Arm pourrait modifier son business model pour court-circuiter les concepteurs de puces

Le concepteur de micro-architectures Arm serait en train de changer de business model, rapporte Qualcomm dans une procédure judiciaire opposant les deux entreprises. L'américain affirme qu'Arm pourrait réclamer des licences pour l'utilisation de ses architectures directement auprès des fabricants à l'avenir, tout en interdisant aux concepteurs de puces comme lui d'y apporter des modifications.

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Arm pourrait modifier son business model pour court-circuiter les concepteurs de puces

Le litige opposant Qualcomm à Arm pourrait dégénérer. Arm semble être en train de modifier son business model afin d'exiger des licences directement auprès des OEM (fabricants de produits finis).

Son fonctionnement actuel est d'accorder des licences aux concepteurs de puces, qui peuvent modifier les designs à leur guise et font ensuite fabriquer les puces pour les vendre aux fabricants de smartphones par exemple. Arm compte presque toute l'industrie parmi ses clients : Apple, Qualcomm, Nvidia, Samsung, STMicroelectronics...

Une licence tout en un

Pour rappel, Arm poursuit actuellement Qualcomm suite à l'acquisition de Nuvia et au "transfert de droits de licence" que l'entreprise américaine aurait effectué. En réponse à cette procédure, Qualcomm a déposé une demande reconventionnelle, rapporte le site spécialisé SemiAnalysis. Il y dit qu'après 2024, Arm ne concédera plus de licences sur ses microarchitectures à des entreprises spécialisées dans la conception de semi-conducteurs, comme Qualcomm, dans le cadre d'accords de licence technologiques.

A la place, Arm entend accorder des licences uniquement aux fabricants d'appareils électroniques. L'entreprise laisse entendre aux OEM que le seul moyen d'obtenir des puces basées sur l'architecture ARM serait d'accepter de nouvelles conditions de licence. Une façon de désintermédier Qualcomm et ses concurrents, ou du moins de lui imposer ses conditions. De son côté, Qualcomm assure qu'Arm ment à ses partenaires OEM sur les conditions de licence qu'elle lui a accordé.

En outre, Qualcomm rapporte qu'Arm a déclaré aux OEM que les concepteurs de puces ne seront plus en mesure de fournir d'autres éléments aux SOC basés sur l'architecture ARM, ce qui représente justement toute la valeur ajoutée de Qualcomm.

Il semble qu'Arm souhaite regrouper la propriété intellectuelle de l'ensemble des composants pour un modèle de licence les comportant tous (GPU, NPU, ISP...). Cela signifie aussi que les accords de licence de Samsung avec AMD pour l'utilisation d'un GPU ou celui de Mediatek pour un GPU Imagination ne seraient plus autorisés après 2024. Et plus généralement, aucune de ces entreprises ne pourraient utiliser leurs processeurs d'images ou NPU, même s'ils sont supérieurs à ceux d'Arm. Apple ne serait probablement pas inquiété de son côté, puisqu'il est à la fois concepteur de ses propres puces et fabricant du produit fini.

L'architecture RISC-V en embuscade

Ce changement de business model pourrait entraîner de fortes disparités sur le marché. Nvidia a un accord de licence sur 20 ans de sécurisé avec Arm et semble donc protégé. Apple et Broadcom auraient également de bons accords avec Arm, ajoute SemiAnalysis. Mais pour d'autres, comme Qualcomm, cela pourrait chambouler leur développement.

Ces menaces pourraient aussi et surtout accélérer le développement de nouvelles architectures, et notamment de RISC-V, dont la force est qu'elle est ouverte et n'a donc pas ces contraintes. La stratégie d'Arm pourrait donc se retourner contre lui, alors même que son propriétaire SoftBank cherche à l'introduire en bourse suite à l'abandon de son acquisition par Nvidia.

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