Arnaud Montebourg défend un retour à trois opérateurs télécoms

Le 12 juin, le ministre de l'Economie Arnaud Montebourg a appelé les opérateurs télécoms à trouver des solutions alternatives aux plans sociaux et a plaidé à nouveau pour un retour à trois acteurs sur le marché français du mobile.

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Arnaud Montebourg défend un retour à trois opérateurs télécoms

Invité d'une conférence sur les télécoms organisée par Les Echos, le ministre a dénoncé la "spirale destructrice" de la guerre des prix dans le secteur qui conduit à des plans sociaux "à tous les étages" au lendemain de l'annonce par Bouygues Telecom (Bouygues) d'un projet de suppression de plus de 1 500 emplois.

"J'appelle les acteurs à trouver d'autres solutions que les plans sociaux", a déclaré le ministre, affirmant que des alternatives étaient possibles. "On peut économiser la destruction de 1 500 emplois".

Le ministre, qui avait déjà plaidé à plusieurs reprises pour une consolidation du secteur, a réaffirmé qu'un retour à trois opérateurs était inéluctable sur un marché français du mobile qui est "en ruines", a-t-il dit.

"Nous défendons le retour à trois. Nous travaillons ensemble les uns et les autres", a expliqué le ministre, qui avait appelé le mois dernier le PDG de Bouygues, Martin Bouygues, à trouver des solutions avec d'autres opérateurs pour sa filiale, en perte au premier trimestre, afin d'éviter un plan social.

Des discussions menées avec Orange et Free (Iliad) n'ont cependant pas permis à ce jour de déboucher sur un accord, a expliqué le 11 juin le PDG de Bouygues Telecom Olivier Roussat lors de la présentation du plan de restructuration de l'entreprise.

Invité de la conférence des Echos, le secrétaire général d'Orange Pierre Louette a pour sa part déclaré que les termes d'un accord n'avaient pas pu être trouvés avec Bouygues Telecom, ajoutant qu'Orange pourrait examiner d'éventuelles opportunités à la seule condition qu'elles créent de la valeur pour le groupe.

LE MARCHÉ MISE TOUJOURS SUR UNE CONSOLIDATION

Le marché continue, lui, de faire le pari d'une consolidation à terme du marché français.

"Bouygues devait présenter une stratégie en rupture pour donner l'impression qu'il était prêt à faire cavalier seul et susciter des craintes au sein du gouvernement sur les conséquences possibles en termes de prix et d'emplois", soulignent les analystes de Jefferies dans une note.

"En réalité, les perspectives de redressement de Bouygues apparaissent éloignées et les objectifs du plan semblent vagues. Tout cela fait de la consolidation l'issue la plus probable."

Les acteurs du secteur attendent avec impatience la décision attendue courant juillet de la Commission européenne sur un projet de consolidation en Allemagne, qui pourrait donner le signal d'autres mouvements de rapprochement en Europe.

Egalement invité de la conférence, le président de l'Autorité française de la concurrence Bruno Lasserre a jugé probable un feu vert des autorités européennes.

(avec Reuters, par Gwénaëlle Barzic et Leila Abboud)

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