Actualité web & High tech sur Usine Digitale

Recevez chaque jour toute l'actualité du numérique

x

Arenberg : de la mine à charbon à la mine à images

Reportage L’imposante fosse minière d’Arenberg (Nord) s’ancre dans le monde de l’image. Après avoir accueilli Claude Berri en 1992 pour le tournage du film Germinal, le site héberge les équipes du laboratoire DeVisu de l’Université de Valenciennes. Cout de l’opération : 20 millions d’euros.

Twitter Facebook Linkedin Flipboard Email
×

Arenberg : de la mine à charbon à la mine à images
L'ancienne mine d'Arenberg s'est reconverti en studio de production © Francis Dudzinski

Après la fermeture de la fosse en 1989, le site devait être rasé. Mais un évènement majeur bouleverse les projets de Charbonnages de France : le réalisateur Claude Berri, préparant son film Germinal, a choisi le site d’Arenberg pour y tourner un grand nombre de scènes. Puis d’autres réalisateurs, séduits par les possibilités du site, font de même, comme Yves Boisset pour L’affaire Salengro, ou Paolo Barzman pour La Compagnie des glaces. Au total 22 films et documentaires y ont été tournés.

Arenberg, ancienne mine devenue studio de cinéma 

 

Assez logiquement, nait alors l’idée de valoriser ce lieu en le dotant, de façon pérenne, d’équipements et de professionnels dans le domaine de l’image. Afin de stopper définitivement toute velléité de destruction du site, la communauté d’agglomération de la Porte du Hainaut, la Région et l’Etat se mobilisent pour racheter le site et obtenir son classement aux monuments historiques.

 

En parallèle, les contacts sont entrepris avec l’Université de Valenciennes, dont les formations et les travaux de recherche dans le domaine de l’image et du numérique font référence en France. En 2011, le dossier de reconversion du site est signé, sous la forme d’un partenariat public privé (PPP) avec le groupe Bouygues. Une première phase (réhabilitation, aménagement, équipements) est financée : 20,5 millions d’euros, dont 4,5 millions d’euros pour les seuls équipements audiovisuels et un million d’euro pour le maillage en fibre optique..

 

Le studio TV d'Arenberg

 

"Une équipe d’une cinquantaine de personnes s’installe en octobre sur le site", explique Sylvie Merviel directrice du laboratoire DeVisu. Il s’agit d’enseignants chercheurs, des doctorants, des chercheurs associés et des étudiants en master. Les champs d’intervention du laboratoire valenciennois portent sur l’ingénierie du document audiovisuel et multimédia cross et transmédia, la communication appliquée à l'architecture et l'urbanisme, ainsi que sur la qualité de l'information, des représentations de la connaissance et des communications.

 

Le cyclorama d'Arenberg

 

Dans les bâtiments de l’ancienne salle des machines a été créée une halle d’essais de 500 mètres carrés, dotée d’un cyclorama de 9 mètres de haut et 16 mètres de large. Il est équipé d’une caméra motion control. Un plateau TV de 135 mètres carrés doté d’éclairage led à température de couleur sélectionnable, et couplé à une régie de production, dispose de 5 caméras plateau et 12 cameras dédiées à la motion capture.

 

La salle de projection d'Arenberg

 

Une grande salle de projection de 300 places a été constuite. Elle est homologuée par la Commission supérieure technique de l’image et du son (CST) et le Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC). Elle comporte un écran de 12 mètres sur 5 mètres et deux projecteurs, dont un au format 4K délivrant une image constituée de 4096 pixels par ligne et de 2160 pixels par colonne (soit une résolution quatre fois supérieure à la 2K utilisée aujourd'hui pour la HD et le cinéma numérique qui compte 2048 pixels par ligne et 1080 par colonne). Une autre salle de projection, de six places, est équipée d’outils de testing d’impact, c’est à dire de lunettes d’eyes tracking et de capteurs physiologiques.

 

Le projecteur 4K d'Arenberg

 

"Notre équipement technologique est digne des studios parisiens de Luc Besson. Toute la chaine est disponible, du tournage jusqu’à l’étalonnage et la projection. Avec deux atouts: le premier est qu’ici nous y faisons aussi de la recherche appliquée. Et, second avantage, le site fait 30 hectares. Il combine des bâtiments industriels hors norme, des espaces extérieurs aménageables et, à deux pas, une mare de 264 hectares ainsi qu’une forêt. C’est un terrain de jeu exceptionnel", assure Sylvie Merviel.

 

Le studio de production d'Arenberg

 

Le site, baptisé Arenberg Creative Mine, est inauguré ce vendredi 25 semtembre avec, comme parrain officiel, le réalisateur Costa Gavras. "Nous préparons la deuxième phase de transformation du site. Dans nos cartons : l’ouverture d’un restaurant, d’un incubateur de start-up ou encore la création d’un Centre de culture scientifique et technique, ouvert au grand public, et dédié à l’image. Et pourquoi pas un espace de stockage et de fabrication de décor ; nous en avons la place", avance Sylvie Merviel.

Réagir

* Les commentaires postés sur L’Usine Digitale font l’objet d’une modération par l’équipe éditoriale.

 
media
Suivez-nous Suivre l'Usine Digitale sur twitter Suivre l'Usine Digitale sur facebook Suivre l'Usine Digitale sur Linked In RSS Usine Digitale