'un "message prioritaire", reconnaissable par un signal sonore spécifique, qui retentira même si l'appareil est en mode silencieux. Ce dispositif ne nécessite aucune installation préalable sur les téléphones, précise le gouvernement dans son communiqué.
 

 


Il s'appuie sur deux technologies : la diffusion cellulaire (cell broadCast) et l'envoi de SMS géolocalisés. Elles permettent l'envoi massif et rapide de messages "prioritaires" par rapport aux communications traditionnelles.

Contrairement aux Etats-Unis ou au Japon, la diffusion cellulaire n'a jamais été mise en place en France alors qu'elle présente de nombreux avantages. Elle ne nécessite par exemple pas de connaître les numéros des destinataires, et respecte donc la législation sur la protection des données. Le gouvernement, qui s'est longtemps caché derrière son coût pour justifier sa volonté de ne pas recourir à cette technologie, semble avoir revu sa copie pour ce dispositif, qui est doté d'un budget de 50 millions d'euros.
 

Une première tentative en 2016
Ce n'est pas la première fois que le gouvernement annonce son intention de mettre en place un dispositif d'alerte. En 2012, il avait tenté de déployer un dispositif reposant sur la diffusion cellulaire mais le projet n'a jamais abouti. A la place, la France a développé l'application SAIP (système d’alerte et d’information des populations).

Mise en place à la veille de l'Euro 2016, elle devait informer en temps réel les utilisateurs de smartphone d'une menace à proximité. Son baptême du feu a eu lieu le soir de l'attentat de Nice le 14 juillet 2016. Il s'est soldé par un échec : l'application a mis plus de deux heures à envoyer une alerte. En juin 2018, le gouvernement a décidé de supprimer le dispositif. "Le contrat qui liait l’Etat au gestionnaire de cette application prend fin le 31 mai. Cette application n’a en fait jamais marché", a regretté Gérard Collomb, qui était ministre de l'Intérieur à cette époque.

La mise en place de la diffusion cellulaire est obligatoire
Le système sera d'abord déployé dès le deuxième trimestre 2021 dans "des zones prioritaires à forte densité de population" ou "représentant un risque particulier". L'outil sera ensuite généralisé à l'ensemble du territoire, Outre-mer compris, d'ici juin 2022.

L'annonce et le calendrier ne sont pas des hasards. Le gouvernement est en fait dans l'obligation de déployer la diffusion cellulaire d'ici juin 2022, en vertu d'une directive européenne de 2018. "Afin de rapprocher les législations dans ce domaine, la présente directive devrait dès lors prévoir que, lorsque des systèmes d’alerte du public sont en place, les alertes publiques soient transmises à tous les utilisateurs finaux concernés par des fournisseurs de services mobiles de communications interpersonnelles fondés sur la numérotation", dispose le texte.

Après le tollé de StopCovid, le gouvernement réussira-t-il ce nouveau pari ? Le challenge semble plus accessible. Le système d'alerte ne nécessitant pas d'installation, les Français n'auront pas le choix de refuser les messages gouvernementaux.

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